Méningites
Jusqu'à la fin du dix-huitième siècle, Tinflammation méningée reste méconnue.
En- 1768, R. Whytt décrit V hydrocéphalie aiguë des enfants âgés de plus de 2 ans et divise son évolution en 3 périodes, d'après les caractères de la fièvre et du pouls. Senn (1825) montre qu'il s'agit d'une méningite aiguë, GuevsaniiiS^l) qu'eUe est caractérisée par la présence de granulations (méningite granuleuse), Papavoine (1830) que ces granulations sont de nature tuberculeuse. Fabre et Constant (1833; créent le terme de méningite tuberculeuse, et Rilliet et Barthez (1843) donnent de cette dernière une description restée classique.
De la méningite tuberculeuse, Rilliet et Barthez distin-
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guent les méningites aiguës, parmi lesquelles on isole plus tard la méningite cérébro-spinale épidémique.
Les recherches bactériologiques établissent la nature microbienne des méningites, la pluralité des germes qui les causent et leur pathogénie. La ponction lombaire contribue dans une large mesure à cette étude.
Les méningites sont dues à Varrivée de microbes dans les méninges, soit directement à travers la boîte crânienne, soit par propagation d'une infection du voisinage, soit par la voie sanguine. Un rôle appartient également, dans la production des réactions méningées, aux toxines sécrétées par les microbes en dehors des méninges.
La localisation des germes et des toxines au niveau des méninges trouve dans le jeune âge du sujet un facteur prédisposant de première importance. Sur 1.336 décès d'enfants par méningite survenus à Paris en 1898, on en compte (Variot) :
972 de 1 à 4 ans,
277 de 5 à 9 ans,
87 de 10 à H ans.
Comme autres facteurs prédisposants, on incrimine Vhérédité nerveuse, Valcoolisme des parents, le surmenage intellectuel. Ce dernier facteur n'a pas l'importance qu'on lui attribue souvent étant donnée la plus grande fréquence des méningites au dessous de 4 ans ; chez le jeune enfant, il est vrai, le travail cérébral inconscient est considérable.
Les méningites se traduisent par des symptômes indépendants des germes en cause; ce sont des symptômes d'emprunt, traduisant la souffrance de l'écorce cérébrale et de l'encéphale en général. Ils sont dus aux troubles circulatoires, congestion ou anémie, à l'augmentation du volume du liquide céphalo-rachidien et à la distension des ventricules, à l'action des toxines microbiennes sur les éléments nerveux. Les plus caractéristiques sont la céphalalgie, les vomissements, la constipation, la raideur de la nuque, du rachis et des membres, le signe de Kernig, etc. Aucun n'est pathognomonique.
Ce sont le groupement des symptômes et l'évolution de la maladie, qui conduisent d'une part au diagnostic de méningite et d'autre part au diagnostic de la variété étiologique. Encore, dans bien des cas, surtout chez les nourrissons, ce diagnostic reste-t-il en suspens si on n'a pas recours à la ponction lombaire.