‹ Précis de manual opératoire (volume 2)Chapitre 41 sur 95 · CLASSIFICATION DES MÉTHODES II' AMPUTATION · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION DES MÉTHODES II' AMPUTATION

Le but, la lin de toute amputation, c'est le moignon, le moignon cicatrise, qui résume en lui toutes les particularités de l'opération.

Or, quelle est la caractéristique d'un moignon? Est-ce son indolence, sa régula ri lé, sa charnure?

Non, c'est la situation de la cicatrice relativement à l'extrémité des os.

Ordinairement, en effet, la cicatrice ne pouvant tolérer ni chocs ni pressions, rend la région qu'elle occupe incapable, soit de transmettre le poids du corps, soit de presser un outil, soit de fournir un point d'appui à la gaine ou coquille d'un appareil productique, etc.

Il dépend de l'opérateur de placer la cicatrice où il veut; il lui suffit, pour cela, de connaître les propriétés des chairs de la région et de les tailler en conséquence.

La plupart des moignons qui résultent des amputations du membre inférieur sont destinés à s'appuyer sur le sol, directement ou à l'aide d'un simple prolongement artificiel. La cicatrice ne doit donc pas se voir sur la surface d'appui; elle doit être rejetée sur l'un des côtés, c'est-à-dire sur l'une ou l'autre des quatre faces du moignon.

1. Verduin (d'Amsterdam), l'inventeur principal de la méthode à lambeau (traductions de Vergniol, 1G'.)7. et de Massuet, 17o(>), lait remarquer qu'avant lui, personne n'avait parlé de la cure des amputés par opposition de substance. 11 dit que la chair doit être doucement contenue sur l'os pour s'y unir, et emploie un soutien mécanique. « Certainement, ajoute-t-il, c'est une ebose fort remarquable que la chair entée s'altacbe si lost et si Ferme au tronc, surtout ;'i l'os. »

AJanson, en octobre 1781, pour fixer solidement le lambeau postérieur d'une amputation sus-mallêolaire et en obtenir l'adhésion immédiate, emploie la sulure profonde :

TIIKOUCII TUE WUOLE SUUSTANOK OV THE EfcAPi

Plusieurs moignons du membre supérieur sont, au contraire destinés à fournir, par leur périphérie, un point d'appui solide et indolent à la gaine cylindrique creuse qui sert de base à l'appareil prothétique, si simple qu'il soit. Par conséquent, la cicatrice sera bien placée sur le bout du moignon, bout libre dans la coquille de l'appareil et sans contact, avec, elle.

Enfin, il est de nombreux moignons qui sont moins exigeants que ceux îles deux catégories précédentes. Ce sont ceux qui n'ont besoin d'agir ni par leur extrémité, ni par toute leur circonférence. Une cicatrice terminale ne les gène pas, non plus qu'une latérale, pourvu qu'elle soit placée du bon coté, du coté inactif. On peut donc les réaliser par les procédés qui conviennent aux deux premières catégories. Mais, pour des raisons anatomiques et opératoires, on préfère souvent, d'autres manières de faire qui, en définitive, donnent une cicatrice à la fois terminale et latérale, une cicatrice qui se prolonge généralement sur un côté de la circonférence, quelquefois sur plusieurs, mais en laissant toujours le côté Utile matelassé par des téguments intacts, solides et indolents.

Telles sont les trois catégories de moignons auxquelles répondent trois systèmes d'amputations, que je désignerai par ces mots :

Système des amputations à cicatrice latérale. Système des amputations à cicatrice terminale. Système dos amputations a cicatrice lermi no-la lé raie.

Qu'on ne se méprenne pas sur le sens attaché ici à l'adjectif latérale, qui veut dire : appartenant à un côté quelconque, interne ou externe, antérieur ou postérieur, dorsal ou palmaire, c'est-à-dire loin du centre ou pôle terminal du moignon.

