I. DE LA SUFFOCATION
Définition et étiologie.
La mort par suffocation comprend tous les cas dans lesquels un obstacle mécanique autre que la strangulation, la pendaison ou la submersion, est apporté violemment à l’entrée de l’air dans les organes respiratoires.
Telle est la définition de Tardieu (Mémoires in Ann. d'hygiène, t. IV, 1855), qui range sous quatre chefs principaux tous les modes de suffocation.
1” Occlusion directe des voies aériennes (application des doigts à l’orifice des narines, de la main sur la bouche et le nez ; un corps étranger ou un tampon sont introduits dans l’arrière-gorge; un bâillon, un masque de poix. Les deux premiers moyens sont fréquents dans les infanticides). Taylor a décrit le Smothering ou enveloppement de la tête et de la face par des pièces de vêtement, de literie. C’est, paraît-il, un procédé fréquemment employé en Angleterre;
2* Compression des parois de la poitrine et du ventre (enfants nouveau-nés trop serrés ; des enfants endormis sur lesquels a pesé, par mégarde, le bras ou le corps d’une nourrice. Casper dit que l’ancienne légis-
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lation défendait, sous peine d’emprisonnement, de prendre dans le lit, pendant la nuit, les enfants audessous de deux ans) ; des individus pressés dans la foule, comprimés par une machine ; le procédé des résurrectionnistes ;
5° Enfouissement du corps vivant (un enfant est enterré vivant ou enfoui dans un milieu solide plus ou moins pulvérulent; éboulements de terrain) ;
4° Séjour forcé dans un espace confiné et privé d’air (un enfant est mis dans une boite, dans une malle).
Symptômes généraux.
La gêne de la respiration s’accentue de plus en plus; il y a détresse respiratoire , mouvements convulsifs, perte dé connaissance, évacuations involontaires, paralysie et mort. On peut, pour mieux préciser, distinguer deux périodes : période des troubles respiratoires, période des troubles nerveux. Ces phénomènes sont en rapport, bien entendu, avec deux'particularités : la brusquerie de la privation d air, 1 état des forces de la victime .
Résultats anatomo-pathologiques.
Les véritables lésions constantes, d après Taidieu, ne sont pas les traces de violences extérieures, mais les lésions internes, celles qui se trouvent du côté des trois grands centres :
1° Organes respiratoires. Ils sont très souvent peu volumineux, d'une couleur rosée, parfois même très pâles. Ils présentent de petites taches auxquelles on a donné le nom de taches de Tardieu, qui les a le premier décrites : « On trouve à la surface des poumons