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VOMISSEMENTS

phragme. Cette contraction peut être d'ordre réflexe, c'est-àdire consécutive à une irritation péripliérique, ou avoir son origine dans les centres nerveux eux-mêmes. Même dans les vomissements réflexes, lexcilabilité propre des centres nerveux intervient d'une façon plus ou moins marquée ; elle explique la facilité avec laquelle certains enfants vomissent.

Les vomissements sont précédés de nausées et accompagnés d'efforts plus ou moins grands ; mais ces phénomènes sont minimes ou nuls chez les nourrissons. Ils ont une abondance variable. Ils sont alimentaires (lait caillé, etc.), muqueux, bilieux, rarement fécaloïdes ; leur odeur est aigre, butyrique ou fétide ; l'analyse chimique peut y déceler des substances particulières. Parfois ils contiennent du sang (Hèmatémhes, p. 174). Tous ces caractères ont leur importance au point de vue sémiologique.

Ce qui importe surtout, à côté de l'étude du symptôme luimême, c'est la. recherche des phénomènes morbides concomitants et descauses, qui conduit à une thérapeutique raisonnée.

Étiologie. — Les causes des vomissements sont nombreuses et assez souvent difficiles à préciser ; certains bébés sont des vomisseurs, sans qu'on sache pourquoi.

1° En première ligne, il faut placer les vomissements d'origine alimentaire. Les principales variétés étiologiques sont :

a) L'ingestion trop rapide ou en trop grande quantité des aliments. C'est une véritable indigestion que l'on rencontre chez des enfants de tous âges et en particulier chez les nourrissons.

b) La suralimentation ou 1 insuffisance d'alimentation.

c) La nature des aliments. — L'usage prématuré de bouillies, de panades chez le nourrisson, l'usage d'aliments grossièrement préparés sont des causes de vomissements. De même l'ingestion de lait ou d'autres aliments altérés.

Chez le nourrisson, interviennent parfois soit la composition chimique du knt, trop pauvre ou trop ri^he en beurre ou en caséine, soit la présence dans le lait de produits éméiisants éliminés par la mamelle. Ces derniers proviennent de l'alimentation, d'un état physiologique ou pathologique. J'ai indiqué ces facteurs à l'étiologie des affections gastro-intestinales (p. 150).

Inversement on peut parfois invoquer un retard dans la dissolution du coagulum de caséine, qui ne peut franchir le pylore.

d) Des susceptibilités individuelles pour certains aliments : lait, œufs, etc. ; il s'agit d'idionyncrasie ou d'anaphylaxie (Hutinel).

2" Dans certains cas, les vomissements sont liés à des troubles fonctionnels ou à des lésions des voies digestives. Chez le nourrisson, ils peuvent êlre provoqués par une e.cciiabUUé gastrique exagérée ou par une insuffisance des sécrétions gastriques. Dans ce cas, il rejette une heure. ou ^ après la tétée une grande quantité du lait non coagulé (Comby).

Les vomissements par aérophagie sont fréquents chez les nourrissons (Guinon, Lesage, Leven et Barret, etc.). Normalement le bébé déglutit de l'air pendant la tétée, mais cet air est évacué à mesure que l'estomac se remplit de lait, comme le montre la radioscopie (fig. IKj. ^uand il ingère peu de lait (hypogalactie de la nourrice, position défectueuse du biberon, etc.), l'estomac est distendu par l'air, jusqu'au moment où se produit une contraction réflexe qui évacue le contenu (fig. 28). Parfois, la sortie de l'air est empêchée par un spasme du cardia.

Les contractions spasmodiques de l'estomac interviennent assez souvent: gastrite spasmodique (YsiViot), spasme du cardia, constaté à la radiographie par Lesage, Leven et Barret, par Méry, Guillemot et Arrivé, spasme du pylore (p. 196).

Dans d'autres circonètances, chez le nourrisson et chez les enfants plus âgés, les vomissements sont des symptômes des affections gastro-intestinales, des atrésies et des sténoses du pylore ou de Vintestin, de la maladie de Hirschsprung, des colites, des | appendicites', des occlusions intestinales, des hernies, de ïhelmin- ^ ^ lliiase intestinale, etc.

3° Les vomissements peuvent être symptomatiques de diverses affections.

Fjg. 2«. — E.xamen radioscopique de l'eslc-mac d'un nourrisson aérophage (Leven et Barrel).

