Adénopathies mésentériques
Les ganglions mésentériques reçoivent les lympliaticjues du tube digestif depuis le duodénum jusqu'au côlon descendant. Leur activité, comme celle de tous les ganglions, est particulièrement grande chez Tenfant. Aussi sont-ils souvent le siège de processus morbides.
Les adénopathies mésentériques tuberculeuses s^)nt les plus communes et les plus intéressantes. Elles 4onnent lieu à des hypertrophies ganglionnaires, parfois volumineuses. C'est à elles, ainsi qu'à la péritonite tuberculeuse et à la tul)erculose intestinale, qu'il faut en grande partie attribuer la symptomatologie de l'affection décrite autrefois sous le nom de carreau Louis, Guersant, Rilliet et Bavthez, etc.).
La tuberculose des ganglions mésentéi'iques est fréquente chez l'enfant, surtout entre 1 et 10 ans. On la constate à Vautopsie d'enfants porteurs d'autres lésions tuberculeuses, en apparence plus anciennes, dans une proportion qui varie de 30 p. 400 (Carrière) à 90 p. 100 (Ashby et Wright). Souvent, elle coexiste avec la tuberculose intestinale, sans qu'il y ait d'ailleurs relation entre l'intensjté des lésions de ces organes ; mais nombreux sont les cas où l'intestin est indemne (29 p. 100. Rilliet et Barthez ; 13,5 p. 100, Ashby et Wright).
A côté de la tuberculose avérée, il existe une tuberculose occulte (Pizzini, Briault, Macfayden et Macconkey, etc.). Avec Kuss, nous l'avons constatée par l'inoculation au cobaye
340 MALADIES DU PERITOINE
presque constamment chez les tuberculeux pulmonaires, 4 fois sur 16 chez des enfants indemnes de toute tuberculose apparente.
L'infection des ganglions par le bacille de Koch peut se faire par la voie sanguine et par la voie lymphatique ; l'impor^ tance de- la pénétration par la voie digestive est étudiée ailleurs (p. 235).
Les lésions se présentent avec les mêmes caractères que dans les autres groupes ganglionnaires.
En clinique, la tuberculose des ganglions mésentériques reste le plus souvent latente. Parfois la palpation décèle, dans la région ombilicale ou dans la fosse iliaque droite, des masses profondes, bosselées, fixes ou un peu mobiles dans le sens latéral. Les autres symptômes, diarrhée, tuméfaction du ventre, dilatation des veines sous-cutanées de la paroi abdominale et des lymphatiques (nodules de Widerhofer), n'ont rien de pathognomonique. J'ai déjà parlé de la /orme entéro-mésentérique (p. 240'i.
Le diagnostic n'est que rarement à discuter.