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Rougeole, forme aborlive (enfant de 2 ans

atteint 40-^0 ',5, le malade est dans un état typhoïde, le pouls est rapide, la dyspnée vive.

2° Une/o7-//j<- pulmonaire oiisuffocante : dès le début, la dyspnée est vive, angoissante, l'enfant se cyanose ; le tableau rappelle celui de la bronchite capillaire, mais l'auscultation ne décèle qu'un léger affaiblissement du murmure vésiculaire.

3° Une forme hémorragique, qui est rare. Aux symptômes de la forme nerveuse s'ajoutent des épistaxis, des hémorragies gastro-intestinales, des hématuries, des ecchymoses, des suffusions sanguines sous-cutanées.

Complications. — Ce sont les complications dues aux infections secondaires qui font la gravité de la rougeole. Elles portent surtout sur l'appareil respiratoire, alors que dans la scarlatine elles atteignent principalement le pharynx.

1^ Appareil respiratoire.— Les complications portant sur l'appareil respiratoire sont les plus fréquentes et les plus redoutables. Le catarrhe morbilleux des voies supérieures prédispose en effet aux infections secondaires (Bard, Gontier, Grancher, Sevestre, Hutinel, etc.), soit par des germes spécifiques (B. dé Lœffler, B. de Koch, etc.), soit par des bactéries banales (streptocoques, pneumocoques, staphylocoques, pneumobacilles de Friedlânder, bacilles de Pfeiffer, etc.). Suivant les circonstances il s'agit d'une hétéro-infection ou d'une autoinfection; dans ce cas, la rougeole exalte la virulence des germes de la bouche et des voies respiratoires, surtout chez les enfants dont le tissu lymphoïde du pharynx est hypertrophié et chez ceux qui ont eu antérieurement des infections des voies respiratoires. Parfois ces infections réalisent de petites é'pidémies et frappent successivement les enfants d'une même famille ou d'une môme salle d'hôpital. Elley surviennent surtout au-dessous de 3 ans, principalement dans les hôpitaux, et peuvent précéder, accompagner ou suivre l'éruption. La coexistence d'une épidémie de grippe augmente leur fréquence.

Nez et naso-pharynx. — On peut observer la rhinite (p. 56) et la rliino-pJiaryngite (p. 81) purulente, surtout chez les adénoïdiens; celle-ci entraîne souvent des otites moyennes, généralement suppurées et doubles, qui se compliquent quelquefois de mastoïdite.

Larynx. — A la période d'invasion la laryngite peut revêtir les allures de la laryngite striduleuse, du faux croup [p. 347] (.Sevestre et Bonnus). Pendant ou après l'éruption peuvent

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ûâies

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apparaître des laryngites ulcéreuses graves (p. 347) ou la laryngite diphtérique ; celle-ci peut être primitive, se développer sans angine antérieure; aussi le diagnostic est-il souvent difficile entre ces deux variétés.

Bronches et poumons. — La bronchite, phénomène constant, prend parfois une intensité inaccoutumée et se complique de poussées (ie congestion pulmonaire.

La broncho-pneumonie (p. 369) peut apparaître à la période d'invasion, pendant l'éruption ou pendant la convalescence. Celleci revêt, suivant les cas, la forme suraiguë, la forme aiguë (fig. 163, 164 et 165), la forme subaiguë et s'accompagne alors de dilatation des bronches (p. 382) {phtisie pneumonique morbilleuse de Carrette, broncho-pneumonie pseudo-tuberculeuse d'Hutinel).

Rougeole et broncho-|)neumonie lenfant de 14 mois).

Fig 164. — Rougeole et broncho-pneumonie (enfant de 3 ans).

Tuberculose. — Elle se développe assez souvent dans le décours de la rougeole; le plus souvent il s'agit du réveil d'une tuberculose latente et non d'une contagion récente. On voit alors la fièvre se montrer de nouveau après 8 à 13 jours d'interruption et l'affection évoluer souvent d'une façon aiguë,

sous forme de granulie ou de broncho-pneumonie caséeuse. La rougeole empêche la production de la cuti-réaction et

Fig 165. — Rougeole et broncho-pneumonie (enfant de 4 ans).

de Fintra-dermo-réaction à la tuberculine (Von Pirquet, Mantoux).

Coqueluche. — L'association de la coqueluche et de la rougeole (p. 472) est assez fréquente : tantôt la rougeole complique la coqueluche, dont les quintes s'atténuent généralement pendant l'éruption pour reprendre ensuite, tantôt la rougeole est la première en date. La rougeole accompagnée de coqueluche peut être ecchymotique. Cette association est souvent d'un mauvais pronostic, car elle facilite grandement les complications respiratoires.

Adénopathie trachéo-bronchique. — Elle est constante, mais généralement ne donne lieu à aucun symptôme ou n'est découverte que par l'examen attentif de la région du hile (p. 157). Quand elle est plus marquée, elle est consécutive aux complications broncho-pulmonaires ou de nature tuberculeuse.

Pleurésie. — 11 s'agit habituellement de p/e^re'sie />«raZéî/i/e totale ou localisée compliquant la broncho-pneumonie.

