DÉCOUVERTE DU FAISCEAU VASCULO-NERVEUX
a peut-être de pins important pour la réussite immédiate de l'opé- « ration, dans la ligature des artères, c'est la manière dont on « place l'incision de la peau. »
Jamais, jamais il ne faut inciser avant d'avoir soigneusement exploré la région pour reconnaître les grosses veines, normales ou anormales, les artères accidentellement superficielles, etc., mais surtout pour bien déterminer et marquer le trajet de l'artère. On voit ici l'importance des connaissances anatomiques.
§ 2. La ligne d'opération étant déterminée et tracée ;i la teinture ou autrement (excellente précaution pour tout le monde), on incise
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Fig. 5. — Incision de la peau [art. radiale prise comme exemple). — La main gauche fixe la peau, l'index s'enfonce sur le trajet du vaisseau et marque le point de départ de l'incision que fait la main droite appuyée sur le malade par ses derniers doigts et tenant le bistouri comme un couteau à découper.
la peau sur cette ligne1, dans une longueur proportionnelle à la profondeur du vaisseau, d'un seul coup de bistouri donné de gauche à droite, comme toujours. Les téguments suivraient le bistouri en glissant, si la main gauche du chirurgien, appliquée sur le membre, ne les fixait dans tous les sens sans les déplacer. Il faut couper la peau d'un bout à l'autre dans toute son épaisseur, c'est-à-dire ne point faire de queues. On appelle ainsi les deux extrémités d'une incision qui devient de moins en moins profonde à partir de son milieu.
Les queues n'intéressant que la couche superficielle du derme, ne peuvent compter dans la longueur utile d'une incision, car elles
1. Quand l'incision semble devoir répondre longitudinalemenl à une grosse veine superficielle, il est permis, mais seulement dans ce cas, de s'écarter un peu de la ligne d'opération pour éviter de pourfendue le vaisseau. Sur le vivant, les veines se révèlent quand on y retient le sang; sur le cadavre, quand on y amène du liquide par un massage centripète de leur région originelle.
« GENERALITES.
ne permettent aucun écarteménti Pour les éviter, il faut, en commençant la section cutanée, tenir le bistouri légèrement relevé, appuyer, faire mordre le taillant de la pointe; puis abaisser, coucher le tranchant afin de couper plus facilement; enfin redresser de nouveau l'instrument en terminant l'incision.
Quant à la manière de tenir le bistouri, elle importe peu. Teuton de la précision? on tient l'instrument comme une plume à ('■rrire. A-t-on besoin de force? on le tient comme un couteau de table (fig. 5). Cette dernière manière est classique et traditionnelle pour l'incision de la peau. Dans les deux cas, il vaut mieux appuyer les derniers doigts de la main droite sur le sujet que d'opérer à main levée et tremblante.
Lorsqu'on agit dans une région périlleuse, il est bon de ne pas couper trop hardiment, au risque de repasser deux fois le bistouri.
La peau n'est pas plus tôt incisée que l'on a quelquefois des précautions à prendre pour éviter de blesser de grosses veines, de gros ganglions lymphatiques, etc., reconnus déjà par l'exploration.
Quoi qu'il en soit, il faut inciser le tissu cellulaire dans toute son épaisseur, d'un bout à Vautre de la plaie. Pour ce faire, le pouce et l'index gauches appliqués de chaque côté de la plaie, en écartent les deux lèvres également, sans les entraîner du même côté. Dans beaucoup de cas particuliers, on doit dénuder l'aponévrose parfaitement en se gardant bien de l'attaquer : plusieurs coups de bistouri sont alors nécessaires pour couper le tissu cellulaire, y compris le fascia pellucida (couche profonde dépourvue de graisse) qui, s'il n'est pas complètement divisé, s'ecchymose et masque la toile fibreuse.
§ 5. Y? aponévrose superficielle étant à nu, on la voit et on la sent. Tantôt on l'incise hardiment d'un coup de bistouri, d'un bout à l'autre de la plaie. Tantôt, et c'est le cas où elle recouvre immédiatement quelque organe important, on passe dessous une sonde cannelée qu'on enfonce à un bout de l'incision pour la faire ressortir à Vautre : on s'assure avec le doigl que l'aponévrose seule est soulevée par la sonde, cl, celle-ci élan! fixée parla main gauche qui l'empêche de verser, la droite glisse le bistouri dans la cannelure et fait l'incision sans danger. Ordinairement, l'aponévrose est d'abord explorée, car elle peut contenir et laisser voir Ou sentir un