SIGNES
pulsion du produit de la conception est généralement précédée de la rupture des membranes et suivie, après un certain temps, de l’explusion du placenta.
2° Dans les trois premiers mois, les choses se passent d’une façon toute différente, et il est de règle de voir l’œuf expulsé en entier, en bloc, sans rupture des membranes.
3“ Si donc on trouve, pendant les trois premiers mois de la grossesse, un produit d’avortement dont les membranes ont été rompues et dont l’embryon a été expulsé seul, on doit rechercher quel est l’état pathologique qui a déterminé cette infraction à la règle générale, et si on ne trouve alors ni une maladie de l’œuf ni une maladie de la mère, on est autorisé à attribuer cet avortement à une action traumatique exercée directement sur le produit de la conception. »
En résumé, si l’accord existe pour les premières semaines, il y a divergence d’opinions sur la valeur à attribuer à la rupture des membranes. La Société n’a pas cru devoir trancher la question et elle a ajourné sa décision.
Quant à nous, en raison des observations dues aux hommes les plus justement estimés et considérés, MM. Tarnier, Charpentier, nous pensons que le fait de la rupture des membranes ou de l’expulsion en deux temps n’implique nullement l’idée d’avortement criminel.
L’expert devra donc chercher à déterminer l’âge du produit, les traces de maladie de l’embryon (vices de conformation) ou de ses annexes (hémorrhagies, infiltrations fibreuses ou graisseuses du placenta, hydatides) qui ont pu être la cause de l’avortement.
L’examen de la mère peut se faire pendant la vie ou sur le cadavre; c’est une visite de la femme ou une autopsie.
Si la mère est vivante, on examine l’état général et l’état local. Il y a de la faiblesse, de la pâleur; le pouls est petit; deux ou trois jours après on constate un peu de fièvre. D’ailleurs le séjour plus ou moins prolongé du placenta ou de ses annexes après l’avortement
est un fait presque constant (surtout du 5* au 6*). Mais ces signes ne se présentent que dans les quatre à cinq jours qui suivent l’accident. Comme signes locaux: une hémorrhagie ou des traces d’écoulement sanguin ; le col est ouvert avec une légère échancrure, en rapport, bien entendu, avec le moment de la grossesse. D’ailleurs les hémorrhagies utérines, les règles, ouvrent le col, mais il n’existe pas alors de développement de l’utérus. Ajoutons que la fourchette peut être déchirée, le ventre flasque, les mamelles développées avec sécrétion laiteuse. Dans certains cas, en pratiquant le toucher vaginal, la femme étant debout et marchant sur place, on pourra sentir, comme d’ailleurs durant la grossesse, le chevauchement de la symphyse.
Notons comme possible la simulation de l’avortement : Marc et Tardieu en ont cité des exemples.
Si la femme est morte, ce qui se présente assez souvent, la constatation est plus facile. Les signes se déduisent de la forme, des dimensions, de la texture de l’utérus, de l’état du col, de la dilatation du vagin, de la présence du produit et des traces de son insertion, des maladies ou traumatismes qui ont pu produire l’avortement. Dans la cavité utérine on trouve des caillots de sang et des débris de caduque. Le développement des fibres musculaires et leur examen microscopique sont tout à fait caractéristiques.
D’après H. lourdes, les dimensions de l’utérus sont les suivantes :