C. DES EXHUMATIONS
11 peut être nécessaire d’extraire un cadavre de sa sépulture, dans des cas bien différents : un cimetière est déplacé, ce sont les convenances ou l’intérêt des familles qui exigent une translation. Mais le plus souvent, l’exhumation est ordonnée par la justice pour îeconnaitre l’identité d’un corps ou rechercher les traces d’un crime.
On s’est exagéré les accidents de ces opérations. En 1 785, les exhumations du cimetière et de l’église des Saints-Innocents de Paris durèrent six mois : on exhuma plus de 20,000 cadavres à tous les degrés de la destruction, et cependant, il n’en résulta rien parmi les ouvriers ni dans le voisinage.
Elle n’offre réellement de dangers que pendant la première décomposition, qui survient quelques jours après que les corps ont été enfouis.
Voici dans quelles conditions on doit procéder et quelles sont les précautions à prendre.
On ne peut procéder à une pareille opération qu après avoir été requis par un magistrat (art. 500 du code pénal) ; c’est donc en sa présence que le lieu de la sépulture est vérifié.
L’exhumation doit être faite de préférence le matin ;
DK LA JIOÜT et du CADAVRE. 200
il est prudent de ne pas être à jeun ; on a à sa disposition un nombre suffisant d’aides et d’ouvriers ; la fosse est arrosée avec un liquide désinfectant (le liquide étant projeté à côté et non sur le cercueil)
Un caveau est aéré soit par appel d’air, soit en faisant jouer à vide une pompe à incendie, ainsi que l’a conseillé Guérard. Les ouvriers ne doivent y pénétrer que lorsqu’une bougie peut y brûler. D’ailleurs, ils peuvent avoir les narines et la bouche garnies d’un mouchoir trempé dans l’eau phéniquée ; ils sont tenus par une corde ou mieux revêtus de l’appareil Denavrouse.
flous avons dit ailleurs comment on pourrait établir le sexe, l’âge et même la taille d’un individu dont on ne trouverait plus que le squelette. On est encore aidé par la présence de débris de vêtements, de bijoux, etc... qui donnent plus de valeur aux présomplions.
Quand l’exhumation est faite en vue de rechercher un squelette, la tranchée doit être ouverte à 5 ou 4 mètres de l’endroit supposé; on évite ainsi de briser les os.
On note les diverses couches de terrain explorées et, dès que les ossements se montrent, la terre est enlevée avec précaution et même tamisée, afin de recueillir tous les os et d’en constater les particularités.
D apres Devergie, il faut se munir de 3 ou i kilos de chlorure de chaux solide ; un en lait dissoudre un kilo dans deux seaux d eau et on en répand à peu prés autant sur la bière avant de
SdTphémK aussi rai,'° usase d'une S0luli011
de l’absence.
Le code civil, liv. I, fit. IV, s'occupe des absents.
Art lia. Lorsqu’une personne aura cesse de paraître au lieu (ie son domicile ou de sa résidence, et que depuis quatre ans on n'en aura point eu de nouvelles, les parties intéressées pourront se pourvoir devant le tribunal de première instance, afin que l’absence soit déclarée.
Art 199 Si l’absence a continué pendant trente ans depuis l'envoi provisoire, ou depuis l'époque à laquelle l’époux commun aura pris l’administration des biens de 1 absent, ou s il s est écoulé cent ans révolus depuis la naissance de 1 absent les cautions seront déchargées ; tous les ayants droit pourront demande! le partage des biens de l’absent, et iaire prononcei 1 envoi en possession définitif par le tribunal de première instance.
Art 159. L’époux absent dont le conjoint a contracte une nouvelle union, sera seul recevable à attaquer ce mariage par luimêine, ou par son fondé de pouvoir, muni de la preuve de sou
eXLeecnonseil d’Etat donna l'avis suivant, le 17 germinal an Xlil
(7l''Qu’!l' faurait un extrême danger à admettre comme preuve de décès de simples actes de notoriété fournis apres coup, e résultant le plus souvent de quelques ténioignages a^etés i • • in faiblesse* au'ainsi cette voie est împiaticable ,
... effets „„l réglés
vil en tout ce qui concerne les liens, mais qu on ne peut allei au Vi.r m déclarer le mariage de l'absent dissous après un certain
exception que la législation n’a jamais admise.
D’aorès notre législation, un individu absent est considère comme mort quand il s'est écoulé cent ans depuis ie jour
6 C ’ e st Td u n a x i m u m qui nous donne l’occasion de dire nnelcmes mots de la mortalité en France et de la vie prolabll Ce sera une heureuse transition avec le chapitre qui s'occupe de la survie.
DE LA MOUT ET DU CADAVRE
Ces questions ont, d’ailleurs, une certaine importance en médecine judiciaire. Le médecin peut être consulté pour les caisses de retraite, les assurances sur lu vie (voir page 41).
La mortalité est le rapport entre le nombre des décès, D, et celui d’une population, 1’, qui les a fournis pendant un . D
an , soit — •
En France, la mortalité s’atténue depuis 1801; de 28,0 décès par 1,000 dans la période 1801 à 1810, la mortalité tombe par une diminution continue à 22,85 dans la période de 1801 à 1809. Mais cette atténuation de la mortalité est un résultat très complexe dans lequel le nombre moins considérable des entants du premier âge a une part très importante. Aussi, il vaut mieux consulter la mortalité de chaque âge que la mortalité générale; mais les statistiques et les recherches sont fort difficiles à obtenir. M. Bertillon a trouvé que la vie moyenne en France, pour la période de 1840 à 1859, est de 40,12 ans. C’est la part de vie qu’en moyenne peuvent espérer les nouveau-nés se trouvant dans les mêmes conditions. L 'âge moyen îles décédés est. 55,0 ans; c’est le nombre d’années qui (ajoutées ou enlevées à son âge actuel) ferait la part de chacun des membres de la population de fait, si ce bien était également réparti entre tous.
La vie probable est la limite des âges qu'il est également probable de dépasser ou de ne pas atteindre. Dans les tables mortuaires de Bertillon, elle est de 44,5 ans. L’âge médian est de 28 ans, c’est-à-dire qu’il y a autant de Français au-dessus qu’au-dessous de cet âge.
Tous ces chiffres ont leur importance en statistique; mais il est impossible d’en tirer des conséquences pratiques. La grande majorité des individus succombent à deux grandes causes de mort : celles qui proviennent du milieu où nous vivons, celles qui nous ont été léguées par nos antécédents, nos ancêtres.
On a cité de nombreux exemples d'individus qui avaient, vécu très longtemps, llufeland a réuni les plus curieux dans sa Macrobiotique. En 1885, dans le département de
l’Isère, une femme est morte à l'âge de 129 ans. En général, dans ncspays, la mort par vieillesse survient entre 70 et 80 ans. C’est dans le département du Lot qu’on vit le plus longtemps.