DYSENTERIE
contre annuellement une cinquantaine de cas sur près de 3.000 enfants atteints de maladies diverses. Elle n'existe pas avant 1 an, est exceptionnelle de 1 à 2 ans et devient plus fréquente ensuite.
Elle n'est pas habituellement contagieuse ; Olinto de Oliveira a cependant observé chez les enfants la contagion dans 10 p. 100 des cas. Ses causes sont mal connues: l'eau de boisson ne paraît pas jouer un rôle bien actif; l'ingestion des fruits altérés est plus importante.
Dans les selles des enfants atteints de dysenterie amibienne on rencontre d'autres parasites: Trichomonas intestinalis, Lamblia intestinalis, Anguillula stercoralis, bactéries diverses (Olintja de Oliveira).
2° La dysenterie bacillaire est une maladie épidéniique et conkujieuse des pays tempérés et tropicaux : France, Allemagne, Italie, Russie, Japon, Philippines, États-Unis, etc. Les épidémies se produisent principalement pendant la saison ciiaiule. Cette maladie se rencontre chez les enfants comme chez les adultes; Mason Knox (1904) à Baltimore, K. Leiner (1904) à Vienne, Auché et M^^" Campana (1905) à Bordeaux, Ribadeau-Dumas et Burnier, Lesné (1906) à Paris, etc., l'ont spécialement étudiée chez eux. Elle s'observe à toutes les périodes de l'enfance et atteint avec une fréquence particulière les enfants de moins d'un an (Mason Knox).
Le bacille de la dysenterie a été rencontré dans les diarrhées d'été des nourrissons surtout en Amérique, par Duval et Basset (1002), Flexner et Emmet-Holt (1904); Veaver, Tunnicliff, Heinemann et Michael (1905); quelquefois à Paris par Lesage et à Bordeaux par Auché et M'^^ Campana. Mais son rôle paraît tout à fait restreint dans nos climats (p. 153).
D'une façon générale, la dysenterie frappe surtout les enfants dont le tube digestif est en mauvais état, les débilités, etc.
Anatomie pathologique. — 1° Les lésions de la dysenterie amibienne sont localisées au gros intestin; exceptionnellement elles intéressent une petite portion de l'intestin grêle et l'appendice. Les parois intestinales sont contractées et très épaissies, surtout au niveau de la sous-muqueuse. La surface interne, hyperhémiée ou pâle, présente des foyers de nécrose et des ulcérations plus ou moins nombreuses, qui peuvent être microscopiques ou atteindre plusieurs centimètres, et sont séparées par du tissii légèrement congestionné et épaissi. Les
ulcérations sontcratériformes, taillées à l'emporte-pièce ; leiir^ bords sont épaissis, décollés, forment bourrelet, ont une coloration gris rosé ou ardoise; elles atteignent la musculeuse et même la séreuse ; leur fond est recouvert d'une bouillie épaisse, grisâtre, mêlée de sang, quelquefois d'une escarre, qui peut être gangreneuse, ou d'une membrane fîbrineuse blanchâtre. Les follicules clos sont gros et abcédés.
Les lésions, qui aboutissent à l'ulcération, débutent dans la sous-muqueuse; elles consistent surtout dans la nécrose de coagulation.
2** La dysenterie bacillaire est caractérisée par l'épaississement du côlon, par la formation de membranes et d'ulcérations, débutant par la surface de la muqueuse, généralement superficielles, quelquefois profondes, de formes irrégulières, à bords ni épaissis ni décollés, à base indurée. Les follicules ne sont pris que secondairement. Les (jonglions mésentériques sont gros et rouges.
Les caractères anatomiques, que je viens de résumer, n'ont rien de spécial à l'enfance.
Symptômes. — La dysenterie est caractérisée par des ofof(leurs et par Vaspect des selles.
Les douleurs siègentau niveau de l'anus et sur le trajet du côlon; elles sont permanentes et s'accompagnent de paroxysmes, sous forme de coliques, d'épreintes, de ténesme rectal, qui surviennent brusquement, arrachent des cris à l'enfant et souvent ne prennent fin qu'après l'expulsion d'une petite quantité de matières.
Les selles sont d'abord constituées par du mucus mêlé de sang, comparables à du blanc d'œuf, à du frai de grenouille, au crachat pneumonique; plus tard elles deviennent séreuses, séro-sanguinolenles, lavure de chair, et renferment souvent des lambeaux de muqueuse sphacélée ; parfois elles sont sanieuses, purulentes, hémorragiques ; il y a de plus des débris de matières fécales verts, jaunâtres ou brunâtres. Leur odeur est tantôt peu marquée, tantôt extrêmement fétide. Leur volume est souvent très minime. Leur nombre peut être considérable; elles se répètent souvent plusieurs fois par heure. Leur émission est douloureuse.
Vanus, contracture au début, est ensuite béant, rouge; parfois il y a du prolapsus de la muqueuse rectale.
Formes cliniques. — 1« La dysenterie amibienne peut être aiguë, snbaiguë ou chronique.