LE RAISONNEMENT ET SES AL'XILIAIIŒS
(( La température a fait descendre le thermomètre au-dessous de zéro ; donc Teau doit être gelée. »
2® La cause est induite de l'effet :
« L'eau est gelée ; donc la température a fait descendre le thermomètre au-dessous de zéro. »
On voit, par ces exemples, que le raisonnement exige : 1® la notion de la loi générale de causalité et de son caractère absolu, ce qui est affaire d'instinct héréditaire et d'expérience personnelle ; 2® la notion générale des rapports particuliers de cause a effet et d'effet à cause dans les cas analogues à ceux sur lesquels on raisonne. Dans les exemples cités, il importe de savoir, préalablement à toute conclusion, que l'eau gèle quand le thermomètre descend au-dessous de zéro, ce qui dépend de l'expérience directe ou indirecte.
Moyennant ces deux conditions, on peut induire des notions générales qu'elles impliquent la notion particulière (ou la conclusion), dans
LA MAISON, LE UAISONNEMENÏ go
le premier cas et à vue du thermomètre, que l'eau est gelée; dans le second et à vue de leau gelée, que le thermomètre est descendu au-dessous de zéro * .
Il ne s'agit, dans ce qui précède, que de faits contemporains. Les exemples suivants s'appliquent à des causes séparées de leurs effets ou à des effets séparés de leurs causes par un intervalle de temps plus ou moins considérable ; c'est-à-dire que les conclusions portent sur le passé ou sur l'avenir.
i** La cause est induite de l'effet : — « Voilà une plante, donc une graine, qui Ta produite, a été semée ici même ou au lieu d'où elle a été transplantée. »
2** L'effet est induit de la cause : — « Je
* Dans les deux cas, c'est la perception du .signe naturel (cause 'OU efl'et) de la chose à connaître qui dispense, pour arriver A la connaître, de la percevoir directement. Il s'agit, en somme, d'un rappel à la mémoire^ au moyen d'un intermédiaire, d'une perception déjà connue. Les raisonnements donnés pour exemple ne sauraient rien apprendre à ceux qui ne connaîtraient pas préalablement, soit la j^lace d'une part, soit de l'autre la gradation thermométrique.
i)(y LE KAISONNEMENT ET SES AUXIUAIUES
sème cette graine, elle donnera naissance ici même à une plante. »
63. — La conclusion n'est absolument légitime que là où le rapport de cause à effet est sûr.
Si je dis : « Le soleil se lèvera demain, »
cette conclusion ne sera tout à fait valable que si je Tappuie, non pas sur la raison empirique que de tout temps on Ta vu se lever chaque matin, mais bien en faisant voir que Tenchaînement des causes et des effets astronomiques l'exige. La différence de la valeur probante des deux arguments correspond exactement à celle qui distingue l'empirisme de la vraie science : celui-là ne s'appuie que sur Texpérience des faits particuliers ; celle-ci a pour garantie les conditions générales et constantes du rapport des choses, ou la grande loi de causalité.
En vain objecterait-on d'ailleurs que la foi dans la causalité elle-même résulte de l'expérience : cette expérience centralisée, capita-