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DYSENTERIE 23.T

Lalorme aiguë, plus fréquente chez l'enfant que chez l'adulte, a une invasion brusque, marquée par de la ûèvve (38-39°), de la courbature, des vomissements, des douleurs de ventre, de la diarrhée fétide. Puis apparaissent les symptômes caractéristiques, tandis que la fièvre tombe. Abandonnée à elle-même, l'affection se prolonge ; par le traitement elle peut guérir rapidement.

La forme subaiguë débute par des douleurs abdominales, de la diarrhée fétide, sans fièvre ou avec une légère élévation de température. Puis les selles deviennent glaireuses, sanglantes et la maladie est constituée.

La forme chronique débute insidieusement par l'apparition des selles dysentériques, qui s'installent peu à peu. Dans les cas légers, les plus communs chez l'enfant, l'état général reste bon, il n'y a pas de fièvre, les évacuations sont peu nombreuses. Dans les cas graves, l'état général est très touché, il y a de la fièvre, les évacuations sont nombreuses, les douleurs sont vives, etc.

Quel que soit le mode de début, la maladie a toujours tendance à se prolonger, soit sans modifications, soit avec des rémissions et des poussées successives. L'enfant s'anémie; dan&^" le sang il y a de l'hypoglobulie, une légère diminution de l'hémoglobine et de l'éosinophilie (Olinto de Oliveira); parfois, il se produit un léger œdème transitoire de la face et des extrémités, sans lésions des reins; Vappétit est conservé; le /oie est tuméfié.

2° La[dysenterie bacillaire, après une incubation de 2 ou 3 jours, a un début brusque ou progressif. On peut distinguer plusieui^ formes.

La forme légère n'est pas rare chez l'enfant (Auché) ; elle setraduit par une diarrhée glaireuse, sans grande douleur.

La forme ordinaire a généralement un début brusque ou rapide. En quelques heures le syndrome dysentérique se constitue. La fièvre est nulle ou minime. La maladie s'amende généralement en 3 à 10 jours.

La forme grave donne lieu à une fièvre vive, qui peut rappeler la courbe de la fièvre typhoïde, à des symptômes généraux intenses.

La forme prolongée fait suite aux formes précédentes. 11 y a persistance des symptômes dysentériques ou parfois diarrhée banale (HaushalterV Elle s'accompagne d'un état cachectique.

Complications. — On peut observer des hémorragies intestinales mortelles, la perforation de Vintestin, le rétrécissement cicatriciel du côlon, le prolapsus du rectum, des abcès du foie, propres à la dysenterie amibienne et exceptionnels chez l'enfant (p. 279), des arthropathies, des paralysies, des convulsions, des myocardites, des endocardites, des phlébites des broncho-pneumonies, des néphrites, des œdèmes. D'une façon générale, ces complications sont plus rares chez l'enfant que chez Tadulte.

Pronostic. — Le pronostic varie avec la variété de dysenterie observée. La dysenterie amibienne est relativement bénigne; elle cause plus rarement la mort que chez l'adulte. Dans la dysenterie bacillaire, la mortalité atteint 50 p. 100 dans la première année, 30 p. 100 ensuite (Kruse); le traitement diminue notablement la gravité de l'affection.

Diagnostic. — Le diagnostic se fonde sur les conditions étioloyiques, les caractères cliniques, Vétude bactériologiciue des Jèces, qui décèle l'amibe ou le bacille, V agglutination des bacilles par le sérum du malade dans les dysenteries bacillaires. Les recherches de laboratoire sont souvent nécessaires pour différencier la dysenterie des colites dysentériformes (p. 225).

Prophylaxie. — Il faut isoler les dysentériques et prendre les précautions d'usage dans les maladies infectieuse* : lavage des mains, désinfection des déjections, du linge, etc.

Traitement. — 1° Dysenterie bacillaire. — On injecte du sérum antidysentérique : 10 ou 20 centimètres cubes avant 6 mois, 20 à .^0 centimètres cubes après cet âge (sérum de Vaillard et Dopter préparé à l'Institut Pasteur de Paris), en réglant la dose suivant la gravité de la maladie. On renouvelle les injections le lendemain et le surlendemain, en se guidant sur l'état des selles; on continue l'emploi des doses décroissantes dans les formes sévères.

La sérothérapie donne de bons résultats : chez les enfants âgés de quelques mois à 10 ans, elle a fait tomber la mortalité de 25 ou 30 p. 100 à 5 p. 100 (Kruse).

A défaut, on a recours au traitement médicamenteux.

Sulfate de soudée à dose purgative ou à doses faibles pendant plusieurs jours.

Ipéca à la Brésilienne ou en lavement.

Les instillations rectales goutte à goutte de sérum physiologique chaud, additionné ou non de bleu de méthylène à

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