‹ Précis de médecine judiciaireChapitre 196 sur 237 · DES MALADIES ANTÉRIEURES A LA NAISSANCE ET EMPÊCHANT LA VIABILITÉ · texte numérisé non relu

DES MALADIES ANTÉRIEURES A LA NAISSANCE ET EMPÊCHANT LA VIABILITÉ

Les états pathologiques qui compromettent la vie de l'enfant nouveau-né doivent avoir débuté pendant la vie intra-utérine ou lors de l’accouchement. Lesmaladies excluent aussi la viabilité si elles sont incurables. Il en est donc ainsi dans tous les cas de maladies innées ou mortelles. Il en est ainsi dans les cas de splénisation des poumons, leur tuberculisation, d’œdème pulmonaire ou d’endurcissement lardaciforme (devergie), de ramollissement de la substance du cerveau et de la moelle, d’apoplexies méningées, d’hydrocéphalie ou d’hydrorachis, de sclérème.

556 DU PRODUIT DE LA CONCEPTION

« Nous croyons devoir établir comme règle générale, disent Briand et Chaudé, que lorsque le développement de l’organisation est assez avancé pour que les. fonctions s’exécutent régulièrement au moment de la naissance, lorsqu'il n’existe pas de vice de conformation incompatible avec la continuation de la vie, que l’enfant a poussé d^s cris pleins et sonores, qu’il a fait des mouvements répétés, il doit être dès lors réputé civilement viable, quand bien même sacomplexion et son état apparent de santé laisseraient quelques inquiétudes sur la durée de son existence, parce qu’on ne peut jamais avoir la certitude que la maladie dont on le présume atteint soit essentiellement incompatible avec la prolongation de sa vie, au moins pendant un certain temps. Il doit encore être réputé viable, lors même qu’il vient à succomber au bout de quelques jours, ou seulement au bout de quelques heures, parce qu’il n’est jamais certain que la terminaison funeste de la maladie n’ait pas été bâtée ou déterminée par quelque cause inappréciée ou inaperçue. »

Les déviations organiques ont reçu différents noms d’après leur importance ou leur influence sur le fonctionnement physiologique des parties. C’est ainsi qu’on a distingué : 1° des variétés anatomiques, qui n’altèrent pas la forme extérieure du corps et ne troublent pas l’exercice régulier des fonctions : un muscle surnuméraire, par exemple ; 2° des vices de conformation qui allèrent les formes et gênent l’exercice des fonctions, tels sont les pied-bots, l’hypospadias, le bec-de-lièvre, etc. ; 5° les monstruosités qui altèrent en même temps la lorme, la structure, les connexions des parties externes ou internes, intéressent un ou plusieurs ap-

Page 1