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MALADIES DU PÉRITOINE ET DES GANGLIONS

au streptocoque, au staphylocoque, au pneumocoque. Dans les fièvres éruptives, rougeole, scarlatine, il se produit parfois une fluxion périlonéale, qui donne lieu à un véritable syndrome péritonéal [péritonite de la période éruptive) ; celui-ci est surtout intense chez les enfants ayant une tare locale, une lésion chronique de Fappendice, par exemple.

La péritonite à pneumocoques mérite une mention spéciale. Elle est plus fréquente chez l'enfant que chez l'adulte: sur 17 cas, il s'agissait 15 fois d'enfants (Dieulafoy). Elle s'observe surtout de 3 à 12 ans, mais a été vue à 3 jours (Netter), à 3 mois (Perrin). Elle est plus fréquente chez les filles que chez les garçons, et, pour cette raison, on a admis la possibilité de l'infection par la voie vulvo-vaginale. Chez l'enfant, elle est généralement pri/Hi7iu<?, beaucoup plus rarement secondaire à une pneumonie. Le mode d'infection (voie génitale,' voie lymphatique trans-diaphragmatique, voie sanguine) est encore mal élucidé.

Anatomie pathologique. — Les péritonites aiguës sont localisées ou généralisées : sauf au cas d'appendicite, ce sont ces dernières qui sont les plus fréquentes dans l'enfance. Leurs lésions ne comportent rien de bien spécial au jeune âge. La séreuse enflammée est dépolie, visqueuse, collante; elle présente des plaques rouges, des arborisations vasculaires, surtout sur le feuillet viscéral et sur l'épiploon. La cavité périlonéale contient en quantités variables, quelques centimètres cubes à un litre et plus, un liquide louche, séro-purulent ou purulent, de coloration grisâtre, jaunâtre ou verdâtre, et souvent des gaz fétides. Le liquide occupe l«s parties déclives ; il est libre ou cloisonné par des brides filamenteuses ou des membranes d'épaisseur variable.

Les lésions varient suivant les variétés étiologiques.

Je ne reviens pas sur les péritonites appendiculaires (p. 244).

La péritonite pneumococcique a tendance à se localiser dans la région sous-ombilicale. Les membranes sont nombreuses, épaisses; elles forment des loges multiples; le pus est verdâtre, épais, crémeux et contient des flocons fibrino-purulents.

Dans la péritonite streplococcique, l'épanchement est louche, séro-purulent, rarement cloisonné. Chez les nouveau-nés, les lésions prédominent autour de la veine ombilicale.

Dans la péritonite d'origine intestinale à colibacilles et à autres germes, l'épanchement est grisâtre, sanieux, fétide, dé-

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gage des gaz, est quelquefois mélangé à des matières fécales.

A côté des lésions du péritoine il existe des lésions des autres organes, antérieures, simultanées ou consécutives.

Symptômes. — Je n'étudie ici que la péritonite ahjué généralisée, car les symptômes des péritonites localisées se confondent avec ceux des maladies des organes que la séreuse entoure. On décrit deux types principaux : la péritonite aiguë sthénique et la péritonite aiguë asthéniqae.

Péritonite aiguë sthénique. — Le dél)ut, brusque ou progressif, est marqué par la douleur : d'abord localisée, puis bientôt généralisée, elle est très vive, exagérée par la respiration, la toux, la palpation même très légère, etc., elle immobilise le malade, rend la respiration difficile et superficielle. Rapidement apparaissent les autres symptômes : faciès grippé, péritonéal ; langue sèche, rôtie: état nauséeux, vomis- :iements abondants, répétés, moins cependant que chez l'adulte, porracés, cessant généralement le 2'' jour; hoquet, constipation, moins constante et moins tenace que chez l'adulte, ou au contraire diarrhée; dysurie, fièvre plus ou moins élevée, irrégulière, avec rémissions, pouls filiforme à 130-160. -Souvent, au début, le ventfe est rétracté, dur ; plus tard apparaissent du ballonnement, du météorisme, de la submatité dans les parties déclives.

L'évolution est variable. Dans les formes suraiguës, les signes d'intoxication générale prédominent sur les signes locaux et la mort survient en 36 ou 48 heures, dans l'adynamie et le collapsus. Dans les formes aiguës, ou bien la mort survient vers le huitième jour, ou bien les phénomènes s'amendent, l'inflammation se localise et la péritonite passe à Véiat subaigu; dans ce cas on peut observer soit la guérison 'par résorption ou par évacuation du pus au dehors, soit le passage kV état chronique.

L'évacuation du pus au dehors est une "terminaison plus fréquente chez l'enfant que chez l'adulte. Elle survient quand l'inflammation se localise et aboutit à la formation, d'un abcès péritonéal enkysté. Elle se fait dans l'intestin, dans le vagin et surtout à l'ombilic. Dans ce cas, on observe, ^S à '20 jours après le début de la maladie, une recrudescence de la douleur, de la fièvre, des vomissements ; le ventre grossit, l'ombilic proémine et rougit, puis laisse échapper du pus. La guérison peut être rapide, ou bien la fièvre persiste et l'enfant meurt dans Ihecticité.

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