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LE FUIE DANS LES MALADIES TOXI-IXFECTIEUSES

taine durée, et dans les infections subai(juës et chroniques cachectisantes. On les voit dans les rougeoles et les scarlatines graves, les varioles malignes. liémorragiques.Jes érythèmes infectieux, lesdiphtéries malignes,, les broncho-pneumonies: dans ces divers cas, elles sont souvent liées à l'infection streptococcique, bien qu'on puisse les produire expérimentalement avec la toxine diphtérique (Claude) ou avec le bacille de Lœffler (Houx et Versin). On les voit encore dans la fièvre typhoïde, dans la tuberculose aiguë généralisée (Aviragnet), dans la tuberculose chronique, dans les tuberculoses péritonéales, osseuses et ganglionnaires, dans les suppurations prolongées, etc.

4« Stéatoses dans les affections gastro-intestinales des nourrissons. — Elles se produisent dans les formes aiguës et surtout dans les formes subaiguës ou chroniques (p. UG).

Anatomie pathologique. — Dans les stéatoses hépatiques de l'enfance, il s'agit tantôt de surcharge. graisseuse , tantôt de dégénérescence graisseuse. On différencie ces deux états par les caractères de la graisse et surtout par Tintégrité du noyau dans le premier, son altération dans le second. La distinction est d'ailleurs souvent difticile à faire et il est probable que les deux processus sont parfois simultanés. La dégénérescence graisseuse s'associe aux lésions du foie infectieux, décrites plus haut (p. 27oi; elle atteint son plus haut degré dans l'ictère grave, rare chez l'enfant.

Les cirrhoses graisseuses subaigaës [cirrhose atropJiique à marclie aiguë de Hanot), dues à l'alcoolisme et à la tuberculose, ne se rencontrent pas chez l'enfant; les cirrhoses graisseuses aiguës {cirrhose graisseuse hypertrophique d'Hutinel) se voient quelquefois, mais plus rarement que chez l'adulte.

Symptômes. — Il n'y a pas de symptôme caractéristique de la stéatose hépatique.

La dégénérescence graisseuse rentre dans la description du foie infectieux et de Viclère grave.

La surcharge graisseuse, quand elle est très marquée, donne lieu à une hépatoniégalie parfois considérable : le foie est indolent; sa consistance est normale ou molle, pâteuse; le bord inférieur est mousse. Quelquefois il existe des. troubles du chiniisnie hépatique : glycosurie alimentaire, indicanurie, hypoazoturie, acholie pigmentaire. Les autres troubles observés relèvent autant de la maladie causale que de la stéatose.

Diagnostic. — Il ne peut être que présumé au cours des

états pathologiques, susceptibles de déterminer la stéatose. Pronostic. — Il dépend de la cause. Cependant la stéatose hépatique aggrave l'affection première et, d'autre part, rend le malade moins résistant aux infections intercurrentes.

C. — Infiltration amyîoïde. — L'infiltration amyloïde du foie est fréquente chez l'enfant. Ellle est associée généralement à celle d'autres organes, des reins en particulier.

Étiologie. — Elle est exceptionnelle dans les infections aiguës bien qu'elle ait été vue dans la diphtérie gangreneuse du pharynx (Comba). Elle s'observe généralement dans les infections chroniques : tuberculoses suppurées des os, des articulations, des ganglions, tuberculose cavitairedes poumons, pleurésies purulentes; — dans la cachexie paludéenne, etc.; — dans les infections broncho-pulmonaires chroniques, etc. Elle est rare dans la syphilis héréditaire précoce et, quand elle existe, est localisée autour des gommes (p. 28:2). Elle est plus fréquente dans la syphilis héréditaire tardive.

Anatomie pathologique. Pathogénie. — Le foie est gros, ferme, pâteux; sa coupe est exsangue, miroitante, comme cireuse. Diverses réactions colorantes spéciales montrent la localisation de l'amyloïde sur les vaisseaux; les cellules hépatiques restent longtemps intactes.

