LITHIASE RE X A LE GOT
besoins fréquents et impérieux, qui peuvent entraîner de l'énurésie nocturne, mictions douloureuses, ténesme vésical, dysurie, troubles dus à la concentration et à l'acidité des urines, qui excitent la vessie iComby). D'autres fois une hématurie constitue le symptôme révélateur ; elle a les caractèresde l'hématurie rénale : elle est généralement provoquée par une fatigue, une course en voiture, etc. : elle reste un phénomène isolé ou accompagne les coliques néphrétiques.
A part l'hématurie, le symptôme le plus caractéristique est dû à la migration des calculs dans l'uretère : c'est la colique néphrétique. Celle-ci reconnaît la même physiologie pathologique et se présente avec les mêmes caractères que chez l'adulte, quand l'enfant est assez grand pour décrire les sensations qu'il éprouve. Les coliques néphrétiques reviennent par accès à intervalles plus ou moins longs.
Généralement le calcul traverse l'uretère, la vessie, l'urètre et est évacué avec l'urine. D'autres fois il s'arrête en un point quelconque de ce trajet et peut provoquer des accidents.
L'arrêt du calcul dans l'uretère est une complication rare chez l'enfant. Comby l'a observé à l'autopsie de 3 nourrissons, h'anurie peut en être la conséquence : chez un malade de Monsseaux, elle était à peu près complète au 3« jour. Ouant à Yhydronéphrose consécutive, trouvée également à l'autopsie par Comby, elle est, de môme que chez l'adulte, une éventualité assez exceptionnelle; Monsseaux ne l'a jamais vue pendant la vie.
Beaucoup plus fréquent est l'arrêt du calcul dans la vessie. Les calculs vésicaux s'observent, qu'il y ait eu ou non antérieurement des coliques néphrétiques ; dans la grande majorité des cas, malgré l'absence habituelle de celles-ci, ils ont leur origine dans un petit calcul rénal, qui a augmenté de volume dans la vessie par addition de couches successives. Leur poids moyen est de 2 à 3 grammes pour les petits, de 13 grammes pour les gros ; le plus volumineux observé par J. de Bokay pesait 43 gr. 50. On rencontre dans les proportions suivantes (J. de Bokay) des calculs uriques (7 p. 12), oxaliques (1 p. 12), phosphatiques (4 p. 12). Les calculs vésicaux sont rares chez les fdles (4 p. 100 des cas) ; ils s'obs^vent surtout de 2 à 7 ans, principalement à 2 et 3 ans. Ils peuvent rester longtemps latents ou se révéler par des phénomènes douloureux, des troubles de la miction, des modifications des urines et provoquer de la cystite.
I/arrêt des calculs dans l'urètre n'est pas exceptionnel : il s'est produit 471 fois sur 1.621 cas de lithiase urinaire(J. de Bokay).
La lithiase rénale peut s'accompagner d'une albuminurie généralement minime, passagère, intermittente, rentrant dans le cadre des albuminuries fonctionnelles, et même de glycosurie légère (Monsseaux).
Les complications infectieuses sont exceptionnelles: la pyélite, quand elle existe, revêt généralement le type catarrhal.
Marche. Pronostic. — La lithiase rénale n'offre pas de gravité immédiate chez l'enfant; les nourrissons, à l'autopsie desquels on la constate, ne sont pas morts de leur lithiase. Cependant c'est une affection sérieuse, car elle persiste indéfiniment et se retrouve chez l'adulte : Monsseaux a observé des malades de 19 à 40 ans qui avaient eu leur première colique néplirétique dans l'enfance. Sous ce rapport il faut distinguer les cas où la lithiase est sous la dépendance de fautes hygiéniques accidentelles et ceux où elle relève d'un terrain héréditaire diathésique ; ces derniers sont les plus tenaces. Dans les deux éventualités une thérapeutique appropriée peut amener la guérison.
Diagnostic. — La lithiase rénale du nourrisson est presque toujours méconnue, si l'examen des langes ne révèle pas la présence de graviers ou de calculs. Les symptômes douloureux n'ont rien de pathognomonique et sont presque toujours attribués à des coliques intestinales.
Dans la moyenne et la grande enfance, les douleurs sont plus faciles à localiser et leur signification s'éclaire par l'examen des urines. Cependant leur cause est parfois méconnue ; on peut pensera un mal de Pott, quand leur persistance provoque de la scoliose. Plus caractéristique est la colique néphrétique, qu'on reconnaît facilement.
Les troubles de la miction peuvent être attribués à une incontinence d^iXrine essentielle, à une cystite ou à un calcul vésical.
L'hématurie, une fois différenciée des hématuries vésicules, est rattachée à sa cause, quand on a éliminé les hématuries néoplasiques, tuberculeuses, essentielles (p. 564).
Traitement. — On prévient la lithiase rénale et on la traite par une hygiène sévère. Les nourrissons sont soumis aux règles de l'allaitement naturel ou artificiel. Chez les enfants plus grands, on évite une alimentation trop azotée et
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trop abondante ; on conseille le lait, les laitages, les œufs et la viande en petite quantité, les farineux, les végétaux, les boissons aqueuses, suivant l'âge de l'enfant ; on proscrit les viandes abondantes, les vins généreux, les épices, etc. On veille au bon fonctionnement du tube digestif. • L'enfant doit vivre au grand air, éviter le surmenage physique et intellectuel. On conseille l'hydrothérapie et les frictions,
On prescrit les alcalins et les dissolvants de V acide urique : bicarbonate dé soude, benzoate de soude, urotropine, pipérazine, iycétol, lithine, etc.
Les cures hydro-minérales (Vittel, Gontrexé ville, Martigny, Evian, etc.) ont une efficacité bien connue.