‹ Précis de logique évolutionniste: l'entendement dans ses rapports avee le langageChapitre 9 sur 79 · CHAPITRE H · texte numérisé non relu

CHAPITRE H

Les signes Tocaux on le langage.

7. — Le cri est rantécédent direct du langage articulé. Le langage initial ou le cri est Teffet. physiologique ou le signe naturel d'une émotion ou d'une sensation vive, externe ou interne, c'est-à-dire transmise directement par la perception, comme un coup ou une caresse, ou provenant d'un sentiment développé dans le moi, comme la faim ou la soif, etc.

Le cri, en tant que» signe, est devenu tacitement conventionnel par l'étroitesse et la constance de sa relation avec la sensation dont il résulte. Autrement dit, c'est ainsi qu'il a signifié spontanément et généralement ia cause qui le provoque.

LES Signes vocaux ou le langage 7

On peut se représenter une époque tout à fait primitive où, le cri étant monotone, se trouvait être le signe uniforme de la sensation propre à le produire. Il correspondait alors comme élément linguistique ou significatif au pronom démoni^tratif, ceci^ cela y désignant par une même émission de voix les sensations quelconques susceptibles de lui donner naissance.

8. — Mais les modifications physiologiques des organes vocaux, favorisées sans doute par la diversité des sensations qui le provoquaient^ eurent pour effet nécessaire de produire des modulations correspondantes du cri, qui lui permirent de signifier d'une manière spéciale cette diversité même.

A ce second stage, les variantes du cri, appliquées naturellement aux variantes ,de la sensation, désignèrent celles-ci par leurs qualités distinctives. Entendons que le cri provoqué par une sensation douce ou agréable devint différent du cri provoqué par une sen-

sation dure ou douloureuse, et par là naquirent des sohs vocaux qui constituèrent des substantifs, si Ton entend par là le nom des objets ou des causes extérieures de la sensation agréable ou pénible, mais des substantifs à valeur adjective, si Ton tient compte du fait qu'ils signifiaient avant tout la qualité ou l'attribut par lequel l'objet externe affectait le sujet criant ou parlant.

Dans tous les cas, ce nouveau stade différait sous le rapport logique du premier en ce que, alors que celui-ci réunissait verbalement en une même catégorie ou dans un même genre toutes les sensations signifiées par le cri, les nouvelles conditions du cri significatif avaient pour effet de permettre de distinguer désormais^ parmi les causes externes de la sensation, différentes catégories ou différents genres séparés entre eux par leur manière d'affecter le sujet, ou par les qualités au moyen desquelles ils entraient en relation avec lui.

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