EXTIRPATION DE LA PHALANGE INGUEALE
Guérin (fig. 544, index), pour tous les cas où celle-ci n'est pas imposée par la forme et la situation des lésions extérieures.
Ollier craignant la rétraction du lambeau que donne l'incision en U, recommande de se contenter de deux incisions latérales qui sont suffisantes sur le vivant.
Fig. 544. — Résection de la phalangette : index, incision de Guérin; médius, incision
de Blaisonneuve.
Opération. — Les deux talons du fer à cheval ou têtes de l'U remonteront à un demi-centimètre au-dessus du niveau articulaire ; les branches côtoyant les bords du pouce à quelques millimètres de distance des bords de l'ongle, viendront se réunir à l'extrémité même de la pulpe digitale.
Le lambeau palmaire ainsi tracé et incisé jusqu'à l'os, sera détaché par les côtés et par le bout, de bas en haut. On s'appliquera à raser la phalangette pour désinsérer, sans perte de substance, le tendon long-fléchisseur.
Il est difficile de faire aussi bien quand, après avoir incisé le contour du lambeau, on a recours à la transfixion, en essayant d'engager la lame très haut, entre le tendon et la trochlée de la phalange, conservée.
Quant au lambeau dorsal qui supporte l'ongle, on le décollera aussi de l'extrémité vers la base, avec les plus grandes précautions.
Sur le cadavre, quoi qu'on fasse, l'opération est très difficile et
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la matrice de l'ongle a bien souvent à en souffrir. Il est presque impossible de l'épargner si, après avoir taillé le lambeau palmaire et ouvert l'articulation, on se laisse aller à luxer la phalangette du côté dorsal pour la détacher ensuite de la base vers l'extrémité.
Sur le vivant, la résection peut et doit être sous-périostique : généralement le périoste a été décollé par l'inflammation ; souvent il est même détruit, car on temporise toujours trop.
Remarques. — Ce procédé convient également lorsque avec la phalange unguéaleon enlève, en partie ou en totalité, la première phalange du pouce. Huguier, dans un mémoire posthume (Arch. de méd. 1874), s'est loué d'avoir pratiqué sept fois Vexossation, c'est-à-dire le désossement du pouce. Les moignons étaient raccourcis, immobiles ou peu mobiles, mais suffisamment longs et solides pour contribuer à saisir des objets assez lourds. Au point de vue plastique, ils laissaient sans doute à désirer, mais ils n'avaient pas subi ce modelage, ces pansements orthopédiques qu'Ollicr recommande pour toutes les résections des doigts et des métacarpiens... et le périoste n'avait pas été conservé.
Chaque fois que vous aurez à diviser une phalange que vous voudrez toujours garder longue et régulièrement terminée, défiez-vous de la meilleure des cisailles et employez une scie, étroite pour la commodité, finement dentée pour la perfection du travail.
B. — RÉSECTIONS DES ARTICULATIONS INTERPHALANGIENNES
C'est encore le pouce, si précieux, qu'il faut ici avoir en vue. On peut être amené à faire une résection partielle ou totale de l'articulation interphalangienne, à la suite d'une luxation compliquée de plaie ou bien d'une ostéo-arthrite. La situation des fistules ou de la plaie a ses exigences ; néanmoins, sur le vivant comme sur le cadavre, il faut éviter de blesser les tendons et, par conséquent, inciser en long sur les côtés.
On peut se contenter d'une incision ; il est plus commode d'en faire deux non diamétralement opposées, mais plus rapprochées du côté dorsal que du côté palmaire, d'où le nom d'incisions latéro-dorsales.
Avec une incision unique que l'on fait très longue relativement à la longueur d'os a enlever, on est obligé, après dénudation sous-capsulopériostée, de luxer les extrémités articulaires en pliant le doigt sur le côté non attaqué. Si l'on veut enlever d'un bloc le squelette articulaire avec sa capsule, il faut d'un coup de cisaille trancher le col de la phalange supérieure au-dessus de la trochlée, puis saisir au davier la partie à enlever, l'attirer au dehors et la dénuder jusqu'à ce qu'un second coup de cisaille donné sur la phalange inférieure puisse emporter tout le mal.
RÉSECTIONS DES ARTICULATIONS MÉTACARPO-PIIALANCIENNES. 695
Quand on a recours aux deux incisions latéro-dorsales (fig. 545), 1? dénudation est plus facile : on luxe après désarticulation ou bien, avec la fine et étroite lame passe-partout introduite sous les parties molles dorsales, on scie au droit d'une lamelle protectrice insinuée entre les phalanges et les chairs palmaires.