RÉSECTIONS DES OS DU PIED
F. Terrier a traité avec succès l'orteil en marteau par une résection de l'articulation saillante avec ablation du durillon circonscrit entre deux incisions transversales se regardant par leur concavité.
L'incision de découverte pour l'extraction partielle ou totale des métatarsiens serait adaptée à la longueur, à la forme et au volume des os. Par exemple, pour le cinquième métatarsien, il faudrait suivre le bord externe de l'os et recourber l'incision sur le dos du pied, suivant l'obliquité de l'interligne métatarso-cuboïdien en forme de 7 ; ou suivant le tracé (fig. 597).
Fig. b97. — Incisions pour ablation d'un métatarsien enclavé et du cinquième.
Fie b9S. — Extirpation du 1er métatarsien. — Incision longitudinale croisée aux bouts.
Fig. 599. — Extirpation du premier métatarsien. — Lambeau à base dorsale
774 DES RESECTIONS EÏN PARTICULIER.
Le premier, dont les deux bouts sont fort volumineux, serait découvert largement à l'aide d'une incision croisée aux deux bouts de manière à faire deux petits volets (fig. 598), l'un dorsal, l'autre plantaire, ou encore par la formation d'un lambeau unique à large base dorsale (fig. 599).
Les 2e, 3e et 4e métatarsiens seraient nécessairement divisés au-dessous du milieu, pour permettre au davier et à la rugine l'extirpation successive des deux bouts, en commençant par le bout phalangien.
Les petits os du tarse, scaphoïde, cuboïde et cunéiformes, cariés, nécrosés ou luxés, ont été quelquefois..., faut-il dire réséqués? non sans doute, mais évidés à la gouge ou extraits au davier.
Cette partie du tarse a été aussi attaquée pour rendre au pied bot varus une forme compatible avec la marche.
A ce point de vue, la difficile extraction du cuboïde semble le céder à la tarsectomie cunéiforme (extraction d'un bloc osseux en forme de coin), qui s'est répandue depuis quelques années.
L'extraction de l'astragale, dont je m'occuperai plus loin, est, d'autre part, le remède de l'équinisme.
La tarsectomie cunéiforme se pratique à l'aide du ciseau frappé, ou d'un fort bistouri si les os sont encore tendres; on coupe dans le tarse comme si c'était un bloc d'une seule pièce. Il faut d'abord, à l'aide d'incisions appropriées glisser de longues rugines fouisseuses droites et courbes, sur les deux faces dorsale et plantaire de la zone squelettique qui va être attaquée, pour en séparer les parties molles. Le difficile est de bien calculer l'étendue de la base du coin et sa profondeur. Cette base, dans le varus vulgaire, est externe, plus ou moins dorsale suivant le degré de l'équinisme. Elle correspond donc au cuboïde et à la grosse apophyse calcanéenne. En profondeur, le coin pénètre jusqu'au bord interne du pied, intéressant le scaphoïde et même la tète de l'astragale s'il fallait la rogner. Il est recommandé d'opérer largement afin d'obtenir d'emblée un redressement complet et facile. De même quand on extirpe l'astragale pour remédier à l'équinisme, l'on conseille de rogner la grosse apophvse du calcanéum plutôt que de se borner à un redressement incomplet.
On ne trouve pas l'occasion de s'exercer sur des cadavres à pieds bots. H y a une telle différence entre un pied normal et un pied bot, que je ne puis donner ici aucune règle éprouvée. (Yoy. Schwartz, thèse d'agrég. ; Paris, 1883; Chauve! et Paulet. Diction, encyclop., art. Pied, 1888.)
B. — Extirpation de l'astragale.
La luxation irréductible ou compliquée de l'astragale commande souvent l'extirpation de cet os, devenu bien plus accessible et bien moins solidement fixé qu'à l'état normal. Le traumatisme rompt de puissants ligaments et chasse l'os sous la peau et même à travers la peau.