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DES BLESSURES PAR ARMES A FEU

charge de plomb n° 8 (en moyenne 303 grains de 2”"”, 20 de diamètre), tiré sur le dos, se dissémine dans toute l'étendue de cette région.

Les projectiles tels que bombes , obus , grenades , sont remplis d'un fulminate (de mercure ou antre), et lorsque la chaleur s’élève assez (mouvement transformé en chaleur), ils éclatent en morceaux qui se répandent de tous côtés. Les plaies ont des directions variables, de forme irrégulière, sont peu saignantes, Avec une grande tendance -à l’inflammation.

Rappelons l’influence et les effets de la distance.

D’abord, le tir à bout touchant : dans le suicide, par exemple, si l’application est immédiate, la balle peut ne pas pénétrerjet il n’y a que contusion. Si l’arme est introduite dans une cavité, il y a des éclats et des délabrements .

Dans le coup de feu à petite distance : la blessure est irrégulière, les bords sont contus et meurtris, la peau est desséchée, il y a parfois incrustation des grains de poudre ; à 6 centimètres, les objets peuvent être enflammés, le coup a été tiré à brûle-pourpoint. La bourre enflammée peut produire les mêmes accidents. La nature du projeclile a peu d’importance, tous font balle. Les bords de la plaie sont moins contus et sans aréole noire.

Dans une thèse récente faite au laboratoire de médecine légale par un médecin de marine, M. Poix, et qui a pour litre : Etude médico-légale sur les plaies d'entrée par coup de revolver (1885), l’auteur arrive à des conclusions intéressants sur les caractères exléricurs de la plaie d’entrée. Ces constatations ont surtout de l’importance si l’on fait la distinction entre les caractères passagers, éphémères pour ainsi dire de a poudre sur les tissus, sorte de tatouage temporaire

pouvant durer pendant deux ou trois jours, et les tatouages permanents ou durables provenant de l’incrustation de grains de poudre ayant pénétré dans la profondeur du derme. L’examen de cet orifice d’entrée paraît dans certaines conditions permettre de reconnaître à quelle distance et dans quelle direction une blessure a été faite. D’après les expériences faites par M. Poix avec des revolvers de calibre varié, de bonne qualité et avec des charges de composition connue, il ressort que :

1° La distance à laquelle le coup a été tiré peut être déterminée, pour les revolvers de calibre supérieur (11 millimètres, 9 millimètres), jusqu’à la distance de 1 mètre ou de 80 centimètres ; pour les revolvers de calibre inférieur (7 millimètres, 5 millimètres), jusqu’à celle de 45 centimètres.

2° La direction de la ligne de visée peut être déterminée, pour les revolvers de calibre supérieur, jusqu à la distance de 25 ou 50 centimètres; pour ceux de calibre inférieur, jusqu’à celle de 10 ou 15 centimètres.

Nous avons dans notre collection, au laboratoire, plusieurs tatouages très intéressants produits par des armes à feu sur des suicidés qui s’étaient tiré des coups de revolver soit dans la bouche, soit à la tempe, soit au cœur. Sur quelques-uns, il est facile de reconnaitie les caractères si nettement indiqués par M. Poix.

Les considérations précédentes permettent de répondre aux questions ordinairement posées par la justice : La blessure a-t-elle été produite par une arme a feu? Quelle est l’arme? A quelle distance le coup a-t-il été tiré? Dans quelle direction (examen du vêtement, du trajet dans les tissus) ? Ces blessures sont-elles le résultat d’un ou de plusieurs coups de feu (il peut y

DES BRULURES.

avoir des signes du coup à bout, portant et du coup de feu à distance)? L’arme présentée a-t-elle étédécliargée depuis longtemps? (Après la décharge, il y a une crasse bleuâtre qui est du sulfure de potassium. Après trente heures, celui-ci se transforme en sulfate de fer qui, plus tard, devient de l’oxyde de fer : c’est la rouille. Si celle-ci est en grande quantité, on peut en conclure que l’arme a été lavée après la décharge.)

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