DES FAUSSES GROSSESSES
attribuer à la grossesse tout ce qu’elle ressent. Dans ces cas on peut voir survenir un délire particulier, ou bien on constate que sous cette influence cérébrale les règles se suppriment, l’abdomen grossit, et au terme ordinaire il y a un semblant de travail. Cet ensemble ne se présente, d’ailleurs, que chez les femmes qui ont pratiqué le coït.
V. Des rapports de la grossesse avec les facultés psychiques.
Nous avons déjà vu (p. 494) dans quelles conditions le coït pouvait se pratiquer à l’insu de la femme. La volonté de celle-ci n’est pas nécessaire pour concevoir, puisqu’on sait que des générations artificielles peuvent être faites en injectant convenablement du sperme dans la cavité utérine.
Il est donc certain que dans quelques circonstances une femme peut devenir enceinte sans le savoir, de même qu’on en a vu accoucher avec leur membrane hymen. Mais il y a toujours à apprécier en même temps un fait intellectuel et moral. Il faut se renseigner sur l’état de sa santé pendant la grossesse et les symptômes qu’elle a pu éprouver ; s’il est possible, on examinera l’état général de l’enfant. Il est bien difficile qu’un fœtus robuste ne manifeste pas sa présence.
Quant à ce qui est du trouble des facultés intellectuelles que l’on voit survenir à l’occasion de la grossesse, nous dirons que si l’on constate en effet toutes les variétés de folies, la puerpéralité n’engendre jamais, comme on le croyait autrefois, des impulsions irrésistibles, les envies de voler, d’incendier, de tuer. « Il faut reconnaître qu’une femme grosse possède son
DURÉE DE LA GROSSESSE
libre arbitre, absolument comme dans sa condition la plus ordinaire, et qu’elle n’a plus à attendre l’impunité pour des délits de droit commun parce qu’elle est grosse. Aucun médecin ne soutiendra la thèse contraire. Cependant le magistrat devra toujours faire la part de la position exceptionnelle dans laquelle se trouve la femme et qui la rend plus impressionnable, mais sûrement moins hardie que dans les conditions ordinaires de la vie. » (Stoltz.)