‹ Precis de medecine des enfantsChapitre 102 sur 277 · DES BRONCHES, DES POUMONS, DES PLÈVRES · texte numérisé non relu

DES BRONCHES, DES POUMONS, DES PLÈVRES

DES GANGLIONS TRACHÉO-BRONCHIQUES

Le larynx et les voies respiratoires naissent dn pharynx, carrelourqui leur est commun avec l'œsopliage et les voies digestives. Cette connexion est de première importance, car, chez lenfant plus encore que chez l'adulte, la pathologie de l'appareil respiratoire est, pour une grande part, sous la dépendance des affections de cette cavité.

Le larynx?de l'enfant est relativement petit; c'est seulement à la puberté qu'il se développe rapidement, en même temps que les organes génitaux. La saillie du cartilage thyroïde (pomme d'Adam) est peu prononcée et difficile à percevoir, surtout au-dessous de 2 ans. Les cordes vocales sont petites et la ghtte est étroite ; aussi le passage de l'air est-il gêné dès que la muqueuse se tuméfie et qu'intervient le spasme si fréquent chez l'enfant. D'autre part, les cartilages sont mous et facilement compressibles.

La trachée comprend une portion cervicale, qui mesure de 3 1/2 à 5 centimètres chez les enfants de 3 à 10 ans (Tillaux), et une portion thoracique en rapport avec les organes du ifté- <liastin. Son calibre augmente avec l'âge : il admet des canules d'un diamètre extérieur de 6 millimètres jusqu'à lo mois, de T millimètres jusqu'à 2 ans, de 8 millimètres jusqu'à 3 ans i/"2 ou 4 ans, de 0 millimètres jusqu'à 5 ou 6 ans, de 10 millimètres jusqu'à 8 ans, de 11 millimètres chez les enfants plus grands (Sevestre et L. Martin).

Les bronches ont également un calibre relativement étroit.

Autour de l'extrémité de la trachée et des bronches, sont agglomérés les ganglions péritrachéo-bronchiques (p. 451),

:\i2 MALADIES DU LARYXX, DE LA TRACHEE, ETC.

dont les affections jouent un grand rôle en pathologie infantile.

Les poumons sont remarquables par la richesse du réseau lymphatique qui entoure les acini et les lobules. Leur capacité respiratoire atteint 400 à 500 centimètres cubes de 3 à 4 ans, 900 centimètres cubes de o à 7 ans, 4.350 centimètres cubes de 8 à 10 ans, 1.850 centimètres cubes à 11 et L2 ans, 2.100 à 2.400 centimètres cubes à 13 et 14 ans.

Le nombre des respirations par minute est : 44 avant 2 mois, 38 à 40 jusqu'à un an, 30 à 35 de 1 à 3 ans, 30 de 3 à 5 ans, 20 à 25 de 5 à 10 ans, 20 de 10 à 15 ans.

Les maladies des différentes parties de lappareil respiratoire, larynx, trachée, bronches, poumons, doivent être décrites séparément pour les besoins de la clinique. Mais généralement'elles ne constituent que des étapes successives d'un même processus. Vinfeciion est leur grande cause ; elle est réalisée soit par les hôtes habituels de la surface de leur muqueuse (auto^infection), soit par des germes venus du dehors {hétéro- infection). Le plus souvent elle débute dans les voies supérieures, où elle réalise des rhinites, des rhino-pharyngites, descend progressivement le long de Tarbre aérien et s'étend plus ou moins bas, en produisant des laryngites, des trachéo-bronchites, des broncho-pneumonies ; cette extension est d'autant plus fréquente que l'enfant est plus jeune. D'autres fois, elle se réalise par la voie sanguine, surtout au niveau des poumons, ou par la voie lymphatique ; on sait le rôle attribué par certains auteurs dans l'infection des bronches et des poumons par les germes provenant du tube digestif.

L'infection des voies respiratoires constitue souvent chez l'enfant et surtout chez le nourrisson une éventualité redoutable. Vétroitesse des voies respiratoires, qui facilite leur encombrement par les sécrétions, le peu de résistance des tuniques bronchiques, qui permet leur rapide dilatation et gêne l'évacuation de leur contenu, Vabsence ou la faiblesse de la toux, qui conduit au même résultat, la brièveté des différents segments et le développement (les lymphatiques, qui facilitent la propagation de l'infection, la mollesse des côtes, qui constituent un point d'appui peu solide pour les muscles respiratoires, surtout pour les muscles expirateurs, contribuent à sa gravité. Ces influences se font sentir au maximum chez les débilités (prématurés et cachectiques), chez les sujets dont le thorax

Page 1