‹ Précis de logique évolutionniste: l'entendement dans ses rapports avee le langageChapitre 44 sur 79 · LA MAISON, LE UAISONNEMEN'T · texte numérisé non relu

LA MAISON, LE UAISONNEMEN'T

Usée et généralisée sous la forme instinctive de la raison acquiert par là une autorité irréfragable et suprême.

64. — A côté du raisonnement proprement dit ou de causalité, il en est un autre de nature surtout verbale qui consiste à substituer, à la désignation du genre indiqué par le sujet d'une proposition ou d'une définition, celle d'un individu du même genre, et de telle sorte que l'attribut reste le même dans les deux cas.

Exemples :

I** Le genre est défini, ou qualifié :

«L'homme (le genre homme) est mortel.»

2^ L'individu est substitué au genre :

«Pierre (qui est homme) est mortel.»

Il suffît, pour se rendre compte du caractère exclusivement formel de cette substitution, de se rappeler que le nom du genre n'est autre que l'appellation collective des individus qui le composent et que la proposition :

« L'homme est mortel, » est logiquement

98 LE UAISOiNNEMENT ET SES AUXILIAIUES

identique à celle-ci : a Pierre, Paul, Jacques, etc., etc., sont mortels. »

65. — La différence capitale qui distingue les raisonnements de causalité des raisonnements substitutifs^ c'est que les premiers enseignent des faits., tandis que les seconds ne concernent que les mots. On voit d'un coup d'œil la portée du raisonnement de causalité du médecin qui dit : « Le pouls de ce malade bat quatre-vingts fois par minute, donc il a la fièvre, » auprès de Tinsignifiance pratique du raisonnement substitutif qui consiste à dire : « Les animaux à cornes sont des ruminants; les chèvres ont des cornes, donc ce sont des ruminants. » Dans le premier cas, la conclusion franchit l'observation d'où elle part pour atteindre un fait qui la dépasse^,

1 Non seulement le diagnostic médical et toutes les conséquences qui en découlent pour la prophylaxie et la gucrison des maladies reposent sur ce mode de raisonnement, mais les plus belles divinations scientifiques, comme celle de la planète découverte par Leverrier, lui sont 'dues.

Page 1