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DANS QUELLE DIRECTION LE COUP A-T-IL ÉTÉ TIRÉ

poussant devant elle la rondelle osseuse enlevée ; c'est ce qu'il n'est pas rare de voir par exemple sur le crâne. Mais le plus souvent la balle produit sur l'os des fraclùres étendues, comminulives, et dévie ensuite fortement ; souvent aussi elle se réfléchit sur l'os, et, après l'avoir entamé ou non, prend un trajet tout [différent de celui qu'elle avait primitivement. C'est ainsi que fréquemment la balle après avoir frappé les os du crâne, glisse sur le cuir chevelu sur une certaine étendue, et s'arriHe ou ressort à une distance plus ou moins considérable de son point d'entrée. La môme chose a lieu souvent aussi sur le thorax, la balle se réfléchissant sur une côte et glissant sur la face externe de celleci. Il existe de très nombreux exemples de déviations considérables du trajet de la balle. En voici deux particulièrement remarquables : dans un duel, un homme reçoit une balle qui frappe obliquement le larynx, glisse sur celui-ci, fait le tour du cou et revient se placer du côté opposé du larynx. — Un soldat, au moment où il étendait le bras pour monter à l'échelle dans un assaut, reçut une balle qui pénétra vers le milieu de la longueur de l'humérus, passa le long du membre de bas en haut, par-dessus la partie postérieure du thorax, 's'ouvrit un chemin dans les muscles de l'abdomen, pénétra profondément dans les muscles fessiers et remonta à la partie moyenne et antérieure de la cuisse opposée*.

La balle est souvent aplatie ou déformée par les parties qu'elle a traversées ; dans quelques cas elle se divise en plusieurs fragments qui peuvent ressortir isolément en formant autant de plaies distinctes. Dupuytren a vu une même balle produire cinq plaies : ayant frappé la crête du tibia, elle s'était divisée en deux portions qui avaient travei*sé le mollet, l'une à gauche, l'autre à droite, et avaient ensuite blessé chacune le mollet de l'autre jambe. Parfois la balle s'émiette en quelque sorte sur un os, de sorte qu'à côté d'un ou deux fragments principaux on retrouve une foule de parcelles extrêmement minimes.

Avec les balles cylindro-coniques et surtout avec les

1. Cité dans le Traité de méd. Ug. de Devergie, t. II, p. 84, d'après le D^ Hennen.

balles blindées, les déviations et les déformalions du projectile se produisent bien moins facilement.

Direction des blessures non mortelles. — Sur le vivant, quand la balle n*est pas ressortie, il est très souvent impossible de reconnaître suivant quelle direction elle a pénétré, et en quel point elle s*est arrêtée. Une balle logée, môme assez superficiellement, dans les masses musculaires du tronc ou des membres, échappe fréquemment à l'explo" ration la plus attentive, et c'est seulement Tabsence de troubles fonctionnels qui indique que les organes internes n'ont pas été atteints. Encore cette déduction n'est-elle pas toujours juste, car les projectiles de petites dimensions, lancés par ces revolvers à bon marché qui sont aujourd'hui en la possession d*un grand nombre de personnes, produisent des blessures qui sont quelquefois d'une innocuité surprenante. Il est même à remarquer qu'avec un même revolver l'action vulnérante des diverses balles peut varier beaucoup. Ainsi une femme P... reçut trois balles tirées coup sur coup à peu près à la même distance : l'une traversa toute la face; entrée sous l'angle de la mâchoire inférieure à gauche, elle sortit sur le côté droit et supérieur du nez ; les deux autres ne firent que des plaies non pénétrantes, et cependant Tune d'elles avait atteint l'épaule droite perpendiculairement, traversant seulement une chemisette mince, laquelle d'ailleurs avait été enflammée (page 252).

Dans quelques cas, il est difficile de reconnaître si la balle est réellement restée dans la blessure, ou si elle n'est pas retombée après avoir entamé la peau. Quand la plaie a une certaine profondeur et que Ton peut constater l'existence d'un trajet, il est évident que la balle est restée dans les tissus. Mais si l'examen est pratiqué au moment où la plaie est déjà cicatrisée, ou presque cicatrisée, on ne peut guère dire si le projectile est ou non resté dans la partie atteinte, à moins d'avoir recours à la radiographie.

S IV. — Armes charg^ées de g^ralns de plomb.

Qu and un coup de fusil chargé à plomb est tiré à faible

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