DE LA VIRGINITE
ci h doit examiner la victime et le coupable. Chez l’une et chez l’autre il faul rechercher les traces matérielles de l’attentat et l’état cérébral au moment de l’acte. Nous allons étudier successivement une série de questions qui permettront au médecin-expert de se diriger dans la plupart des cas.
Examen de la victime t de la virginité.
La virginité est l’état d’une femme qui n’a pas encore pratiqué le coït. Il faut distinguer la virginité physique de la virginité morale. Cette dernière n’a pas d’importance pour le médecin, cependant elle s’accuse souvent par des signes généraux qui ne doivent pas être négligés. L’attitude, le langage, les allures d’une jeune fille sont de précieux indices de ses mœurs ou de son caractère.
On peut aussi prendre note de l’état de la menstruation, des mamelles, du son de la voix, des yeux, de la grosseur du cou.
Mais des signes plus importants sont fournis par l’examen des organes génitaux. Ceux-ci donnent des présomptions ou la certitude.
Parmi les signes probables ou incertains, on trouve souvent chez les vierges des grandes lèvres moins écartées, un clitoris moins volumineux, des petites lèvres plus rapprochées, la fourchette est intacte ainsi que la fosse naviculaire. Chez l’enfant, le système urinaire prédomine, aussi leur vulve est surtout ouverte en haut et on sait que dans la mixtion l’urine est projetée en avant comme chez l’homme. Avec les années, l’ouverture vulvaire s’incline de plus en plus de haut en bas et d’avant en arrière, et les femmes âgées urinent souvent debout, sans mouiller leur linge. Le conduit
DES ATTENTATS AUX MŒURS
vaginal suit aussi ce mouvement ; ses dimensions varient avec les sujets. 11 est étroit chez les vierges avec plis transversaux très accusés. Un coït même fréquent a peu d’influence sur sa dilatation ; c’est surtout l’accouchement qui exagère son calibre. L’usage des astringents peut d’ailleurs le resserrer.
Chez les petites filles nous avons, dans notre mémoire spécial, fait voir que la plupart de ceux qui accomplissent ces attentats ou les violateurs, comme nous les appelons, adoptent presque toujours un procédé de coït qui rappelle celui des peuples primitifs. C’est le coU externe ou périnéal. Dans quelques cas, l’enfant tournant le dos au violateur, est placée sur les genoux de celui-ci ou prise à bouchon sur un lit, la verge introduite à la partie supérieure des cuisses, frottant cellesci et le périnée par des mouvements donnés au corps de l’enfant : c’est le coït more ferrarum. Mais, le plus souvent, la viclime est mise sur le rebord d’un lit, d’une commode, d'une table, d’un siège; et le coupable, debout ou à genoux en face de l’enfant, introduit la verge à la partie postérieure des cuisses relevées et parfois croisées formant avec le périnée un espace clos. Dans ce cas encore le violateur imprime des mouvements au corps de la victime toujours passive et inconsciente : c’est l’attitude du coïL pour certains peuples primitifs, les Arabes par exemple.
La membrane hymen est le véritable signe de la virginité. Ce repli muqueux sépare nettement les parties sexuelles en deux sections, une vaginale, l’autre vulvaire. L’existence de cette membrane n’a pas toujours été admise, c’est ainsi qu’Ambroise Paré niait sa fréquence. Aujourd’hui on sait qu’elle est constante, même chez beaucoup d’animaux.