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DE LA SUBMERSION

de l’eau. Les poumons, de couleur variable, sont d’une coloration uniforme chez ceux qui ont succombé à la syncope, les taches;de Tardieu s’observent parfois ; très volumineux et comme insufflés, ils se pressent contre les parois ; ils ne crépitent pas, mais sont spongieux, parfois à la surface des plaques d’emphysème. A la coupe, les parties sont plus ou moins hyperémiées, la mousse s’écoule ; c’est un liquide très aéré, peu coloré, mais qui présenterait une coloration spéciale et caractéristique si la submersion avait eu lieu dans de l’urine, du jus de fumier, etc.

MM. Brouardel et Vibert ont fait voir que dans la submersion il y avait des lésions de l’épithélium pulmonaire et même absorption d’une certaine quantité d’eau qui peut égaler le tiers de la mousse sanguine, d’où la fluidité du sang, la facilité aveclaquelle saignent les plaies. Sui les cadavres putréfiés, on peut ne pas trouver d’écume, il se forme parfois au-devant de la bouche et du nez un champignon de mousse, les poumons sont petits et affaissés, il y a dans les cavités un liquide sanguin.

L’écume doit être en très grande proportion pour permettre d’affirmer la submersion. Une certaine quantité d'eau peut, après la mort, pénétrer dans la trachée et les grosses bronches. Dans celles-ci on rencontre parfois des débris alimentaires provenant de l'estomac et que la putréfaction a chassés. Dans ces conditions, les liquides peuvent pénétrer dans la trompe d’Eustache et de là dans l’oreille moyenne. Cette pénétration ne se produit après la mort que lorsqu’il y a perforation du tympan.

Du côté du cœur , les lésions de l’asphyxie sont très accusées, les cavités droites sont gorgées, le sang est

DES ASPHYXIES

fluide et rosé. D’après Bergcron et Montano, lorsque la mort a eu lieu par syncope prédominante, le cœur est ordinairement presque vide, et le sang, contenu alors dans les oreillettes, est noir et fluide.

Presque toujours, les individus qui se noient avalent une certaine quantité d’eau. Mais celle-ci ne peut être cependant une preuve de la submersion pendant la vie, car l’individu pouvait avoir avalé de l’eau avant l’accident. L’eau pénètre difficilement dans l’estomac après la mort. Aussi, comme pour les poumons, la présence d’un liquide spécial ou particulièrement coloré devient alors caractéristique.

11 est démontré par les expériences des auteurs anglais et de Tardieu que, même lorsque l’individu a été enfoui ou noyé après la mort, on peut retrouver des débris pulvérulents ou liquides jusque dans les bronches. D’après Bougier, les corps étrangers en suspension dans l’eau peuvent après la mort pénétrer dans les voies aériennes, mais ne dépassent pas les bronches moyennes. Il faut donc, dans les expertises médico-judiciaires, tenir compte du temps que ces débris ont mis à pénétrer, de leur quantité, de la profondeur à laquelle on les rencontre. De même, si l’accident a eu lieu pendant la vie, tous ces éléments de la question donnent la mesure des efforts et de la résistance de la victime.

11 peut y avoir, comme dans toute asphyxie, congestion du cerveau, des reins, du foie. Cette congestion s’efface, d’ailleurs, avec la putréfaction.

Les progrès d’une putréfaction, plus ou moins rapide avec la saison, font disparaître 1 écume, la trachée devient d’un rouge-brun foncé ; le diaphragme est fortement poussé en haut par les intestins disten-

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