‹ Précis de médecine judiciaireChapitre 145 sur 237 · TABAC ET NICOTINE · texte numérisé non relu

TABAC ET NICOTINE

Les médecins ne s’accordent pas sur les dangers de la fabrication du tabac1.

Parent-Duebàlelet et Mélier regardent cette profession comme inoffensive, tandis cpie Ramazzini et Pâtissier la croient très dangereuse. Zenker a décrit une pneumoconiose sous le nom de labacosis. Heurtaux, médecin de la manufacture de Paris, a montré que les ouvriers subissaient un véritable acclimatement : il y a des congestions passives, de la diarrhée, de l’insomnie, des nausées, de l’amaigrissement, une pâleur cachectique. Les avortements seraient assez fréquents chez les femmes; d’après Kostial, le lait des ouvrières nourrices a l’odeur du tabac et les nourrissons meurent fréquemment.

Les symptômes toxiques sont semblables à ceux produits par la belladone ; cependant pas de délire ni de troubles psychiques : le tabac n’est pas délirant. Mais il détermine des contractions violentes qui, lorsqu’elles ont pour siège le diaphragme, peuvent produire la mort comme dans l’empoisonnement par la strychnine. D’après Cl. Bernard, la nicotine fait contracter les artérioles et accélère les mouvements du cœur.

A \' autopsie, rien de spécial. Les parties touchées par la nicotine sont pâles et raccornies : les tissus exhalent l’odeur du tabac.

Pour les recherches chimiques, il faut suivre le procédé adopté par 51. Stas, qui, comme le dit Tardieu, restera comme un modèle de sagacité et de précision. Cette méthode est basée sur le principe que nous avons indiqué ailleurs (page 406).

' Accidents causés par le tabac (Société de méd. publ. in journal de Vallin, 1883). — Rapport de Lagneau, Académie de médecine, 1881. — Rosé : Empoisonnement par fumée de tabac, thèse de Nancy, 1880.

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