PARALYSIES OBSTÉTRICALES DES NOUVEAU-NÉS
accidentelles (usage de trompettes, de gobelets de plomb, par exemple) qu'à des d'intoxications professionnelles, arsenicales (intoxications médicamenteuses), oxycarbonées.
Les lésions et les symptômes n'ont rien de spécial à l'enfance. Ils ont été étudiés à propos des paralysies diphtériques (p. 100), qui constituent la variété la plus commune dans l'enfance.
n. — Paralysies obstétricales des nouveau-nés.
Les paralysies obstétricales des nouveau-nés sont dues à des altérations des nerfs périphériques ou des plexus réalisées pendant le travail de V accouchement. On en distingue les paralysies consécutives à des lésions encéphaliques ou médullaires, dues à des causes analogues.
Elles atteignent, par ordre décroissant de fréquence, la face, le membre supérieur, le membre inférieur.
Etiologie. — La paralysie faciale obstétricale est fréquente. Elle s'observe presque toujours après ïtqjplication du forceps, qui comprime le nerf facial à son émergence du trou stylo-mastoïdien ou au-devant de l'oreille [P. Dubois, Landouzy (1839), Pajot (1853), Vernois (1857), Huchard (1866), etc.J Beaucoup plus rarement elle survient après un accouchement spontané; la compression est alors réalisée par une disposition vicieuse du bassin, une fumeur du bassin, etc.
La paralysie obstétricale du membre supérieur a été décrite par Duchenne (de Boulogne), Xadaud (1872), Erb (1874), Roulland (1887), Budin (1888), J. Comby (1891), etc. Elle est rare (6 cas sur 14.060 accouchements d'après les statistiques réunies de Jolly et de Fochier). Le plus habituellement elle est la conséquence de manœuvres obstétricales : application du forceps, dégagement de l'épaule avec le doigt ou avec un crochet dans la présentation du sommet, tractions énergiques pour extraire la tête ou les bras dans la présentation du siège ou de l'épaule. Elle est exceptionnelle dans Yaccouchement spontané (Jacquemier). Elle est due soit à la compression du plexus brachial au point d'Erb, soit, plus fréquemment, sinon toujours (Pieux), à l'élongation et au tiraillement du plexus brachial.
La paralysie obstétricale du membre inférieur, assez exceptionnelle, est due à un traumatisme grave de la colonne
vertébrale avec hémorragies intra-rachidiennes. Elle diffère donc des paralysies précédentes.
Symptômes. — I. Paralysie faciale. — Les symptômes n'ont rien de spécial au nouveau-né. Ils apparaissent aussitôt après l'accouchement. Peu marqués au repos, ils s'accusent quand l'enfant crie ou tète. On note Vasymétrie de la face, la dévintio?i de la bouche, Vocclasion incomplète des paupières du côté paralysé. La tétée est généralement possible.
Habituellement la paralysie ne tarde pas à régresser ei guérit en 2 à 6 semaines, à moins, ce qui est rare, qu'il n'existe des lésions profondes du nerf; en ce cas, elle peut être définitive.
La paralysie est exceptionnellement bilatérale (Egdeworth).
IL Paralysie du membre supérieur. — Elle se manifeste aussitôt après la naissance et présente les caractères des paralysies radiculaires du plexus brachial.
Elle est exceptionnellement totale. Il existe alors une paralysie Jlasque de l'épaule, du bras, de l'avant-bras, de la main, de Yanesthésie au niveau de l'avant-bras et de la main, des troubles oculo-pupillair es (rétrécissement delà, fente palpébrale, myosis, etc.), et ultérieurement de ïatrophie musculaire., la réaction de dégénérescence.
Le plus habituellement la paralysie est partielle et du type supérieur (Duchenne, Erb). Elle porte sur les muscles thoracoscapulaires, le deltoïde, le biceps, le brachial antérieur. L'épaule est abaissée, le bras et l'avant-bras tombent inertes, la main est en pranation. Les mouvements des doigts, le mouvement d'extension de l'avant-bras sur le bras sont conservés. La sensibilité est intacte. Vatropliie musculaire, quand l'affection persiste, ne survient que tardivement et s'accompagne de réaction de dégénérescence.
Rarement il existe une paralysie funiculaire du nerf circonflexe, du nerf radial.
L'évolution des paralysies du membre supérieur varie suivant les cas. Le plus souvent elles sont passagères et guérissent en 2 ou 3 semaines, parfois en 2 ou 3 mois. Rarement elles sont définitives, incurables. Les paralysies consécutives à une présentation du sommet sont plus bénignes que celles dues à un accouchement par le siège. Lés réactions électriques et la recherche de la réaction de dégénérescence aident à fixer le pronostic.
Diagnostic. — 1. Paralysie faciale. — Elle peut passer
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inaperçue, quand l'enfant est an repos; elle devient évidente dès que l'enfant crie ou tète.
La cause est facile à reconnaître grâce aux commémoratifs de l'accouchement et à l'existence d'une contusion ou d'une plaie au-devant de V oreille. L?l paralysie faciale obstétricale par compression cérébrale (Budin) et lii paralysie faciale congénitale, due à Vagénésie-da rocher, kVagénésie des noyaux d'origine, sont exceptionnelles.
II. Paralysie du membre supérieur. — Elle se reconnaît facilement à Timmolnlité et à la déformation du membre. Le moment de son apparition et les commémoratifs de l'accouchement révèlent son origine.
Les paralysies d'origine cérébrale sont presque toujours hémiplégiques.
Les pseado-paralysies obstétricales par fracture ou luxation n'affectent pas la même localisation, sont douloureuses et décelables par la radiographie.
La pseudo-paralysie syphilitique de Parrot n'apparaît guère avant un mois et a des symptômes caractéristiques.
La paralysie infantile à type scapnlo-hwnéral ne se montre qu'à un âge plus avancé ; elle peut être difficile à différencier, en l'absence de commémoratifs. quand on voit un enfant déjà grand.
Traitement. — I. Paralysie faciale. — Habituellement, elle guérit toute seule. Quand elle persiste on a recours à Vélectrisation des niusrles (courants faradiques ou continus).
II. Paralysie du mem^bre supérieur. — Le traitement électrique doit être commencé de suite et prolongé dans les cas qui ne guérissent pas rapidement. On applique soit les courants faradiques (Duchenne), soit les courants continus (Erb, Onimus), suivant que les muscles réagissent bien ou mal au courant faradique. On y joint les frictions et le massage.