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DE LA STRANGULATION

lards. Notons, en outre, qu’instinctivement nn assassin cherche à étouffer les cris de sa victime par des tentatives d’étranglement.

La strangulation est produite par la main ou par un lien. Le premier procédé est le plus fréquemment employé dans les cas d’homicide. Il y a choc laryngien. Les deux mains ou une seule interviennent; dans les infanticides, la pression de deux ou trois doigts est siiflisante. La nature du lien est variable avec ou sans garrot. Dans la strangulation par le lien, il y a un réflexe du côté du bulbe, d’où arrêt de la respiration. Dans le choc laryngien, le réflexe a lieu du côté du cœur; c’est comme une angine de poitrine suraiguë.

Les lésions qui témoignent de la mort par strangulation sont de deux sortes :

1° Lésions externes : La face est tuméfiée, violacée et comme marbrée; la langue est saillante, serrée entre les dents ou pressée derrière les arcades dentaires; souvent écume sanglante à la bouche et aux narines. Le pavillon de l’oreille est noirâtre. 11 peut y avoir hémorrhagie par le conduit, ainsi que je l’ai observé. Presque toujours il y a un pointillé de petites ecchymoses ou piqueté sur la face, la conjonctive, à la face externe des lèvres, devant le cou et la poitrine. Au cou se montrent des traces de violence variant avec le procédé de strangulation. Si un lien a été appliqué, l’empreinte est variable, non parcheminée et sans modification de la structure de la peau. Il y a des ecchymoses provoquées par la rapidité de la violence, ainsi quand la strangulation a lieu avec le garrot. Le suicide de Pichegru, raconté par Chaussier, en est un exemple : « La strangulation avait été faite à l’aide d’une cravate de soie noire fortement nouée,

DES ASPHYXIES

dans laquelle on avait passé un bâton de quarantecinq centimètres de long et neuf de tour, et l’on avait fait du bâton un tourniquet avec lequel ladite cravate avait été serrée de plus en plus jusqu’à ce que la strangulation fût effectuée. Ledit bâton se trouvait reposé sur la joue gaucbe par un de ses bouts, et, en le tournant avec un mouvement irrégulier, d avait • produit sur ladite joue une égratignure transversale d’environ six centimètres, s étendant de la pommette à la conque de l’oreille gauche. Il y avait au cou une impression circulaire large d’environ deux doigts et plus marquée à la partie latérale gaucbe. La face était ecchymosée, les mâchoires serrées, la langue prise entre les dents. »

Si l’étranglement a eu lieu avec les mains, il y a des empreintes dessinant parfois la main du meuitrier et la pulpe des doigts ; on constate des écorchures, des coups d’ongle ;

2° Lésions internes : a. Au cou et dans le voisinage, il existe des extravasations sanguines dans le tissu cellulaire, des déchirures dans les muscles. Les fractures de l’os hyoïde sont rares; celles des cartilages du larynx sont assez fréquentes. Elles portent sur une corne ou sur les deux. Nous les avons constatées sur les victimes de la rue d’Ivrv et de la rue de Vendôme (1884 et 1885). Sur une jeune fille de Tarare étranglée par sa mère, j’ai trouvé une fracture du cartilage cricoïde. Dans le larynx et la trachée, de l’écume en assez -mande quantité, ordinairement sanguinolente. 11 y aurait à rechercher l’état des pneumogastriques et des nerls laryngés. Nous avons, dans un cas, vu la lésion d’Amussat. Il peut y avoir compression et declnruie du rachis ;

DE U PENDAISON

b. Poumons. Les lésions indiquées dans la suffocation peuvent encore se trouver, mais elles présentent un caractère spécial. Les poumons sont peu engoués ou très congestionnés. Si on ne rencontre pas les taches de Tardieu, on trouve des noyaux apoplectiques toujours beaucoup plus volumineux que dans la suffocation. 11 existe un emphysème intervésiculaire très prononcé et formant de petites tumeurs sous la plèvre. Dans les bronches et dans la trachée une écume abondante, mêlée de sang ;

c. Cœur. Souvent vide; sang noir et fluide. On peut trouver des taches de Tardieu ;

cl. Cerveau. Rien de spécial : parfois ecchymoses sous péricrâniennes.

Quand la strangulation est incomplète, il y a des signes extérieurs au cou, à la face, à la conjonctive ; la voix est rauque et cassée, la déglutition pénible. La guérison est lente.

Nous en avons dit assez pour pouvoir répondre aux questions ordinairement posées par la justice et que Tardieu énumère ainsi :

La mort a-t-elle eu pour cause la strangulation? Comment la strangulation a-t-elleété opérée? Quels sont les auteurs de la strangulation? Dans quelles circonstances la strangulation a-t-elle été opérée? La strangulation est-elle le fait d’un suicide ou d’un homicide? d’un accident? La strangulation est-elle simulée?

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