SCORBUT IXFAXTILË, MALADIE DE BARLOW
inférieur ou dans leur tiers supérieur. Les régions douloureuses deviennent bientôt le siège d'une tuméfaction légère sans rougeur ni chaleur. Souvent il y a de l'œdème, qui apparaît aux chevilles et remonte plus ou moins haut. La palpation, difficile à pratiquer, permet de localiser la douleur et la tuméfaction en un point des tibias ou des fémurs, dans les régions diaphyso-épiphysaires.
Sur les radiographies l'os apparaît entouré d'une gaine sombre.
Les symptômes douloureux prédominent aux membres inférieurs, mais n'y siègent pas exclusivement. Il n'est pas rare d'observer de la douleur et de la tuméfaction, avec ou sans pseudo-paralysie, aux membres supérieurs, notamment au niveau du tiers inférieur de l'avant-bras et du tiers supérieur du bras, au niveau des fosses sous-épineuses, de la crête iliaque, parfois au niveau de la tête humérale.
Dans les formes sévères l'exploration provoque une crépitation osseuse, due à des fractures spontanées des extrémités du fémur et du tibia près de l'articulation du genou. Assez souvent \e sternum et les cartilages costaux sont enfoncés par suite de la fracture des extrémités antérieures des côtes ; quelquefois il y a de la douleur et de la tuméfaction profonde sur les côtés de la colonne vertébrale.
L'entant est pâle, anémié, immobile dans le décubitus dorsal. Il n'y a généralement pas de fièvre ; parfois il se produit une poussée fébrile (38"-39°) pendant un ou deux jours. Les hémorragies cutanées sont rares et peu marquées ; chez les enfants qui ont des dents on voit souvent des stomatorragies et Vétat fongueux des gencives; en pareil cas l'haleine est très fétide. Souvent il n'y a pas de troubles digestifs ; quelquefois cependant il existe des symptômes d'une affection gastrointestinale. La respiration est peu fréquente. Les urines, habituellement normales, sont parfois franchement hémorragiques et albumineuses, ou contiennent quelques globules rouges. On peut voir des convulsions, un état semi-comateux, conséquences d'une hémorragie méningée ; des troubles oculaires, consistant en exophtalmie avec déviation en haut des globes oculaires et s'accompagnant d'une ecchymose de la paupière supérieure, dus à une hémorragie sous-périostée intra-orbitaire.
Dans le sang le nombre des globules rouges et le taux de l'hémoglobine sont diminués ou il y a oligosidérémie seule;
il existe souvent une réaction myéloïde atténuée (myélocytes neutrophiles et éosinophiles, globules rouges à noyaux), une
diminution de nombre et une augmentation de volume des liématoblastes. Ces modificaiioijs rapprochent la maladie deBarlowdu purpura protopathique myéloïde (Lenoble).
L'absence de rétraction du caillot (Lenoble) n'existait pas dans 3 cas malgré la réaction myéloïde (Nobécourt, L. Tixier et Maillet).
La maladie de Barlow n'est pas toujours aussi nettement caractérisée. Les formes frustes sont fréquentes. Les unes se traduisent par une faiblesse et une sensibilité excessive des membres inférieurs; elles simulent une paraplégie, une /7ionoplégie, le mal de Pott, le rhumatisme articulaire. D'autres consistent, au moins au début, en une ecchymose palpébrale, en une exophtalmie unilatérale, en du purpura, en une tuméfaction crânienne rappelant le céphalématome. D'autres se révèlent par un état anémique ou par une hématurie (Barlow).
Évolution— La maladie méconnue dure 1 à 3 mois (cas légers), 6 mois et plus (cas d'intensité moyenne); elle peut aboutir à la mort. Les fractures se consolident sans grande déformation ; les troubles oculaires sont curables. Quand elle est bien traitée, l'affec- .
tion guérit a^ec une rapidité surprenante. La maladie de Barlow peut laisser après elle une susceptibi-
CÏTHSTANTIT!.
Fig. 118. — Maladie fie Barlow (enfant de 9 mois). — Coupe verticale de la moitié supérieure du tibia.
1. Cartilage épiphysaire anormalement vascularisé ; 2. Ligne d'ossification sensiblement normale ; 3. Travées osseuses ; 4. Tissu pathologique de coloration rouge ressemblant à du sang coagulé épanché autour de la diaphyse ; 5. Points blancs correspondant à l'organisation ostéo fibreuse de l'épanchement sanguin péridiaphysaire ; 6. Vaisseaux nourriciers de los congestionné.