II. DES ASPHYXIES
L’asphyxie, au point de vue médico-légal, est un état de mort apparente ou réelle, consécutif à une suspension ou à une modification des phénomènes de l’hématose, produits soit par obstacle à l’absorption de l’oxygène dans le sang, soit par l’introduction dans ce liquide d’un principe étranger.
Employée comme moyen d’homicide ou de suicide, sa législation se trouve contenue dans le chapitre précédent : coups et blessures. La loi ne la distingue pas, et cependant, dans les expertises médico-judiciaires, il peut être de la plus grande importance de différencier les divers modes d’asphyxie : la suffocation, la strangulation, la pendaison, la submersion, les asphyxies par la chaleur ou le froid extérieurs, par un gaz délétère ou non. Nous les étudierons spécialement : chacune de ces divisions présentant les caractères parlicu-
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liers qui lui sont propres et un ensemble symptomatique qui permet de les diagnostiquer.
Etudions d’abord les effets consécutifs à la suspension de la respiration d’après les expérimentateurs et les physiologistes.
La muqueuse pulmonaire, toujours humide, sur une surface de 250 mètres carrés, sépare le liquide sanguin de l'atmosphère gazeuse contenue dans les poumons, réservoir d'air d’une capacité maximum de 4 a 5 litres. Dette grande surface est aux trois quarts composée par les capillaires qui contiennent à peu près deux litres de sang. Celui-ci se renouvelle constamment, puisqu’on a calcule qu en vinDtquatre heures il en passe au moins vingt mille litres. Nous n’avons pas à expliquer comment vont se faire les echang (voir notre Précis d’hygiène, où la question de respiration et des gaz du sang est longuement traitée). Rappelons que l’acide carbonique reste en dissolution dans le sang artériel quand la mort est produite par l'asphyxie ou le re- froidissement. Pour 11. Bert, qui a étudie asphyxm en vase clos, l’acide carbonique ne joue aucun i oie, et lamor doit être attribuée à la privation d oxygène. On peut, d'après le savant professeur, généraliser ces conclusions a l'asphyxie par strangulation, par submersion, par obstacle quelconque à l’entrée de l’air dans les voies aériennes ; dans mus ces cas « le vase clos, c’est le poumon ». Pour Bert, la mort naturelle est toujours une asphyxie. Dans une atmosphère confinée, l’oxygène diminue, 1 acide carbonique augmente. Si, dans un vase étroit, la mort survient îapi - S et avec des convulsions, dans une vaste enceinte, elle est lente et sans secousses. D’après cela, les convulsions ne dépendraient pas de la proportion des gaz contenus dans ie saüg mais du degré d’irritabilité des centres nerveux. Ajoutons qu’un médecin russe, Srabinslu, dans ses expe riences sur les animaux, prétend avoir trouve une lésion constante et accompagnant toutes les asphyxies: c est une
DES ASPHYXIES
sur la coagulation du sang, ont expliqué le mécanisme de l'asphyxie. D’après ces physiologistes, lorsque le sang d’un animal vivant a dissous les trois quarts de son volume d'acide carbonique, des accidents d’asphyxie sont prêts à se produire, c’est-à-dire que de l’acide libre peut passer dans le plasma et y déterminer des coagulums. Tous les auteurs ont constaté ces coagulums, mais à Mathieu et Urbain revient le mérite d’avoir montré que la mort par rétention d'acide carbonique et coagulation spontanée du sang, pouvait être consécutive à l’asphyxie pulmonaire ou à la suppression de la transpiration cutanée.
Les causes qui produisent l’asphyxie agissent : ou sur les centres nerveux dont elles enrayent l’action physiologique, ou sur les phénomènes mécaniques de la respiration, ou sur les phénomènes chimiques.
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.A A — Action sur les centres respirateurs.
Ce sont des blessures, surtout celles de la moelle allongée ou de la moelle au-dessus de l’origine des nerfs phréniques. Si la blessure porte plus bas, l’asphyxie arrive lentement, la respiration pouvant être encore entretenue par le jeu du diaphragme.
Dans la section des pneumogastriques, la mort arrive lentement, l’asphyxie se produit. Certaines substances toxiques, comme le chloroforme, l’éther, les anesthésiques, agissent de même sur les centres nerveux, ainsi que nous l'avons prouvé.