La pathogénie est encore mal élucidée.

Symptômes. Diagnostic. — Le foie est hypertrophié en totalité, lisse; il a une consistance ferme et un peu pâteuse; son bord inférieur est mousse. 11 n'y a pas de signes d'insuffisance hépatique.

Généralement il y a de la splénoniégalie, de la diarrhée elde V albuminurie, dues à l'infiltration amyloïde de la rate, de l'intestin, des reins.

Vétat général est très touché ; l'enfant est d'une pâleur cireuse, cachectique.

Pronostic. — La mort est la terminaison fatale par suite des progrès de la maladie causale.

IL — Abcès du foie.

L'abcès du foie n'est pas aussi rare chez l'enfant qu'il a été dit et le nombre des observations publiées est assez considérable. Il a été étudié principalement par Bernhardt (1886), Masser (1890), Leblond (1892), Moncorvo (1899), Oddo (1901), Legrand (1906), etc.

ABCES DU FOIE 27 i)

Étiologie. — Les causes sont les mêmes que chez radulle; certaines d'entre elles interviennent plus spécialement chez Tenfant, tandis que d'autres sont exceptionnelles ^.

Les angiocholites et la dysenterie, causes *si importantes de suppuration hépatique chez l'adulte, ne jouent qu'un rôle infime dans l'enfance : pour l'abcès dysentérique, Zanc^rol sur 600 cas n'en a pas observé un seul chez l'enfant ; Oddo n'a pu en réunir que 13 cas; Olinto de Oliveira (11)U3), au Bré sil, n'en a vu que 3 cas chez des nourrissons de o, 17 et 21 mois.

Par contre les contusions de Vabdonien, principalement celles de la région hépatique, qui provoquent exceptionnellement Labcès du foie chez l'adulte, le déterminent d'une façon relativement fréquente chez l'enfant fLeblond, Moncour, Oddo). De même les abcès causés par 1' Uca/'is lonibricoides remontant dans le foie par les canaux biliaires, les abcès dus à la pliléhite de la veine ombilicale chez les noiivcaa^nés, exceptionnels d'ailleurs, sont spéciaux à l'enfance.

Les abcès consécutifs aux affections ulcéreuses du tube digestif, dus à une infection réalisée par la veine porte, sont rares chez l'enfant. L'appendicite, toutefois, est une cause relativement fréquente de suppurations hépatiques dans l'enfance : sur 24 cas, 5 ont été rencontrés entre 5 et 10 ans et 3 de 10 à lo ans (Berthelin); ces abcès peuvent survenir dans toutes les formes d'appendicite, mais principalement dans les formes larvées de longue durée.

Les abcès hépatiques au cours des septicémies et pyohémies (infection par l'artère hépatique) ne sont pas très fréquents.

Les abcès tuberculeux (Lannelongue), bien que rares, s'observent plus souvent chez l'enfant que chez l'adulte (Oddo).

Anatomie pathologique. Bactériologie. — Les abcès du foie se présentent sous des aspects assez dilTérents suivant leurs causes.

Les grands rt6cès, habituellement dus à la dysenterie, sont rares; cependant l'abcès traumatique est généralement unique et volumineux (Oddo).

Les petits abcès et les abcès aréolaires s'observent le plus souvent. Les petits abcès sont d'origine métasta tique et liés aune infection générale; les abcès aréolaires sont dus aux Ascarides et à l'appendicite. Suivant les cas, les uns et les

i. Le kyste hydalique suppuré est étudié plus loin.

autres sont attribuables au streptocoque, au stapliylocoque.. au colibacille, etc.

Les abcès tuberculeux forment une ou plusieurs coUectiongvolumineuses, à contenu granuleux, verdàtre, pauvre en bacilles de Koch, entouré d'une masse caséeuse et d'une paroi conjonctive; ils ont tendance à évoluer vers la face convexe et à produire des suppurations sous-diaphragmatiques.

