VIII. — Encéphalite léthargique épidémique
h' encéphalite léthargique épidémique est une maladie infectieuse spécifique, dont l'agent pathogène inconnu se fixe de préférence sur une région limitée du mésocéphale. C'est une poliomésocéphalite primitive avec narcolepsie (Saint-Martin et Lhermitte).
Étiologie. — Les enfants sont moins atteints que les adultes. Sur 105 cas observés en Angleterre (1918), on en compte 15 avant 10 ans, 26 de 10 à 20 ans, 64 après 20 ans. On l'a vue à 3 mois.
Décrite en 1900 sous le nom de nona, cette maladie est réapparue en Autriche (1916-1917), en France et en Angleterre (janvier 1918).
La diffusion est faible : il est exceptionnel de voir plusieurs sujets atteints dans une famille ou une maison. Les cas sont surtout nombreux au printemps.
Symptômes. — Le début est marqué par du rhume et quelques troubles digestifs.
Au bout de quelques jours, apparaissent de la lassitude, de la céphalée, des vomissements, une somnolence plus ou moins profonde qui peut aller jusqu'à un état comateux, de Yophtalmoplégie externe.
Celle-ci est caractérisée par du ptosis unilatéral ou double, du strabisme, de Vimmobiliié complète des yeux. La paralysie de l'accommodation, la diminution ou Tabsence des réactions pupillaires à la lumière sont rares. Le nyslagmus est fréquent.
804 MALADIES DE VENCEPHALE
Quelquefois la paralysie s'étend à la face, au voile du palais, au pharynx, au larynx. Aux membres, il peut y avoir de l'incoordination, du tremblement, rarement une paralysie vraie.
11 y a de la fièvre tantôt légère et fugace, tantôt élevée comme dans la fièvre typhoïde.
Le liquide céphalo-rachidien est clair; il a une tension, une teneur en albumine et en sucre normales ; les lymphocytes sont rares.
Durée. Terminaison. — La maladie peut durer des semaines, des mois. Souvent elle guérit. La mort survient dans "25 à 53 p. 100 des cas.
Anatomie pathologique. — Les méninges présentent une congestion diffuse ou en îlots, quelquefois des hémorragies punctiformes.
L'examen histologique montre une encéphalite interstitielle diffuse périvasculaire, siégeant dans la substance grise avoisinantles troisième et quatrième ventricules, les ventricules latéraux, le lociis niger. Les cellules nerveuses, peu lésées, présentent de la diminution du pigment et une dégénérescence hyaline aiguë. 11 n'y a pas de neuronophagie.
Nature. — On a admis qu'il s'agit d'une forme particulière de la poliomyélite aiguë (Crookshand, Saint-Martin et Lhermitte).
Pour Netter, il s'agit d'une maladie différente, car \sl poliomyélite s'observe surtout en été et en automne, atteint surtout les jeunes enfants, s'accompagne de lymphocytose céphalorachidienne et est caractérisée par des lésions cellulaires," tandis que Vencéphalite léthargique est une maladie du printemps, qui frappe principalement les adultes, ne s'accompagne pas de lymphocytose céphalo-rachidienne et ne détermine que des lésions cellulaires légères.
Traitement. — Il est symptomatique.
On a conseillé Vurotropine comme antiseptique général susceptible d'agir au niveau des centres neryeux (Netter,)
Les maladies de la moelle épinière sont moins fréquentes et moins variées chez l'enfant que chez l'adulte. Les unes sont secondaires aux affections de V encéphale ; je n'y reviens pas; les autres en sont indépendantes et sont seules étudiées
Les affections médullaires plus particulières à l'enfance sont ; la paralysie infantile, due à une infection localisée ou prédominante sur l'axe gris, la maladie de Friedreich, qui est une affection familiale, les compressions dues à la tuberculose vertébrale. Les autres sont plus rares et ne demandent qu'une courte mention.