I. — Le foie dans les maladies toxi-infectieuses
Le foie de l'enfant peut présenter des lésions infectieuses spécifiques, tubercules, syphilomes, qui méritent une étude spéciale. Bien plus fréquentes sont les lésions banales, qui apparaissent au cours des maladies infectieuses et toxiques; elles jouent un rôle souvent important dans leur évolution et comportent certaines indications thérapeutiques; elles s'observent notamment dans la diphtérie, la scarlatine, la pneumonie, les broncho-pneumonies, lafièvretyphoïde, les affections gastrointestinales, etc. Sans entrer dans le détail, je décris seulement le foie infectieux, les stéatoses hépatiques, Y infiltration aniyloïde. Les abcès du foie sont étudiés à part.
A. — Foie infectieux. — Anatomie Pathologique. — Le foie est gros, mou, rouge, congestionné ou pale, jaune clair, marbré de rouge ou de violet, parfois ecchymotique. Souvent à sa face convexe s'observent des taches blanches (Hanot): elles sont dues presque toujours à la pression exer-. cée par le doigt.
Examen histologique. — 1° Dans un premier stade, il y a congestion active : les capillaires sont dilatés dans les zones péri-sus-hépatiques et péri-portales, remplis d'hématies et de leucocytes disposés le long des parois ; leurs cellules endothéliales sont tuméfiées.
Dans certaines infections retentissant sur le cœur, soit directement, soit secondairement à une néphrite, dans la scarlatine par exemple, la dilatation parfois très marquée de cœur peut déterminer une congestion passive du foie.
2'^ Dans un deuxième stade, il y a plutôt de ïdiiémie due à la compression des capillaires par les cellules hépatiques augmentées de volume. Les cellules sont atteintes de dégénérescences variées : tuméfaction trouble, dégénérescence transparente, hyaline, vitreuse, graisseuse. Les lésions sont généralement localisées ; la dégénérescence graisseuse toutefois est souvent généralisée et intense. Le tissu conjonctif présente une infiltration leucocytaire diffuse inter et inlra-lobiilaire et des nodules infectieux iritra-lobulaires.
3° Dans un troisième stade, d'ailleurs exceptionnel, les lésions du tissu conjonctif aboutissent à la formation d'un tissu de sclérose, généralement peu accentuée. D'autre part il peut se développer de V infiltration ainyloïde.
Les lésions hépatiques diffèrent snivant lintensité et la durée plus que suivant la variété de l'infection .
Symptômes. — Ce sont la tuméfaction du foie, avec ou sans sensation de pesanteur et douleurs dans l'hypocondre droit, Voligiirie, la coloration foncée des urines, la diminution ou VaiKjmentation de Vurée, Vurobilinurie, quelquefois la glycosurie alimentaire, du subictère, rarement Victère vrai. Il faut y joindre, dans certains cas, des hémorragies cutanées et muqueuses (purpura), des érythèmes toxi-infectieux.
B. — Stéatoses hépatiques. — La graisse est un élément constituant de la cellule hépatique normale aussi bien chez l'enfant que chez l'adulte. Chez le nourrisson même, à l'état physiologique, il y a plus de graisse qu'aux autres âges ; cette surcharge est due à l'alimentation lactée, riche en beurre, car elle disparaît après le sevrage. C'est là une des raisons de la fréquence et de l'intensité des stéatoses hépatiques dans les maladies de l'enfance.
Étiologie. — La stéatose hépatique chez l'enfant relève de causes nombreuses.
1° Stéatoses par exagération de l'état physiologique, chez les enfants gros mangeurs, sédentaires, obèses.
2° Stéatoseà dans les intoxications par le phosphore, l'arsenic, l'antimoine, etc., surtout dans l'intoxication alcoolique. Elles sont particulièrement fréquentes chez les alcooliques jeunes et s'accompagnent ou non de cirrhose; en tout cas l'alcool n'intervient que rarement chez l'enfant, dans la plupart des pays, tout au moins.
3" Stéatoses dans les infections. — Elles s'observent dans les Infections aiguës graves, dont l'évolution comporte une cer-