Quand la cicatrice est à la ibis terminale et latérale, elle se prolonge soit sur un, soit sur deux cotés : elle est alors ou lerminounilatérale, ou termino-bilatérale.

Le chirurgien qui a de l'étoffe (quelquefois on taille son habit comme on a son drap) doit se demander, avant de prendre le couteau, dans laquelle des trois catégories devra rentrer le moignon qu'il va faire, c'est-à-dire comment et pour quoi ce moignon sera uldisé. Celle indispensable opération mentale élan! accomplie, reste à déterminer de quelle façon le moignon d'élection sera réalisé. Car

1&8 MÉTHODES P'AMUUTATIOIJ.

il y a plugieups manières (l'arriver ù peu près au même hul, h

l'état anatomique, naturel du accidenté] «les parties, peu! conseiller, sinon imposer, l'une ou l'autre de ces manières que l'on appelle méthode modes, procédés opératoires, (les expressions sonl sou.

Fie. 87. — Amputation partielle d'un Fin. 8S. — Moignon de doigt, bniltcau tloigl, lambeau unique palmaire. unique, cicatrice latérale (dorsale).

vent employées comme synonymes, mais le terme méthode est le plus large, et le terme procédé le plus étroit.

On compte cinq principales manières d'amputer, désignées, d'après la forme de l'incision des téguments et des chairs, sous les noms de méthodes circulaire, elliptique, ovalaire, à deux lambeaux, à lambeau uni (/ne.

La méthode à lambeau unique donne une cicatrice latérale

Fie. 89. — Incision elliptique très oblique. Fie 90. — Moignon sus-malléolairo résul- Le point culminant est au-dessus de la tant de la méthode elliptique très section osseuse. oblique ; cicatrice latérale (antérieure).

plus ou moins éloignée du bout du moignon, suivant que le lambeau est plus ou moins long (lig. 87 (il 88).

L'incision elliptique très oblique amène un résultat absolument semblable (fig. 89 el 90).

Moins celte incision est inclinée, c'est-à-dire plus elle se rap-

proche de la (orme circulaire, plus aussi la cicatrice tend à devenir purement terminale (fig. 1H et 92).

A la suite de l'incision circulaire, la cicatrice ferme In plaie

Fie. 91. — Incision elliptique peu obli- Fig. 92. — Moignon de jambe résultant que; le point culminant reste au-des- de la méthode elliptique peu oblique sous de la section osseuse, poiulilléc. cicatrice terminale protégée.

comme les forcions d'une bourse; elle se fixe au centre du moignon (si aucune disposition ana^tomique particulière ne l'entraîne sur l'un des côtés), cl, donne, en définitive, le type du moignon à cicatrice terminale, médiane on opposite de Malgaigne (fig. 95).

Fig. 93. — Moignon de cuisse non déformé résultant de l'incision circulaire ; cicatrice terminale presque centrale.

La méthode à deux lambeaux égaux donnerait toujours, si le I issu inodulaire n'était pas essentiellement rétractjle, une cicatrice terminale traversant comme un méridien le pôle du moignon, pour empiéter sur deux côtés opposés (fig. 94). Mais souvent la ligne inodulaire se raccourcil au poinl de devenir simplement terminale

plutôt que icnnino-bilaicralc. Lorsque les deui lambeaux sont

inégaux et que cependant le plus long est de longueur modérée,

Fie. 91. — Moignon de bras résultant d'une amputation à deux lambeaux égaux arrondis; cicatrice lermino-bilalérale.

le résultat ressemble à celui de l'incision elliptique peu oblique. Enfin, l'incision dite ovalaire n'étant qu'une incision circulaire

Fie. 9a. — Moignon d'index gauche désarticulé par la méthode ovalaire ; cicatrice terinino-unilalérale.

ou elliptique peu oblique avec fente latérale plus on moins longue, ne peut être suivie que d'une cicatrice termino-unilatérale (fig. 95 I. Le tableau suivant résume les développements qui précèdent :

Page 1