CIGUË
vireuse. La petite ciguë des jardins est souvent confondue avec le persil. C’est la grande ciguë cpii a fourni le poison que prit Socrate. Les Grecs, parait-il, y ajoutaient un peu de suc, de pavot pour modifier les
Fig. 59. — Cigut".
phénomènes d’irritation locale. Son alcaloïde est la cieuline ou conicine. Dans un savant mémoire sur les effets de cet alcaloïde, Martin-Damourette a montré que c’était un poison convulsivant et paralysant. La première action est due à des doses massives, la seconde à des doses faibles et graduelles. A l’intérieur, d’après le
savanl professeur, elle irrite les voies digestives, d’où gastralgie, puis à un plus liant degré surviennent des vomissements, des coliques, de la diarrhée. Sa diffusion, quand elle est donnée à petite dose, produit des effets remarquables de paralysie : il y a un sentiment de faiblesse générale, les jambes fléchissent, la marche est impossible, la paralysie gagne les membres supérieurs et en dernier lieu les nerfs phréniques, la respiration se ralentit, les pupilles sont dilatées. L’action vaso-motrice est aussi remarquable : les battements du cœur sont plus serrés, les artérioles contractées, le pouls petit; la peauestpâle et se refroidit (Socrate se plaignit du froid). 11 y a de la diurèse, les urines sentent mauvais ; la cicutine s’élimine aussi par la respiration.
Les lésions anatomiques sont les suivantes : la putréfaction arrive vite ; sur le cadavre des plaques livides, des pétéchies; à l'intérieur, des congestions passives dans tous les organes; sang noir et fluide; parfois ecchymoses sur la muqueuse gastro-intestinale.
Comme traitement , après les vomitifs, Rabuteau a conseillé soit le tannin, soit l’eau iodée; on pourrait donner la solution d’iodure de potassium iodurée.
4° Empoisonnement par lis tabac et la nicotine.
Toutes les portions de la plante renferment la substance toxique. Des feuilles de tabac appliquées sur la peau ont produit les symptômes d’intoxication. Les empoisonnements sont le plus souvent consécutifs à l’administration du tabac à l’intérieur. Quelques-uns sont dus à des crimes. En 1850, l’empoisonnement de Gustave Fougnies par le comte de Bocarmé permit au savant chimiste belge, M. Stas, d’indiquer les procédés de recherche de l’alcaloïde.