RÉSECTIONS DES OS DU PIED
A. — Phalanges, métatarsiens, petits os du tarse
S'il fallait enlever une phalange ungucale, c'est-à-dire désosser le bout d'un orteil, on opérerait absolument comme il a été indique pour le
sTl'on osait réséquer les surfaces de l'articulation interphalangienne du gros orteil ou d'une articulation métatarso-phalangienne, on opérerait encore autant que possible, de la même manière que sur la main.
RÉSECTIONS DES os DU PIED. 805
F. Terrier a traité avec succès l'orteil en marteau par une résection de l'articulalion saillante, avec ablation du durillon circonscrit entre deux incisions transversales se regardant par leur concavité.
L'incision de découverte pour l'extraction partielle ou totale des métatarsiens est en rapport avec la longueur, la forme et le volume des os. Par exemple, pour le cinquième métatarsien gauche, il faudrait inciser sur le bord externe de l'os et ensuite sur sa base, ce qui formerait un 7; ou sur le bord interne et la base de l'os, suivant le tracé de la figure 614.
[• ifi. 61G. — Extirpation du 1" mélatarsien. — Lambeau à base dorsale.
Le premier, dont los deux bouts sont fort volumineux, serait découvert lorf^einent à l'aide d'une incision croisée aux deux bouts de manière à faire deux petits volets (lig. 015), l'un dorsal, l'autre plantaire, ou encore par la formation d'un lambeau unique à large base dorsale (fig, (310).
Les 2% 5° et 4° métatarsiens devraient être divisés là où c'est facile, au-dessous de leur milieu, pour permettre au davier et à la rugine l'extirpation successive des deux bouts, en commençant par le bout pbalangien.
Les petits os du tarse, scaphoïde, cuboïde et cunéiformes, cariés, nécrosés ou luxés, ont été quelquefois..., faut-il dire réséqués? non sans doute, mais évidés à la gouge ou extraits au davier.
Cette partie du tarse a été aussi attaquée pour rendre au pied bot une forme compatible avec la marche. Nous nous en occuperons plus loin*.
B. — Extirpation de l'astragale.
La luxation irréductible ou compliquée de l'astragale commande souvent l'extirpation de cet os, devenu bien plus accessible et bien moins solidement fixé qu'à l'état normal. Le traumatisme rompt de puissants ligaments et chasse l'os sous la peau et même à travers la peau.
Plus rarement, une fracture esquilleuse, un coup de feu perforant, engage le chirurgien à extraire l'astragale resté en place, quoique broyé.
Enfin, nombreux sont aujourd'hui les cas d'extirpation de l'astragale pratiquée pour remédier à l'équinisme du pied bot. La description que je vais donner de l'extraction cadavérique me semble donc indispensable.
L'astragale repose sur le calcanéuin, auquel il est solidement fixé par la double haie fibreuse ou ligament interosseux que nous avons appris à connaître, en étudiant la désarticulation sous-astragalienne (v. fig. 620, 9, et 10, p. 809). Nous savons que ce hgament ne peut être atteint qu'en dehors, en raison de l'étroitesse extrême de la partie interne de la rainure sous-astragalienne.
Nul os n'est plus enclavé que l'astragale. La chape tibio-péronière embrasse sa poulie et s'y attache par de forts ligaments malléolaires couverts, surtout en dedans, par les fibres, également malléolaires et plus superficielles, qui descendent au calcanéum et doivent être ménagées.
En dehors, l'examen de la figure G20 montre, 2, le large ligament péronéo-astragalien antérieur facile à atteindre, et 12, le fort et très profond péronéo-astragalien postérieur sur l'origine duquel les tendons péroniers glissent, derrière la malléole.
Il n'est point impossible cependant, une fois le ligament jiéronéo-astra-
1. Voy. D. iNTEnvEMTioN DANS LES PIEDS BOIS, p. lôi. Oii V trouvcra un e\i)osé anatoraiquc et physiologique, l'opération de Phelps, la larseclomic cunéiforme, etc.