‹ Précis de manual opératoire (volume 2)Chapitre 35 sur 95 · DES MOIGNONS · texte numérisé non relu

DES MOIGNONS

a. Les bons moignons. • Un moignon est bon lorsqu'il est indolent et solide, c'est-à dire apte à se mouvoir sans douleur et à supporter les pressions du sol, de l'outil ou de l'appareil sans s'ulcérer; il est parfait lorsque, outre ces qualités principales, il possède une forme régulière.

Un moignon indolent et solide, quelle que soit sa l'orme, présente une cicatrice étroite, cachée dans un sillon et protégée par deux lèvres à peu près régulières que forme la peau plus ou moins matelassée de tissu cellulaire. Il n'est pas bon que ces lèvres soient coupées de plis profonds, car ceux-ci résultent de brides sous-jaeeules rétractiles qui, en bien des cas, appliquent trop fortement le tissu inodulaire sur l'extrémité de l'os.

La peau d'un bon moignon est saine, lâche ou modérément tendue, quelquefois doublée d'un pannicule graisseux épais, quelquefois, au contraire, maigre, mince en apparence, mais alors surabondante et plissée comme le tégument olécrânien. Dans tous les cas, elle est mobile, sans autres adhérences avec le squelette que celles de la ligne cicatricielle qui peuvent, à la longue, acquérir une grande laxité, surtout lorsqu'elles sont éloignées du bout de l'os, rejetées sur le côté.

Avec le temps et par le travail, la couche profonde du l'a scia snus-cutané peut se transformer en bourse muqueuse accidentelle, de même que l'épiderme peut s'épaissir et devenir un véritable durillon.

Sous les téguments d'un moignon, on rencontre immédiatement l'os si la peau seule a été conservée pour recouvrir le squelette.

m DKs MOIGNONS.

Il n'en est pas de môme si l'on a gardé aussi une longueur suffisante de muselés el si l'on a été assez heureux pour en obtenir !/•

cicatrisation sur place. Sous les tégument» se trouve .dors une couche Bbreuse dont la structure et l'épaisseur ne rappellent guère l'origine, mais qui n'en sépare pas moins heureusement l'os de la peau e! les empèelie d'entrer e,l Conflit. Celle nnjjr /ibrrusr donne insertion aux fendons et aux muscles, car c'est de la fusion de leurs extrémités coupées qu'elle résulte. Sa cicatrice est bien moins mobile sur l'os que ne peut l'être celle de la peau : on y voit aboutir les cordons fibreux qui représentent les extrémités oblitérées des

Fie. 81. — Bon moignon de jambe. Fie. 82. — Bon moignon de Bras droit. (Marcellin Duval.) (Houzé de J'Anlnoit.)

Ces moignons, sortis de mains habiles et appliquées, datent du temps où les plaies s'enflammaient et suppuraient. Aujourd'hui on ohlient des cicatrices linéaires, à peine enfoncées, peu adhérentes el régulièrement bordées.

gros vaisseaux et les cordons nerveux quelquefois effilés cl dissociés, mais plus souvent hypertrophiés et globuleux.

La présence des bouts nerveux au voisinage du sommet d'un moignon, et spécialement dans la région active, est très souvent l'origine d'une incapacité fonctionnelle déterminée par la douleur. Les extrémités des nerfs, surtout celles des nerfs cutanés, dit-on, ont en effet une grande tendance à se renfler en massue, en olive ou en fuseau, et même à se réunir ensemble sous forme d'anses et de plexus. Il en résulte des névromes généralement sensibles au moindre contact et qui rendent impuissants et intolérants les divers points qu'ils occupent. Comme les nerfs sont toujours coupés plus haut, que la peau, leurs renflements terminaux se rencontrent d'ba-

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