I. — Péritonites aiguës non tuberculeuses
Les péritonites aiguës de Fenfance relèvent des mêmes ^causes générales qu'à l'âge adulte ; elles ont cependant une étiologie un peu spéciale et, dans certains cas, une physionomie particulière.
Etiologie. — Les inflammations aiguës du péritoine s'observent chez les enfants de tous les âges. Chez le nouveau-né il existe des péritonites congénitales ou fœtales et assez souvent des péritonites dues à une infection réalisée pendant l'accouchement ou peu après la naissance. Chez le nourrisson, les péritonites sont rares. A partir de 5 ans, elles deviennent assez communes. Dans tous les cas, elles résultent de la pénétration de germes pathogènes dans la séreuse péritonéale, qui normalement est aseptique.
i" Les germes peuvent pénétrer par une plaie acciden-
PERITONITES AIGUËS NON TUBERCULEUSES 325
telle ou chirurgicale de l'abdomen, il n'y a là rien de particulier à leniance.
2^' Les germes peuvent provenir des organes inira-ahdominaux normalement ou pathologiquement infectés, ou dun foyer infectieux de voisinage, soit par perforation, soit par propagation lymphatique ou sanguine. Les points de départ de l'infection sont le tube digestif, les voies biliaires, les voies urinaires, l'appareil génital, l'ombilic.
a. Les péritonites d'origine gastro-intestinale reconnaissent rarement pour cause chez l'enfant la perforation d'un ulcère simple de l'estomac ou du duodénum (p. 200), d'une ulcération intestinale dans la fièvre typhoïde, d'une ulcération tuberculease ou dysentérique, d'une ulcération de l'estomac ou de l'intestin dans lepurpura (Silbermann, Nobécourt), etc. Leurs causes les plus habituelles sont l'appendicite (p. 242) et, avecune fréquence moindre, la hernie étranglée, \ invagination ir,festinale (p. 212). Elles sont dues au colibacille, seul ou associé à des streptocoques et à des anaérobies multiples.
b. Les péritonites consécutives à une infection des voies biliaires ou des voies urinaires sont exceptionnelles chez l'enfant comme ces infections elles-mêmes. De même sont rares les péritonites consécutives à la rupture dans le péritoine d'un abcès du foie ou d'un kyste hydalique suppuré.
c. Les péritonites d'origine génitale sont rares. Elles compliquent quelquefois les uulvo-uaginites (Baginsky, Comby, Sevestre, etc.). Dans certains cas on y a décelé le gonocoque ; elles apparaissent aloi's principalement entre G et 42 ans, et assez souvent sont favorisées par une infection aiguë telle que la scarlatine (Netter). Il existe en outre des péritonites aiguës suppurées à streptocoques et à staphylocoques, causées par des salpingites suppurées (Riedel, Reichenbach).
d. Les péritonites consécutives à une infection ombilicale et à la phlébitfr de la veine ombilicale [Thore (1846^, Bednar- 1850), Lorain (1855), etc.], sont spéciales aux nouveau-nés. Elles sont dues au streptocoque et consécutives à l'infection puerpérale maternelle, qui se transmet pendant ou après l'accouchement. Elles succèdent souvent à lérysipète de Vombilic.
3° Les germes peuvent venir d'un foyer infectieux éloigné et être apportés au cours dune septicémie.
Dans ce groupe rentrent les péritonites qui compliquent les pyohémies, l'érysipèle, la scarlatine, la variole, la pneumonie, les endocardites, les angines, etc., et qui sont dues