DÉSARTICULATION SIMULTANÉE DES CINQ ORTEILS
Du bout dos ongles gauches, abaissez le bord du lambeau plantaire, à mesure que vous promènerez le tranchant de gauche à droite, pour séparer la graisse des parties fibreuses sous-phalangiennes jusqu'aux reliefs des tètes métatarsiennes, mais pas au delà (d).
3° Désarticulation. — Après vous être assuré que la dissection de vos lambeaux a dépouillé les laces dorsale et plantaire de toutes les phalanges. jusqu'aux articulations; après avoir chargé l'aide de rétracter, d'une main, le lambeau dorsal, pendant que de l'autre armée d'un crochet, il abaisse le plantaire, saisissez le premier orteil, cherchez son articulation, ouvrez-la d'un coup de pointe en travers sur le tendon extenseur et traversez-la, entre-bàillée par la traction, sans risque de heurter les cartilages. Vous couperez facilement le ligament glénoïdien et le tendon fléchisseur, si l'aide manœuvre bien son crochet rétracteur (e).
Le premier orteil désarticulé flotte rattaché au second par le seul bord libre de la commissure; logez-le dans le creux de la main gauche et saisissez l'orteil suivant; cherchez-en l'articulation et traitez-la comme première; logez ce deuxième orteil désarticulé, dans le creux de votre main avec le premier : attaquez le troisième et ainsi de suite (f).
Parez le moignon, liez les artères du gros orteil et rapprochez les lambeaux : ils doivent cacher même l'énorme tête du premier métatarsien, grâce à la conservation du capuchon dorsal (p. 456, fig. 525 et 326).
Notes. — (a) Sur le pied droit la manœuvre s'accomplit absolument de la même manière; seulement, l'incision marche du petit vers le gros orteil, et commence par conséquent sur la cinquième articulation métatarso-phalangienne.
(h) Ce lambeau est tout d'abord godronné, mais il se régularise par la suite. Ceus qui recommandent de le l'aire plus long sur les orteils, n'ont pas songé que les vraies amputations se font sur des pieds blessés ou gelés dont les téguments sont détruits. 11 est bon d'apprendre sur le cadavre à se contenter du minimum nécessaire.
(c) L'aide doit tenir les orteils simplement allongés; s'il les renverse vers le dos du pied, la dissection du lambeau étroitement appliqué par cette manœuvre aux articulations métatarso-pbalangienucs, devient très difficile : la pointe du couteau entame, hache la face inférieure des tendons fléchisseurs.
(d) Il ne faut pas essayer de détacher ce lambeau à pleine lame et en travers, à cause ^ de l'inégale proéminence des tètes métatarsiennes. On se rappellera que la tète du cinquième métatarsien est eu fort retrait sur celle du quatrième, que celle du second est
la plus proéminente, etc.
(e) Si l'aide jonc mal son rôlfc, une fois l'articulation traversée vous insinuerai II pointe h: tranchant en l'air sous le tendon fléchisseur et, l'orteil étant par vous allongé,