‹ Précis de médecine judiciaireChapitre 98 sur 237 · III. DE LA PENDAISON · texte numérisé non relu

III. DE LA PENDAISON

La pendaison est un acte de violence dans lequel le corps pris par le cou dans un lien attaché à un point lixe et abandonné à son propre poids, exerce sur le

DES ASPHYXIES

lien suspenseur une traction assez forte pour amener brusquement la perte du sentiment, l’arrêt des fonctions respiratoires et la mort (Tardieu).

Presque toujours ce sont des suicides; il n’y a pas d’infanticide; on a cité des cas de pendaisons accidentelles. Nous signalons la thèse faite dans noire laboratoire par le docteur Pellier, juillet 1885, comme présentant un résumé assez exact de 1 état actuel de cette question.

Symptômes de la pendaison

Il y a d’abord une grande chaleur à la tête, puis des bourdonnements dans les oreilles, des scintillations; l’insensibilité survient assez vite; puis se montrent des contractions et des spasmes dans les muscles du visage dont l’aspect devient horrible; les convulsions se généralisent à tous les muscles; les sphincters se relâchent, d’où évacuation de matières fécales, d'urine, de sperme.

Dans les cas ordinaires, Tardieu pense que la mort doit arriver après dix minutes. Taylor croit que Ton peut le plus souvent rappeler à la vie les individus qui ne sont restés pendus que cinq minutes. La pendaison peut ne pas se terminer toujours par la mort. J’en ai observé un exemple remarquable dans mon service au Yal-de-Grâce (1875).

C’était un brigadier de la garde républicaine qui avait essayé de se pendre pour un motif des plus futiles. Décroché à temps, on le rappela à la vie et il fut envoyé à l'hôpital. Il resta presque aphone pendant quatre jours, puis une bronchite grave survint, et au bout d une semaine il pi ésentait une expectoration gangréneuse tellement fétide, qu’il fallut l’isoler et le placer dans le jardin, sous la lente. J ai rattaché cette gangrène pulmonaire qui a duré trois semai-

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nés, soit à une action réflexe trophique, en rapport avec la secousse des centres nerveux, soit à un froissement des pneumogastriques. Au cou, le sillon a persisté pendant une quinzaine de jours.

Nous avons donné à ces pendaisons non suivies de mort le nom de pendaisons ratées; elles peuvent s’accompagner d’accidents laryngés avec troubles respiratoires; nous avons observé la carie d’un des cartilages thyroïdes et consécutivement une tuberculose aiguë.

On a admis cinq genres de mort chez les pendus : par apoplexie céréhrale; par déplacements ou fractures des vertèbres cervicales et compression de la moelle ; par compression du cou et anémie cérébrale ; par compression des nerfs vagues; par asphyxie. Voici quelques renseignements surees causes qui peuvent intervenir simultanément.

La eonstriction n’est jamais assez forte pour empêcher le cours du sang. Taylor a montré que les pendus vivaient si on ouvrait les voies respiratoires au-dessous du lien. On a maintenu vivants pendant trois heures des animaux pendus auxquels on avait fait la trachéotomie. Les npen u'

lésions de la moelle sont très rares dans le suicide, et ne se rencontrent que dans les exécutions judiciaires. Louis, qui avait étudié la question, et aurait, parait-il, inventé la guillotine, que l’on a attribuée au docteur Gudlolin, s’exprime ainsi (Œuvres complètes,

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355) : « La tôle est luxée, parce que, tandis

forte extension. Celui-ci monte sur les mains liées du patient, qui lui servent comme d’étrier, il agite violemment le corps en ligne verticale, puis il fait taire au tronc des mouvements demi-circulaires alternati s et très prompts , d’où suit ordinairement la luxation de la première vertèbre. » La mort par asphyxie est ordinairement la règle. La compression des vaisseaux du cou est démontrée par les expériences d Uotmann et de Brouardel. De son côté, Tamassia a étudié expérimentalement les effets de la compression du pneumogastrique. H n’est pas probable que ce genre de mort soit très douloureux. La syncope se produit très vite. Cependant il est assez difficile d’établir par des signes propres la durée de la pendaison, la rapidité et l’epoque de la mort. Il faut tenir compte des lésions que 1 on constate, de l’état de dessiccation du sillon, de 1 aspect de la face. Il y a là un ensemble qui peut montrer que la pendaison a duré assez longtemps.

Examen du cadavre des pendus.

n font tenir compte de la position générale du

t. I, p. 35 que la con fait une ci

>rde placée sous la mâchoire et l’os occipital contre-extension , le poids du corps du pai"menté de celui de 1 exécuteui , lait une

tient, augi

siège, les genoux, ms - -

dernière altitude a donné lieu a des discussions loi s

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du procès relatif au suicide du prince de Condé (lig. 50). Eu réunissant 261 cas de pendaison empruntés à divers auteurs, et dans lesquels le corps était en

Fi". 50. — Suicide du prince de Condé.

contact avec le sol, Tardieu est arrivé à cette statistique :

Les pieds posant sur le sol 1G8 fois.

Le corps reposant sur les genoux pliés. 42 —

Le corps étendu et couché 29

Assis ,jg

Accroupi 5

M. Jacquernin, médecin de la prison Mazas, en a fourni de très curieuses observations avec planches que Tardieu a reproduites et que nous lui emprunterons à notre tour.

ba figure 51 représente un Anglais, pédéraste, pendu dans sa prison à l’aide de lanières faites avec son

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drap; les pieds avaient glissé sur le sol el faisaient arc-boutant.

lrig. 51. — Suicide d’un détenu.

La figure 52 montre de même que la mort par pendaion peut survenir alors que le corps repose en pai tie.

pig 52. Ouvrier pendu dans sa chambre.

Un ouvrier s’est pendu dans sa corde faisant noeud coulant et lit sur lequel il était agenouillé.

chambre à l’aide d’une fixée à la flèche de son

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La ligure 35, empruntée à Guy et Ferrier; montre que la trace laissée par la corde durant la vie peut être produite sur le cadavre. On a serré autour du cou, et une heure après la mort, la corde dont l'individu s'ôtait servi pour son suicide. Après un contact de 20 heures, il en est résulté

Fig. 55. — Sillons sur le cou d’un pendu.

un sillon superficiel ayant la forme de la corde et montrant les sinuosités avec dépressions blanchâtres et rosées ; celles-ci ne changèrent pas de couleur par l’exposition à l'air.

Nous donnons les tableaux qui se trouvent dans la thèse de Pellier et présentent un résumé complet des constatations à faire.

\°ici Ie3 deux questions médico-judiciaires qui sont ordinairement posées au médecin :

I La mort dépcml-clle de la pendaison, ou bien la pendaison a-t-elle eu lieu pendant la vie ?

II n y a pas un seul signe, mais un ensemble de si~ gnesi Les uns prouvent qu’il y a eu pendaison, les au-

leux. Empreinte parcheminée.

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