PREMIÈRE PARTIE
L'amputation est une opération par laquelle on enlève un membre en totalité ou en partie.
Il y a deux espèces d'amputations : les unes, faites au niveau des jointures et dans lesquelles on ne fait que séparer les pièces du squelette, sont les désarticulations ou amputations dans la contiguïté; les autres, faites à travers les os que l'on scie, sont les amputations proprement dites ou dans la continuité.
On doit confondre ces deux espèces dans la même description générale, car le point important n'est pas la division des parties osseuses, mais la taille des ■parties molles et des téguments dont il faut garder une quantité suffisante pour bien recouvrir la portion de squelette mise à nu.
Le chirurgien qui va pratiquer une amputation doit se proposer avant tout de sauver la vie du malade. — \
Mais ce n'est point assez qu'un amputé respire, il faut encore que l'infirmité consécutive à l'opération ne fasse pas de la vie un insupportable fardeau. Ils le sentent bien, les malheureux qui, n'ayant (pie leurs bras pour toute fortune, refusent de sacrifier un de leurs membres si compromis qu'il paraisse, et préfèrent de risquer cent fois la mort plutôt que de consentir à vivre avec un moignon douloureux ou impotent.
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C'est pourquoi l'opérateur doit se préoccuper toujours de diminuer, dans la mesure du possible, par le choii du procédé el de l'appareil prothétique, les inconvénients définitifs «le la mutilation qu'il va produire.
S'il est vrai que toutes les manières d'amputer actuellement en usage sont également faciles à pratiquer et, bien exécutées, également favorables à la survie dos opérés, il no nous reste plus, pour nous guider dans le choix du procédé, qu'une' question à résoudre : One fera l'amputé de son moignon? ou plutôt : Que peut-il désirer en faire?
Si vous mutilez le pied ou le bas de la jambe, sachez qu'il est désirable que le malade puisse marcher en s'appuyant directement sur l'extrémité de son moignon.
Si vous enlevez une partie de la main, faites que le reste puisse saisir l'outil gagne-pain sans douleur.
Si votre opération porte sur l'avant-bras ou sur la jambe, sur le hras ou sur la cuisse, n'oubliez pas qu'un appareil prothétique sera utile sinon indispensable, et que le moignon devra recevoir, supporter et faire fonctionner cet appareil.
Puisque le moignon est, après le salut du malade, le but de toute amputation, puisque c'est pour apprendre à faire et à conserver de bons moignons, dans toutes les régions des membres, que ce livre est écrit, il est méthodique d'exposer successivement : ce qu'il faut faire; avec quoi on peut le l'aire; et enfin, comment on doit le faire.
Je vais donc essayer de montrer au tailleur de moignons : 1° Le modèle, le moignon cicatrisé indolent el utile (à imiter); puis le moignon conique douloureux et impotent (à éviter) ;
2° La matière première et ses qualités, c'est-à-dire les chair* et les os, leurs habitudes physiologiques el pathologiques : alors seront indiquées les diverses qualités qu'il faut donner aux moignons frais, et pour sauver la vie et pour faire de bons moignons définitifs;
5° Les diverses méthodes de la coupe classée d'après les diverses formes de moignons, formes requises par le genre de travail que fera la partie mutilée;
4° Les instruments et la manière de s'en servir;