Symptômes. Formes cliniques. — Les abcès du foie donnent lieu : l** à des phénomènes généraux et fonctionnels : S** à des phénomènes locaux.

1° Les phénomènes généraux et fonctionnels sont: \b. fièvre,. qui est continue ou rémittente à gi-andes oscillations ou intermittente, les frissons, les sueurs, Vamaigrissement, \estrouble< digestifs (vomissements bilieux, anorexie, diarrhée), le subictère, etc.

2° Les phénomènes locaux sont : la douleur de l'hypocondredroit, fixe, irradiant vers l'épaule droite, le ventre, les cuisses, spontanée ou provoquée par les mouvements, les cris, la palpation ; Vévasement de la base du thorax; Vaugmentation de volume du foie qui esi régulier ou présente des bosselures et peut former tumeur, etc.

Rarement d'ailleurs la symptomatologie est au complet, car il n'y a guère que des abcès dysentériques qui puissent la réaliser.

On distingue plusieurs formes cliniques (^Oddo).

a. Formes communes. — Il y a de la douleur, de la fièvre, et c» Puis le foie se tuméfie, la base droite du thorax se déforme,une voussure apparaît dans la région hépatique, accompagnée de rougeur, d'œdème, de fluctuation. Parfois l'hépatomégalie existe sans voussure.

b. Formes latentes. — Ce sont les plus fréquentes chez l'enfant. Les symptômes hépatiques restent masqués, tantôt par suite de la prédominance de symptômes dus à une localisation extra-hépatique (pleurésie purulente, appendicite par exemple), tantôt par suite de la gravité des phénomènes généraux, qui font penser à une fièvre typhoïde, à une granulie, à une méningite.

c. Formes mixtes. — Les phénomènes généraux attirent seuls tout d'abord l'attention; puis, au bout de quelque temps, apparaissent des symptômes hépatiques.

Variétés étiologiques. — Les formes symptomatiques sont liées, dans une certaine mesure, aux conditions étiologiques.-

SyPllILIS IlEPATinUE 281

Les abcès traumatiques se développent après une période latente de quelques jours à quelques mois. Us donnent lieu, plus ou moins rapidement, à la formation dune hépatomégalie volumineuse avec tuméfaction localisée.

Les abcès verinineax provoquent de l'hépatomégalie simple.

Les abcès septicémiques sont souvent latents et masqués par les phénomènes généraux.

Les abcès d'origine appendicalaire ont une évolution particulière (p. 2o2).

Les abcès tuberculeux ont une évolution insidieuse.

Les abcès dysentériques n'ont pas dhistoire clinique propre à l'enfance.

Pronostic. — Il dépend de la maladie causale, de l'évolution de l'abcès, du mode de traitement.

La mort est la terminaison habituelle; elle peut être le résultat de la maladie causale, de la cachexie progressive, d'une complication due à la progression du pus (pleurésie purulente, abcès du poumon, péritonite, etc.).

Diagnostic. — Le diagnostic d'abcès du foie est difficile. Il est basé sur la coexistence des phénomènes généraux avec une hypertrophie ou une tumeur hépatiques douloureuses Mais ces symptômes locaux manquent souvent et peuvent, d'autre part, être le fait d'un kyste fiydaticiue ou d'une suppuration péri-tiépatique.

La ponction exploratrice est indiquée, si on soupçonne le pus. L'examen du sang, qui décèle une hyperleucocylose polynucléaire, indique la présence du pus, quand elle dépasse 30.000.

Traitement. — Les abcès dysentériques sont justiciables des injections de chlorhydrate d'éme'/i/je.Mais le seul traitement' quand le pus est constaté, est V ouverture de la coUectioi . Encore l'intervention chirurgicale ne doit-elle être tentée que dans le cas d'un abcès volumineux: bien souvent elle n'est pas indiquée et serait inefficace.

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