Citons encore la fulguration, la mort rapide par la chaleur ou le froid extérieurs.
AA B — Causes qui portent sur les' phénomènes mécaniques de la respiration.
Toutes celles qui entravent le jeu des poumons ou des muscles. Ainsi la compression du poumon, quand il y a double plaie de poitrine ; la compression du thorax (dans les foules), la compression de l’abdomen (arrêt du diaphragme).
C — Causes qui arrêtent les phénomènes chimiques.
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1° Il y a privation d'air, quel que soit 1 obstacle qui empêche celui-ci d'arriver dans les voies aériennes ;
2° Les gaz respirés sont autres que l’air atmosphérique .
Dans ces divers genres de mort, les recherches cadavériques doivent principalement porter sur les organes de la respiration, de la circulation, sur les centres nerveux. Il faut donc, soit dans le transport des cadavres, soit pendant l’autopsie, bien surveiller tout ce qui peut modifier l’état de vacuité ou de plénitude des organes. 51. Emile Blanchard a conseillé de faire la ligature de la trachée, afin de laisser les poumons dans les conditions où ils se trouvaient au moment de la mort. Il recommande ensuite de les insuffler ; la congestion passive peut ainsi disparaître et les lésions deviennent plus évidentes.
Ordonnance du Préfet de police en date du 7 mai 1872.
Instructions sur les secours )à donner aux noyés et asphyxiés.
Celle instruction traite des soins à donner aux personnes asphyxiées par submersion, par la vapeur du charbon, par les émanations des fours à chaux, par celles des cuves a raisin a bière, à cidre ; par les gaz des fosses d’aisances, des puisards, é"outs et citernes ; par les gaz impropres a la respiration, par le gaz d'éclairage ; par strangulation, suspension ou suffocation , par le froid, la chaleur et la foudre.
neiiinrques générales
1- Les personnes asphyxiées ne sont souvent que dans un état de mort apparente; 2- pour les personnes étrangères a la médecine, la mort apparente ne peut etre distinguée de la moi réelle que par la putréfaction ; 5" la cou eur rouge, violette ou noire du visage, le froid du corps, la raideur des membres ne sont pas des signes certains de la mort , 4 la rigidité des ma choires, dans la submersion, est un indice favorable du succès des secours ; b” on doit, à moins que la putréfaction ne soit évidente, administrer des secours à tout individu noyé ou asphyxie mèmè après un séjour prolongé dans l'eau ou dans le lieu ou ,1 a été asphyxié; 0“ les secours les plus essentiels a piodiguei aux
AUX ASPHYXIÉS. 205
asphyxiés peuvent leur être administrés par toute personne intelligente : mais, pour obtenir du succès.il faut les leur donner, sans se décourager, quelquefois pendant plusieurs heures de suite. On a des exemples d’asphyxiés par le charbon qui ont été rappelés à la vie après des tentatives qui avaient duré six heures et plus ; 7' quand il s’agit d’administrer des secours à un asphyxié, il faut éloigner toutes les personnes inutiles ; cinq ou six individus suffisent pour les donner ; un plus grand nombre ne pourrait que gêner ou nuire; 8" le local destiné aux secours ne devra pas être chaud ; la meilleure température est de 17 degrés centigrade ( U degrés Réaumur) ; 9" enlin, les secours doivent être administrés avec activité, mais sans précipitation et avec ordre.
Asphyxiés fah submehsion.
Règles à suivre par ceux qui repêchent
un noyé.
1” Dés que le noyé est retiré de l’eau, on ne doit le coucher ni sur le ventre, ni sur le dos, mais sur le côté, et de préférence sur le côté droit. On incline légèrement la tète en la soutenant par le front; on écarte doucement les mâchoires, et l’on facilite ainsi la sortie de l’eau qui pourrait s’être introduite par la bouche et par les narines. On peut même, immédiatement après le repêchage du noyé, pour mieux faire sortir l’eau, placer à différentes reprises la tête un peu plus bas que le corps, mais il ne faut pas la laisser chaque fois plus de quelques secondes dans cette position.
