‹ Précis de médecine judiciaireChapitre 72 sur 237 · A. DD LA LEVÉE DE COUPS · texte numérisé non relu

A. DD LA LEVÉE DE COUPS

C’est l’opération à laquelle procède le médecin, requis par un magistrat, pour examiner l’état extérieur d’un cadavre trouvé sur la voie publique, ou présentant des signes ou indices de mort violente.

On rapporte tous les signes de la mort et tous les détails qui peuvent iaire supposer quelle en a été la cause. On décrit le lieu occupé par le corps, sa position, l’état des vêtements qui le couvrent, et, s’il y a des armes à côté de lui, comment elles sont disposées.

S’il existe à la surface du corps des traces de blessures, on les décrit, on note leur espèce, on indique si elles ont déterminé la mort, si elles sont le résultat de l’homicide ou du suicide.

L’importance de ces détails peut alors déleiminei les magistrats à taire procéder à 1 ouverture du cadavre. Ce qu’il faut absolument se rappeler, c’est que |dansla levée de corps, l’expert ne peut, sous aucun «prétexte, porter l’instrument tranchant sur le cadavre. ÎDans l’autopsie, le corps est mis complètement à sa «disposition.

Iî. DE l’autopsie.

Nous résumerons, d’après Chaussier, les règles a suivre dans les ouvertures de corps (in Manuel de ltayard, p. 1-42) :

1» Après avoir prêté serment entre les mains du juge d’instruction, du maire, du juge de paix ou du commissaire de police, par lequel il a été requis de remplir, en son honneur et conscience, la mission qu il a acceptée, le médecin expert décrit les lieux où est

DE LA. MORT ET DU CADAVRE

placé le corps et tous les indices pouvant établir la perpétration d’un crime.

2“ 11 note l’aspect général du cadavre, l’âge, le sexe et tous les caractères d'identité ; l’état plus ou moins avancé de putréfaction, etc. S’il n’a pas encore examiné le cadavre, le médecin entre dans tous les détails qu’il aurait consignés, lors de la levée de corps.

5° On procède ensuite à l’ouverture successive de la tête, du cou, de la poitrine, de l’abdomen, et on termine par l’examen des membres et du rachis. Il est préférable d’ouvrir la boite crânienne avec la scie ; avec la hachette ou le marteau on produit des fractures. Le cerveau est d’abord examiné en place, puis est extrait et fendu dans ses parties principales.

La bouche et le cou sont ensuite ouverts par un trait de scie au milieu du maxillaire inférieur ; on prolonge en bas une incision formant de chaque côté un lambeau quadrangulaire. Le thorax est ensuite ouvert soit en abattant les côtes aussi près que possible du rachis, soit en incisant les cartilages costaux et en désarticulant les clavicules, tout en ménageant les gros vaisseaux du voisinage.

Le cœur est examiné en place, puis, on ouvre successivement ses cavités droite et gauche.

On peut alors le retirer, ainsi que les gros vaisseaux, ce qui met à nu la trachée et les bronches, très-utiles à voir chez les noyés. Puis l’abdomen est ouvert sans enlever le diaphragme, qui maintient ainsi l’indépendance des deux cavités. Les viscères, le tube digestif sont successivement examinés.

On fend alors le pubis sur la ligne médiane, afin de procéder à l’examen des organes génitaux.

La cavité rachidienne est ensuite ouverte avec un ra-

chilome : des incisions profondes, jusqu’à l’os, permettent d’examiner les membres et d’y découvrir des épanchements sanguins ou purulents. Toutes les parties sont alors soigneusement remises en place et on recoud le cadavre.

Pour la rédaction du rapport, nous renvoyons à ce que nous avons dit précédemment, page 74.

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