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Bronchites chroniques

Bien que les bronchites chroniques soient surtout l'apanage de la vieillesse, elles se rencontrent assez souvent chez l'enfant et présentent chez lui des allures spéciales. Comme les bronchites aiguës, elles sont dues à l'infection des voies respiratoires. La plupart des causes qui prédisposent à l'infection aiguë interviennent pour entretenir l'infection chronique.

Étiologie. — Le plus souvent la bronchite chronique, dite simple, s'observe entre 2 et 5 ans ; avant 2 ans et après 10 ans elle est rare (Comby). Elle est en général consécutive à des bronchites aiguës banales répétées, plus rarement aux bronchites aiguës des maladies infectieuses, rougeole, coqueluche, grippe, etc., qui sont généralement fugaces à moins qu'il ne s'agisse d'infections bronchiques secondaires.

Sur 100 cas de bronchite chronique, les causes étaient 28 fois la rougeole, 24 fois la coqueluche, 36 fois les végétations adénoïdes (Carrière).

La persistance des infections est due aux causes prédisposantes signalées à propos des bronchites aiguës (p. 365).

Les microbes trouvés dans les bronchites chroniques sont les mêmes que dans les bronchites aiguës : streptocoques, pneumocoques, pneumobacilles de Friedlander, etc. La flore est généralement complexe.

Symptômes. — Ce qui différencie la bronchite chronique de l'enfant de celle de l'adulte et du vieillard, c'est Yabsence habituelle d'emphysème, le peu d'atteinte de Vétat général et la curabilité (Comby).

L'enfant tousse d'une façon habituelle, surtout le matin : la toux est grasse et, chez les enfants de plus de 6 à 8 ans, s'accompagne d'une expectoration muco-purulente, jaunâtre: elle est parfois quinteuse, coqueluchoïde, surtout quapd la bronchite a succédé à la coqueluche ou quand il y a de l'adénopathie trachéo-bronchique ; elle s'atténue ou disparaît à ceitaines périodes. Généralement, il n'y a pas de dyspnée.

L'inspection du thorax, la percussion et la palpation ne révèlent rien d'anormal. A ï auscultation, on entend des râles sibilants, ronflants, sous-crépitants, disséminés, sans localisations spéciales, variables suivant les moments, se modifiant d'un jour à l'autre. Suivant les cas, la bronchite est sèche (râles sonores) ou humide (râles sous-crépitants). Il n'y a pas de signes d'emphysème.

L'état général est satisfaisant. L'apyrexie est la règle.

Une variété de bronchite chronique, plus rare encore chez l'enfant que chez l'adulte, est la bronchite membraneuse. Il faut la distinguer de la bronchite membraneuse diphtérique qui a une évolution aigur ou subaiguë (p. 352). Bien qu'elle ait été observée chez le nouveau-né, à 2 ans (Ménétrier), elle ne se rencontre guère qu'après 7 ans. Elle est généralement due au. pneumocoque. De temps en temps le malade a des accès de dyspnée, expectore des membranes; l'auscultation décèle des sibilances, quelques foyers de râles sous-crépitants, des zones de silence respiratoire.

Évolution. Pronostic. Complications. — Généralement la bronchite ne devient chronique qu'après une série de bronchites aiguës de plus en plus persistantes. Une fois installée, elle est entrecoupée de poussées aiguës caractérisées par la fièvre, la dyspnée, l'augmentation de la toux, de l'expectoration et des signes d'auscultation, assez souvent accompagnées de phénomènes pulmonaires congestifs. L'affection dure des mois, des années.

La bronchite chronique n'entraîne pas la mort; bien traitée elle se termine presque toujours parla guérison. Il est exceptionnel, en dehors de conditions spéciales (déformations thoraciques, asthme), de voir la bronchite aboutir à l'emphysème, à la dilatation cardiaque et à Vasystolie.

Mais il faut craindre la bronchite fétide, avec ou sans gangrène des bronches, la broncho-pneumonie, la pleurésie purulente, la. tuberculose pulmonaire. La dilatation des bronches est rare, à moins qu'à la bronchite ne soit associée une broncho-pneumonie.

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