‹ Précis de manuel opératoireChapitre 15 sur 117 · LIGATURES DES ARTÈRES PRÉALARLEMENT COUPÉES EN TRAVERS · texte numérisé non relu

LIGATURES DES ARTÈRES PRÉALARLEMENT COUPÉES EN TRAVERS

Les élèves devraient s'exercer, à l'amphithéâtre, à lier les artères à la surface des moignons. Je n'en veux pour preuve que ce qui se passe dans les hôpitaux où ils servent d'aides lorsqu'un chirurgien fait une amputation.

11 faut le concours de deux personnes exercées pour faire cito, tuto etjucunde : celle qui saisit le bout de l'artère et le présente; celle qui jette le fil, l'amène sur le vaisseau et lie. Si la pince qui a saisi l'artère, quelquefois difficilement, pouvait l'attirer au dehors, la ligature serait facile; mais il n'en est rien, tout au plus peut-on amener l'artère au niveau des autres parties molles. Quoi qu'il en soit, le fil est jeté par-dessus la pince d'abord tenue dans l'axe du vaisseau puis relevée perpendiculairement, ce qui fait glisser le fil jusqu'au delà des mors de l'instrument, pour peu que le ligateur s'y emploie avec le bout de ses doigts. Il fait alors en dessous le premier demi-nœud qu'il enfonce profondément autour du vaisseau avant de le serrer, et termine à l'ordinaire. J'ai vu des aides ne pas savoir lier, cela se comprend, mais j'ai vu aussi des chirurgiens ne pas savoir présenter l'artère, ou tout au moins négliger de le faire, rendant ainsi la besogne de leur aide extrêmement difficile.

Seul, on peut étancher un moignon. « Une fois saisie avec cet instrument (la pince à coulisse) que l'on abandonnerait à son propre poids, l'artère serait un peu allongée, rien ne gênerait; et, libre de ses deux mains, l'opérateur pourrait seul faire aisément la ligature du vaisseau » (lUbes). Dans cette manière de faire fréquemment employée, on lie par-dessus au lieu de lier par-dessous, comme

orsque le chirurgien lui même tient la pince relevée ; il faut veiller à ce que le poids de l'instrument n'arrache pas l'artère.

Mais lorsqu'il est impossible d'isoler le bout du vaisseau, de l'attirer légèrement avec la pince, ou bien on laisse celle-ci en pince, ou bien l'on recourt auitenaculum, avec lequel on embroche l'artère

Fig. 14, — Serrement du fi]. — La pince qui Lient Tarière a été relevée. Les chefs du fil ont été noués, enroulés et assujettis sur les derniers doigts. Les pouces rapprochés dos à dos. en contact, sont fléchis brusquement dans leur articulation phaiangienne.

et les tissus voisins pour faire, en définitive, une ligature médiate. Il arrive trop souvent qu'aussitôt l'instrument retiré, le fil glisse et tombe. J'ai vu souvent Huguier éviter cet inconvénient en laissant le ténaculum à demeure; seulement, au lieu de l'instrument ordinaire, il se servait d'une simple épingle courbée en hameçon, d*abord montée sur une pince, puis abandonnée dans la plaie, un fil à la tète, une boulette de cire jaune sur la pointe.

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