2'* Appareil digestif. — Les complications portant sur cet appareil sont plus rares et généralement moins graves que les précédentes.

On rencontre les diverses variétés de stomatites, notamment des stomatites ulcéreuses septiques (p. 27), plus rarement la stomatite diphtérique (p. 26) et la stomatite gangreneuse (p. 29), le muguet (p. 34); — des angines, des entérites quelquefois cholériformes ou dysentériformes, des appendicites surtout chez les enfants atteints de troubles digestifs antérieurs.

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3° Autres complications. — Au cours des broncho-pneumonies et des otites peuvent apparaître des complications méningées (méningite séreuse ou purulente), la phlébite des sinus.

On voit encore des conjonctivites purulentes, — des vulvites simples ou à gonocoques, —des abcès sous-cutanés, la gangrène de la peau, des érythèmes, qui peuvent précéder Téruption (érythèmes prémorbilleux) ou lui être consécutifs et sont liés généralement à des infections surajoutées (Hutinel), etc.

Associations morbides. — J'ai étudié l'association avec la diphtérie ip. 876), la tuberculose (p. 877), la coqueluche (p. 878).

L'association avec la scarlatine est assez commune. Si la scarlatine précède la rougeole de quelques jours, celle-ci est généralement grave et se complique de broncho-pneumonie souvent mortelle ; quand les deux maladies évoluent simultanément, le diagnostic est très difficile, mais le pronostic n'est pas notablement aggravé (Hutinel, Lereboullel).

Pronostic. — Le pronostic de la rougeole est variable :

1° Avec les pays et avec les milieux: elle est généralement bénigne à la campagne, plus grave dans les grandes villes (à Paris, elle tue un millier d'enfants chaque année) ; elle est pl-us bénigne chez les enfants soignés en ville que dans le milieu hospitalier ; dans les familles la mortalité ne dépasse pas 3 ou 4 p. 100, tandis qu'à Thôpital elle atteint 10 à 14 p. 100 et souvent :20 p. 100 (Hutinel et L. Martin) par suite des complications.

2" Avec le génie épidémique, consistant soit dans une gravité spéciale de la rougeole, soit dans l'existence d'épidémies associées (grippe;.

3» Avec les sujets : elle est surtout grave au-dessous de :2 ans, chez les enfants débilités, chez les enfants atteints antérieurement de bronchite, de broncho-pneumonie, d'entérite, de tuberculose, etc.

4*^ Avec les complications, notamment avec les complications respiratoires, qui règlent en grande partie le pronostic.

Diagnostic. — Le diagnostic, qui peut être soupçonné à la période d'invasion, où le signe de Koplik a une grande valeur, ne peut être affirmé qu'au moment de l'éruption. Celleci est la plupart du temps caractéristique. Elle est à distinguer de la rubéole {p. 885;, des roséoles, des érytiièmes morbilliformes infectieux et toxiques (p. 895), de la scarlatine.

Prophylaxie. — Les enfants atteints de rougeole sont isolés.

I. 'isolement, pour ôtre utile, doit être fait dès le début de la période d'invasion ; il n'y a aucune utilité à le prolonger plus de 15 jours après le début de l'éruption.

Il faut de plus isoler les enfants susperls de rougeole pendsiul les 15 jours qui suivent le moment de la contagion possible.

Chez les enfants atteints de rougeole,*il ne faut pas se borner à l'isolement CM bloc, il îaui aussi réaliser F isolement partientier des enjants atteints d'infeetions secondaires, notamment de broncho-pneumonies ; on diminue ainsi beaucoup la mortalité par rougeole : par ce procédé, elle est tombée, à l'hospice des Enfants-Assistés, en 10 ans, de 50 p. 400 à 12 p. 100 (Hutinel).

La déclaration et la désinfection sont obligatoires. Celle-ci, de l'avis général, n'est indispensable qu'au cas d'infections secondaires.

Traitement. — Le traitement de la rougeole normale est simple. L'enfant est mis dans une pièce bien aérée (l),à une température de 16" ou 17°, et maintenu au lit. On prescrit du lait, ou même uniquement de l'eau ou des tisanes chaudes pendant les 3 ou 4 premiers jours, en y ajoutant au besoin un peu de sel (Nohocourt et Prosper Merklen) ; dès que la fièvre est tombée on revient à l'alimentation normale. On ordonne une potion à Vacétate d'ammoniaque. On veille à la propreté de la peau (bains chauds s'il est nécessaire), de la gorge (lavages), du nez (instillations d'huile goménolée ou camphrée et de la bouche). Chez les enfants qui ont une bronchite un peu intense et présentent des menaces de broncho-pneumonie, il ne faut pas hésiter à donner des bains chauds.

Les formes 'malignes nécessitent une intervention active. On prescrit des bains tiedes ou même froids, des injections d'huile camphrée, d'élher, de sulfate de strychnine et de sulfate de spartéinc. Dans la /orme suffocante la saignée générale ou les ventouses scarifiées soulagent le malade. Dans]a/or/»e hémorragique, les bains sont généralement contre-indiqués.

Les complications comportent leurs indications thérapeutiques propres.

1. L'emploi de la lumièrerouge (Ctialinière, Beckmann) n'a pas d'avantages bien appréciables.

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