Par conséquent, il faut bien se garder de la pratique suivie par quelques personnes, et qui consiste à suspendre le malade par les pieds, dans l’intention de lui faire rendre l’eau qu’il pourrait avoir avalée. Cette pratique est excessivement dangereuse ; 2* après l’évacuation des mucosités, on replace le malade sur le dos et on comprime ensuite doucement et alternativement le bas-ventre de bas en haut, et les deux côtés de la poitrine de manière à faire exécuter à ces parties les mouvements qu on exécute lorsqu’on respire ; 5" immédiatement après ces premiers soms, qui n’occuperont que quelques instants, le noyé doit être enveloppé, suivant la rigueur de la saison de couvertures, ou, à défaut de couvertures, de foin tu de paille et transporté au poste de secours promptement et sans secousses.
Pendant ce transport, la tête et la poitrine seront placées eL maintenues dans une position un peu plus élevée que le reste du
tenu s n13 r UlC ' •Ste, a lll,ro.<;1 le Tisao° découvert. En même lcmps on fera prévenir un médecin.
DES SECOURS A DONNER
Des soins à donner lorsque le noyé est arrivé au dépôt des secours médicaux.
1* Aussitôt après l’arrivée du noyé, on lui ôtera ses vêtements le plus promptement possible, en commençant toujours par ceux du cou, il sera essuyé, posé sur une paillasse ou un matelas, enveloppé d’une couverture de laine et revêtu, si la température est basse, d’un peignoir également de laine ; 2" on couchera encore, une ou deux fois, le corps sur le côté droit ; on tera légèrement pencher la tête en la soutenant par le front, pour faire rendre l’eau. Cette opération, comme il a été dit, ne devra durer que quelques secondes chaque fois, il est inutile de la répéter s’il ne sort pas d’eau, de mucosités ou d’ecume ; 5“ si les mâchoires sont serrées il convient de les écarter légèrement et sans violence, en employant le petit levier en buis qui se trouve dans la boite de secours. Dans le cas où les mucosités ou glaires ne s'écouleraient qu’avec peine, on en faciliterait la sortie , a l'aide du doigt, des barbes d’une plume oudun bâtonnet couvert de linge. Le spéculum laryngien peut être utilement employé à cet effet, il faut toujours veiller à ce que la langue ne se renverse' pas en arrière et la maintenir hors de la bouche 4- l’aspiration de bouche à bouche, ou tout au moins à laide d’une pompe munie d’une embouchure, a été plusieurs fois suivie de succès ; 5“ on cherchera à provoquer la respiration par la méthode suivante, due à Sylvester : étendre le pat.cn su une surface, autant que possible, légèrement inclinée et à la hauteur d’une table ; faire saillir un peu la poitrine en avant au moyen d’un coussin ou de vêtements roules ; se placer a la tête du patient, lui saisir les bras à la hauteur des coudes, les tirer vers soi doucement en les écartant l’un de 1 auti e, les tenu étendus en haut pendant deux secondes, puis les ramener le long du tronc en compmmant latéralement la poitrine en même temps qu’une autre personne la pressera d avant en arrière. Par l’élévation des bras, on fait entrer dans la poitrine le plus danpossible et on l’en fait sortir par leur abaissement et par la pression. Cette double manœuvre a pour but d imiter les deux mouvements de la respiration. . « .
On répéter cette manœuvre alternativement quinze fois environ par minute et jusqu’à ce qu’on aperçoive un effort du patient pour respirer; 6” aussitôt que la respiration tend à se rétablir, U faut cesser de donner au noyé les soins qui viennent d’être indiqués et s’occuper des moyens de le réchauffer ; 7 on remplira d’eau bien chaude une bassinoire et on a promènera, par dessus le peignoir en laine, sur la poitrine, sur le bas-ventre
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le long île l'épine du dos, en S'arrêtant plus longtemps nu creux do l'estomac et aux plis des aisselles ; on l’appliquera également il la plante des pieds ; 8“ les moyens indiqués ci-dessus doivent être employés en ayant soin de se régler sur la température extérieure ; il faut veiller à ce que le corps du noyé ne soit pas exposé â une chaleur supérieure à 35 degrés centigrade. Quoique l’eau de la bassinoire soit à une température plus élevée, cette chaleur, dont l’action ne s’exerce qu'au travers d'une couverture ou d’un peignoir de laine, ne peut avoir aucun inconvénient ; 9‘ à ces divers moyens qui ont pour but de réchauffer le noyé et do rétablir la respiration, on ajoutera, pour développer progressivement la chaleur, des frictions assez fortes, à l’aide do frottoirs en laine chauds, sur les côtés de l’épine du dos, ainsi que sur les membres.
