IV. — Spasme idiopathique de la glotte
Cette affection a été décrite sous des noms différents ; il faut retenir, comme synonymes de celui de spasme idiopathique de la glotte, ceux de laryngo-spasme, de spasme phrénoglottique des nourrissons (Bouchut), de convulsion interne. Elle ne constitue pas une entité morbide, mais un syndrome clinique, qui doit être rattaché à la tétanie.
Étiologie. — Le spasme idiopathique s'observe généralement entre 2 et Lj mois ; il semble plus fréquent chez les garçons que chez les filles. Il se rencontre surtout en hiver et dans les pays septentrionaux (Hérard). A Paris, à Buenos- Aires (Avendano), il est rare. On note souvent une hérédité nerveuse; queli]uefois il apparaît chez plusieurs frères et sœurs. Fréquemment il s'agit d'enfants placés dans de mauvaises conditions hygiéniques, nourris artificiellement ; le rachitisme coexiste dans 80 p. 100 des cas d'après les statistiques de Gée et de Coodhart ; le craniotabes 92 fois sur 96 d'après Elsâsser (1843).
Comme causes occasionnelles, on signale : la colère, la peur, les cris, la toux, un réveil brusque, etc.
Symptômes. — Le spasme de la glotte survient par accès, ^e jour ou la nuit, pendant le sommeil et surtout à l'état de veille. On distin-ue des petits et des grands accès.
1° Petit accès. — Il débute par un soubresaut du tronc et une inspiration sonore, bruyante, suivie d'inspirations saccadées de plus en plus courtes et incomplètes et d'expirations dé plus en plus faibles ; en même temps la face pâlit et se cyanose. Puis on entend de nouveau des inspirations sonores et le rythme normal de la respiration se rétablit. Il n'y a pas d'apnée véritable.
L'accès dure quelques secondes ou quelques minutes. Une fois l'accès terminé, l'enfant revient à l'état nornial.
2° Grand accès. — Il débute 'comme le précédent par uiï soubresaut du tronc, suivi d'une ou deux inspirations bruyantes et saccadées, faites avec effort, ^uis la respiration se suspend et l'enfant asphyxie ; la face est cyanosée,le visage angoissé, les yeux sont saillants et fixes, le corps est couvert de sueur, le pouls petit et rapide ; on remarque la contraction spasmodique du diaphragme et des musclas respiratoires de la poitrine et de l'abdomen; la mort semble imminente. Mais, aii^ bout de quelques secondes, il se fait une inspiration sonore, stridente, saccadée, suivie d'une expiration entrecoupée, et la respiration reprend en même temps que les symptômes d'asphyxie disparaissent. L'accès peut prendre fin après une seule crise, ou se composer d'un certain nombre de reprises successives, provoquant des troubles dyspnéiques très intenses.
Très souvent les accès, petits et grands, sont précédés ou accompagnés de convulsions généralisées et surtout de contractures tétaniques des extrémités plus ou moins intenses ou de signes révélateurs d'une tétanie latente.
L'accès de spasme glottique est rarement unique. Généralement les accès se répètent de façon subcontinue jusqu'à 30 ou 50 dans les vingt-quatre heures et se reproduisent à intervalles plus ou moins longs. La durée de l'affection varie de quelques jours à'quelques mois.
Les accès de spasme glottique peuvent se terminer par la mort subite ou par V asphyxie progressive; ils constituent une des causes les plus fréquentes de mort subite chez les enfants (Marfan). ''
D'une façon générale, le pronostic 'est surtout grave pour les grands accès ; mais il ne faut pas oublier [que des accès légers peuvent être suivis d'accès graves. La mortalité est de 40 p. 100 (Reid), plus grande chez les garçons que chez les filles [45 et 32 p. 100 (Lorentj].
Anatomie pathologique. — On ne trouve pas à l'autopsie de lésions susceptibles d'avoir causé le spasme glottique, mais seulement des lésions concomitantes ou consécutives. Ces dernières consistent principalement en de la stase veineuse dans les différents viscères, notamment les poumons, les sinus crâniens, la pie-mère et le cerveau. Dans certains cas, le thymus est hypertrophié. L'état des glandes parathyroïdes, souvent lésées dans la tétanie, est à préciser.
Pathogénie. — De nombreuses théories pathogéniques