‹ Précis de médecine judiciaireChapitre 129 sur 237 · AGENT EMPLOYÉ. MOUTS. INHALATIONS · texte numérisé non relu

AGENT EMPLOYÉ. MOUTS. INHALATIONS

Éther 4 pour 92,815 (1 p. 23,204).

Chloroforme 55 — 152,260 ( — 2,873) -

Mélange de chloroforme et d’éther 2 — 11,176 ( — 5,588).

Bichlorure de méthylène 2 — 10,000 ( — 5,000).

D’après les chiffres du médecin anglais, le chloroforme serait huit fois plus dangereux que l’éther, ce serait même le plus dangereux de tous les anesthésiques.

M. Perrin dit qu'aujourd’hui il faut bien constater que depuis douze ans la cause de l’éther contre le chloroforme n’a cessé de faire des progrès. Mais il n’ajoute aucune confiance à la statistique de Morgan1.

Selon les conseils de Gosselin, et d’après ce que nous avons déjà dit, dans la pratique chirurgicale, il existe certaines contre-indications : les gens débilités par des souffrances antérieures, des pertes de sang, un Iraumatisme considérable; les maladies du cœur ou des gros vaisseaux qui prédisposent à la syncope, les alcooliques. Il nous a semblé que les bègues étaient particulièrement difficiles à anesthésier, lourdes re-

' M. Duret, dans sa thèse d’agrégation (Dos contre-indications à l’anesthésie chirurgicale, Paris, 1880), cite 132 observations d'accidents mortels par le chloroforme; et, en ajoutant les cas mentionnés par Sabarth (Sabarth, Dos Chloroform, Wurlzbourg, 1865) au nombre de 119, on arrive à 211 cas de mort par le chloroforme, publiés jusqu’en 1880. Pour les 8 cas mortels pupliés depuis celte époque jusqu’en 18S3, voir la thèse du docteur Félix Colombel ; Elude expérimentale et clinique sur un nouveau procédé d'anesthésie mixte, atropine, morphine et chloroforme. Lyon, 1884.

PAR LES ANESTHÉSIQUES. 585

commande d’éviter la coïncidence avec la période menstruelle.

Voici les précautions ordinairement prises : le malade est à jeun, dans le décubitus horizontal. Avec le chloroforme, pas d’appareil, mais une compresse, on surveille le pouls et la respiration.

L’expert signalera l’indication ou la nécessité de l’anesthésie dans l’opération pratiquée, et, quand il est possible, la dose de l’anesthésique employé et le moment de l’anesthésie où les accidents ont commencé. On discutera ensuite la possibilité d’une mort subite qui aurait coïncidé avec l’anesthésie ou avec l’opération chirurgicale elle-même.

Dans les attentats contre la vie, l’expert peut avoir à dire qu’il est possible : de faire périr des individus en les forçant à respirer des vapeurs anesthésiques, et de transformer sans transition le sommeil naturel en sommeil chloroformique. Déjà, en 1850, le docteur Snow, de Londres, avait émis l’opinion que le chloroforme pouvait faciliter le vol, et il avait raconté à ce sujet deux histoires si extraordinaires que l’opinion publique s’en émut. La question arriva même au parlement, où lord Campbell demanda qu’on considérât comme criminelle une illégale administration ou application du chloroforme. En 1876, le docteur Stephens Rogers a repris cette étude devant la Société de médecine de New-York, et il conclut que le chloroforme ne peut être que d’une médiocre utilité dans les tentatives criminelles. Dolbeau, en 1874, a fait quelques expériences et quelques recherches cliniques pour répondre à cette question posée devant la Société de médecine légale : chez un individu qui dort naturellement, peut-on administrer le chloroforme en va-

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