Ces frictions seront faites avec ménagement à la région du cœur, au creux de l’estomac, aux lianes et au ventre. On brossera doucement, mais longtemps, la plante des pieds ainsi que la paume des mains. Si l’on s’aperçoit que le noyé fait des efforts pour respirer, il faut discontinuer, pendant quelque temps, toute manœuvre qui pourrait comprimer la poitrine ou le basventre et contrarier leurs mouvements, mais, dans ce cas, il serait utile de passer rapidement et à plusieurs reprises un flacon d’ammoniaque sous le nez ; 10“ si, pendant les efforts plus ou moins pénibles que fait le noyé pour respirer, on voit qu’il a des envies de vomir, il faut provoquer le vomissement en chatouillant le fond de la bouche avec les barbes d’une plume; 11“ il ne faut pas donner de boisson à un noyé avant qu’il ait repris ses sens et qu’il puisse facilement avaler. Cependant, on peut, en vue de le ranimer, lui introduire dans la bouche quelques gouttes d’eau-de-vie ordinaire, d’eau de mélisse ou d’eau de Cologne, et, à défaut de ces spiritueux, de l’eau-de-vie camphrée qui se trouve dans la boite de secours; 12" si le ventre est tendu on donne un demi lavement d’eau tiède, dans lequel on a mis une forte cuillerée à bouche de sel commun; 13" après une demi-heure d administration assidue, mais inutile des soins indiqués plus haut, on pourra recourir, sous la direction d’un medeem, â une insufflation de fumée de tabac par l’anus- 1 1“ quand le noyé est revenu à la vie, il faut le coucher dans un lit bassiné et l’y laisser reposer une heure ou deux. A défaut de lit on portera le noyé à l’hôpital en prenant les précautions convenables pour le soustraire à l'action du froid. Si, pendant le sommeil, la face du malade de pâle qu’elle était, se colore fortement et si, après avoir été éveillé, il retombe aussitôt dans un état do somnolence, on lui appliquera des sinapismes en feuille ou en
DES SECOURS A DONNER
l’intérieur des cuisses et aux
pâte entre les épaules, ainsi qu a mollets • on lui posera en même temps six ou huit sangsues derrière chaque oreille. 11 est entendu qu’on n’aura recours à ces moyens qu’en l’absence d’un médecin.
ASPHYXIÉS PAn LES GAZ MÉPHITIQUES OU AUTHES.
t. Asphyxiés par la vapeur du charbon , parles émanations des fours à chaux, des cuves à vin, à bière, à cidre. (Le gaz produit est de l’acide carbonique mélangé ou non d’oxyde de carbone). Le traitement qui convient dans ces circonstances est le suivant : 1» le malade doit être retiré le plus tôt possible du lieu méphitisé, exposé au grand air et débarrassé de ses vêtements ; 2“ il doit être assis dans un fauteuil ou sur une chaise et maintenu dans cette position, en lui soutenant la tête verticalement. On lui jettera alors, avec force, de l’eau froide par potee sur le corps et au visage ; cette opération doit être continuée longtemps ; 5" si l’asphyxié commence à donner quelques signes de vie, il ne faut pas discontinuer les affusions d’eau froide ; seulement on évitera de lui jeter de l’eau principalement sur la bouche, pendant qu’il fait des efforts d’inspiration; 4* s il tait des efforts pour vomir, il faut les favoriser en chatouillant 1 arrière-bouche avec les barbes d’une plume ; 5" dès que 1 asphyxie pourra avaler, on devra lui faire boire de l’eau de melisse ou de l'eau-de-vie additionnée d’un peu d’eau; 6° lorsque la respiration sera rétablie, il faudra, après avoir bien essuyé le malade, le coucher dans un lit bassiné, la tète maintenue elevee, et lui administrer un lavement avec de l’eau tiède dans laquelle on aura fait fondre gros comme une noix de savon ou mis deux cuillerées
à bouche de vinaigre. , . , .