VOMISSE ME \TS i»l

On les observe dans les périlonites aiguës et chroniques, les affections du foie, des voies biliaires, des reins, des voies urinaires. Ils sont provoqués par des processus divers.

Assez souvent ils sont amenés par la toux et dus à la coqueluche., à une adénopathie trachéo-bronchiqae, à des affections aiguës ou chroniques du pharynx, du larynx, des bronches, des poumons, de la plèvre.

Ils constituent un symptôme plus ou moins habituel au début des pyre.cies, surtout quand la température s'élève rapidement : angine, scarlatine, rougeole, pneumonie, fièvre typhoïde, etc. Ils sont, chez l'enfant, l'équivalent du frisson de l'adulte.

Il faut encore citer diverses inloxications et les médications vomitives.

i" Les vomissements sont fréquents dans les affections du système nerveux: méningites aiguës et tuberculeuses, tumeurs cérébrales., paralysies diphtériques, etc.

Assez souvent ils sont de nature névropathique et se rencontrent chez des grands enfants, hystériques ou non ; ils s'associent alors volontiers à Vanore.cie mentale.

5*^ Une place à part doit être réservée aux vomissemenis périodiques (p. 18:2).

Traitement. — Le traitement des vomissements eslsymptomatique et, autant que possible, étiologique.

1° Traitement symptomatique . — On prescrit la diète absolue ou la diète hydrique (eau bouillie, eau de \a\s, eau de Vichy, etc.).

Si les vomissements se prolongent et s'accompagnent de déperditions aqueuses importantes, on fait des injections souscutanées de sérum physiologique ou le goutte à goutte rectal.

Au besoin on a recours à ïeaa chloroformée, à la potion de Rivière, au citrate de soude, etc.

D'une façon générale, on emploie avec de bons résultats chez les bébés vomisseurs, quand un traitement étiologique n'est pas nettement indiqué : du lait condensé hypersucrê ou du lait hypersucrê avant la stérilisation (Variot). du Kéfir n° 2, du lait sec en dilution concentrée, le régime sec (Gallois;, l'addition d'une petite quantité de farine d'avoine ou de froment au lait chaud (Variot), les bouillies maltosées, les bouillies épaisses à l'eau, au bouillon de légumes ou au lait. Quand on restreint la quantité d'eau dans le régime, il est utile d'introduire du sérum physiologique dans l'intestin.

'â" Traitement étiologique. — Il est naturellement variable suivant la cause.

Quand les vomissements ont une origine alimentaire, on fixe la ration, on réglemente les repas, on supprime les aliments incriminés, on choisit des alinwnis convenables, on modifie le régime de la nourrice, etc.

S'il s'agit d'une intolérance pour le lait, on change l'alimentation.

Les vomissements par aérophagie disparaissent souvent par la suppression des causes qui provoquent cette dernière.

Dans les états spasmodiques, on maintient des compresses chaudes sur l'épigastre, on donne du citrate de soude (Variot), de l'eau chloroformée et même de la cocaïne ou de la stovaïne. On modifie le volume et la fréquence des repas, on change de lait, etc. : dans des cas de spasme du cardia, des tétées peu abondantes et rapprochées fLesage, Leven et Barret) ou remploi de bouillies épaisses (Méry, Guillemot et Arrivé) ont amené la guérison. Dans le spasme du pylore, on se comporte comme il est dit plus loin (p. 199).

Dans les vomissements liés à des troubles de la sécrétion gastrique, le lab-ferment ou Vatural ajoutés au lait, la papaïne, le suc gastrique donnent de bons résultats (Comby, J. Lemaire).

Quand les vomissements sont symptomatiques d'affections caractérisées, c'est le traitement de ces dernières qu'il faut instituer.

Contre les vomissements névropathiques des grands enfants, la psychothérapie et parfois l'isolement ont une action rapide.

Vomissements périodiques.

Les vomissements périodiques, appelés encore vomissements cycliques, vomissements récurrents, vomissements à répétition, vomissements avec acètonurie consistent en des crises de vomissements, à début brusque et de durée variable, qui reviennent à intervalles plus ou moins longs pendant l'enfance du malade.

Observés pour la première fois en France par Gruère (1841) et plus tard bien décrits par Lombard (1861), ces vomissements ont surtout été étudiés par les médecins américains : Gee (188-2), Snow (1893), Holt (ISDTj, Pachford (1897), Withney (1898), Griffith (1900), etc. En France, ils ont donné lieu aux

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