XII. — Urémie
L'urémie est un syndrome clinique causé par l'insuffisance des éliminations urinaires. Elle est la conséquence des lésions des reins qui déterminent un trouble profond de leur fonctionnement. Elle a suscité de nombreuses théories pathogéniques. La connaissance de la chlornréniie et de Vazotèmie (VVidal) a réalisé un très grand progrès.
Etiologie. — Les causes sont moins nombreuses que chez l'adulte. Ce sont principalement les néphrites aiguës (p. 581), plus rarement les néphrites sabaigaës ou chronique s (p. 391), exceptionnellement la lithiase rénale [obstruction de l'uretère par un calcul (p. 607)], la tuberculose et le cancer du rein.
Symptômes. — Les symptômes urémiques sont dus à la rétention des substances normalement éliminées par les reins, aux troubles et aux lésions qu'elles provoquent, aux éliminations par des voies supplémentaires. Ils traduisent la souffrance de la plupart des organes et des appareils intéressés simultanément ou isolément. Ce sont : exceptionnellement des stomatites, des vomissements et delà diarrhée, p\us fréquemment de la dsypnée sine materia sous ses différentes modalités (dyspnée simple, asthme urémique, dyspnée paroxystique avec resj)iration de CheyneSiokes), V<cdènie pharyngo-laryngé, l'œdème aigu du poumon ; la céphalalgie, les troubles oculaires (amblyopie, cécité subite et transitoire, hémiopie, mouches volantes, myosis), des convulsions partielles ou généralisées, des contractureSy de la somnolence^ le coma, des œdèmes, des éruptions diverses. La paralysie, l'aphasie, le délire sont rares.
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Le pouls est accéléré ou ralenti, la bradycardie peut annoncer un accès convulsif : la pression artérielle est parfois augmentée. Il y a généralement de Vhypothermie, plus rarement de la fièvre.
Les urines sont diminuées de quantité ou supprimées; elles présentent les caractères étudiés à propos des néphrites.
Formes cliniques. — Chez l'enfant, Vurémie aiguë est beaucoup plus commune que Vurémie lentq ou chronique, ce qui tient à la fréquence des néphrites aiguës et des poussées aiguës compliquant les néphrites subaiguës et chroniques, à la rareté de la néphrite chronique atrophique.
En dehors des cas où l'urémie est due à une anurie persistante, et à la rétention totale des substances éliminées par les urines, elle revêt, ainsi que je l'ai indiqué à propos des néphrites (p. 579 et p. o87j plusieurs types cliniques.
1° L'urémie chlorurémique apparaît dans les néphrites avec anasarque'; elle est liée à la chlorurémie viscérale (Widal et Javal). Elle est la conséquence des œdèmes viscéraux et est assez rare : œdème pharyngo-laryngé, œdème pulmonaire, œdème gastro-intestinal. Elle se traduit par des vomissements et une diarrhée abondants et liquides, de la céphalée, du coma, de Famblyopie, etc.
^2^ L'urémie azotémique est plus rare; elle se manifeste (p. 579) par une anorexie absolue et des vomissements faciles, de la somnolence.
S" L'urémie mixte est caractérisée par l'association des symptômes de chlorurémie et d'azotémie. Elle est plus commune que l'urémie azotémique pure.
4° L'urémie hypertensive a, comme manifestation la plus caractéristique, Véclampsie (p.- 581). L'enfant est d'ailleurs particulièrement prédisposé aux convulsions au cours des divers états morbides.
Pronostic. — L'urémie aiguë est toujours un phénomène grave. Cependant comme elle survient surtout dans des néphrites aiguës où la congestion des reins joue un grand rôle, elle est souvent curable grâce à une thérapeutique appropriée.
Diagnostic. — Il se fait facilement, si, en présence des symptômes observés, on pense à la possibilité d'une affection rénale.
Traitement. — Le traitement est prophylactif on curaiif.
Prophylactif, il consiste à soumettre les malades, chez