2 Asphyxiés par fosses d aisances, puisards, égouts et citer nés. (I c gaz produit est de l’acide sulfhydriqne plus ou moins charge de sulfhydrate d’ammoniaque.) 1“ Le malade devra être retire le plus tôt possible du lieu méphitisé, exposé au grand an et débarrassé de ses vêtements; 2" aussitôt que 1 asphyxié aura été ramené à l’air libre, on procédera à la désinfection de ses vêtements. A cet effet, on les arrosera largement d eau chlorurée; 3" on déshabillera ensuite le malade et on le lavera rapidement avec la même solution chlorurée. Des qu il est déshabillé et lavé, on le soumet aux différentes pratiques indiquées plus haut pour le rétablissement de la respiration chez les noyés ; 4» dès que des indices de respiration apparaissent, on place sous le nez du malade du chlorure de chaux lmmecté d’eau et additionné de quelques gouttes de vinaigre ; b s il lait
AUX ASPHYXIES
quelques efforts pour vomir, il faut les favoriser en chatouillant l’arrière-gorge avec les barbes d’une plume. Le reslo des soins, comme dans les autres asphyxies.
3. Asphyxiés par les gaz impropres à la respiration. (Caves renfermant de la drêche, air comprimé ou non renouvelé). Il suffit, en général, d’exposer le malade au grand air, d’enlever tout lien autour du cou et de chercher à rétablir la respiration par les moyens indiqués plus haut pour les noyés.
I. Asphyxiés par le gaz d'éclairage. Le traitement qui convient est celui qui a été indiqué pour les malades asphyxiés par la vapeur du charbon. On placera le malade au grand air et on usera des moyens les mieux appropriés pour ramener chez lui la respiration, ainsi que cela est dit plus haut.
o. Asphyxiés par strangulation , suspension ou suffocation. 1* 11 faut tout d’abord détacher ou plutôt, afin d’aller plus vite, couper le lien qui entoure le cou et, s’il y a pendaison, descendre le corps en le soutenant de manière qu’il n’éprouve aucune secousse. Tout cela doit être fait sans délai et sans attendre l’arrivée de l’autorité de police. On enlèvera ensuite ou on desserrera les jarretières, la cravate, la ceinture du pantalon, les cordons de jupes, le corset, en un mot toute pièce de vêtement qui pourrait gêner la circulation; 2“ on placera le corps, mais sans lui faire éprouver de secousses, selon que les circonstances le permettront, sur un lit, sur un matelas, sur de la paille, etc., de manière cependant qu’il y soit commodément et que là tète et la poitrine soient plus élevées que le resLe du corps; 3" si le malade est porté dans une chambre, celle-ci ne doit être ni trop chaude, ni trop froide, et il faut veiller à ce qu’elle soit convenablement aérée; 4“ il est indispensable d’appeler d’urgence un homme de l’art, parce que la question de savoir s’il y a lieu de pratiquer une saignée reposant en grande partie sur des connaissances anatomiques et sur l’examen do la corde et du lien, il n y a que le médecin qui puisse bien apprécier ces sortes de cas et ordonner ce qui convient ; 3° lorsqu’après l’enlèvement du lien, les veines du cou restent gonllées. la face rouge tirant sur le violet, si l’homme de l’art tarde à arriver ou peut mettre derrière chaque oreille, ainsi qu’à chaque tempe six ou huit sangsues; 6* si la suspension ou la strangulation a eu heu depuis peu de minutes, il suffit quelquefois, pour rappeler le malade à la vie, d’appliquer sur le front et sur la tète des linges trempés dans l’eau froide et de faire en même temps des frictions aux extrémités inférieures. Dans tous les ras et dès le commencement, il faut exercer sur la poitrine et le bas-ventre des pressions intermittentes, comme pour les noyés, afin do
DES SECOURS A DONNER
provoquer les mouvements delà respiration. On ne négligera nas non plus de frictionner l'asphyxié avec des flanelles ou des brosses surtout à la plante des pieds et dans le creux des mains;
7“ dès qu'il peut avaler, on lui fait prendre, par petites quantités de l’eau tiède additionnée d’un peu d'eau de mélisse, d eau de Cologne, de vin ou d’eau-de-vie; 8“ si, après avoir été complètement rappelé à la vie, le malade éprouve de la stupeur des étourdissements, les applications d eau froide sui la tète deviennent utiles; 9" en général, l'asphyxié (par suspension, strangulation ou suffocation, doit être traite, apres le rétablissement de la vie, avec les mêmes précautions que dans les aulies espèces d’asphyxie.