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BLESSURES PRODUITES PAR LES NOUVELLES ARBCES A FEU

ner des lésions très graves : plaie de la peau, dilacération parfois énorme des muscles, fractures osseuses, et cela même avec une charge normale de poudre. La distance à partir de laquelle ces lésions cessaient de se produire était de 2 centimètres pour le pistolet, et de 7 centimètres pour le revolver, sur la peau à nu, et moindre de moitié sur la peau recouverte de vêtements. Mais les blessures en questien ne se produisent pas sur toutes les régions du corps ; sur l'abdomen, par exemple, elles ne se réalisent jamais, tandis que les dégâts atteignent le maximum d'intensité quand le coup est tiré sur une région où la peau est soutenue par un plan osseux ou par une couche musculaire épaisse et résistante.

g VI. — Blessures produites par les nouvelles armes à feu.

On applique maintenant aux armes de chasse et parfois même aux revolvers les modifications qui ont été apportées aux armes de guerre, et qui consistent d'une part en la substitution des poudres pyroxylées à l'ancienne poudre noire, et d'autre part en la transformation du projectile.

Avec les nouvelles poudres, la plaie d'entrée n'a plus la coloration noire signalée précédemment. La brûlure, le dépôt de fumée et le tatouage se produisent encore ; mais la couleur n'est plus noire ; elle est tantôt verte (poudre J), tantôt gris ardoisé (poudre S). Les incrustations légères de la poudre J disparaissent au lavage, laissant sur le tégument une couleur jaune citron caractéristique.

M. Chatelier *, auquel nous empruntons ces détails, décrit ainsi ce qu'on observe quand le coup a été tiré perpendiculairement, à une distance de 2 centim. avec un revolver chargé de poudre J. On distingue autour de la plaie trois zones de tatouage ; la première (tatouage de flambage d'un vert foncé) est recouverte de grains bruns et verts légèrement adhérents ; le lavage lui fait prendre une teinte jau-

1. Chatelier, Revolver et nouvelles poudres. Effets produits sur la peau et les vêlements, Thèse de Paris, 1897.

iiâtre,et Ton aperçoit alors les tracesde brûlures. La seconde zone (tatouage d'kicrustaiion) uniforme^ d'un vert un peu moins foncé, est constituée par des dépôts de fumée et des incrustations très fines. Le lavage diminue sa teinte sans la faire disparaître, ce qui paraît tenir à une altération de l'épiderme due à un flambage plus léger. La troisième zone (tatouage de fumée verdâtre), sans incrustations, disparaît au lavage *.

Le même auteur résume ainsi son étude. Les différents tatouages de la poudre J disparaissent : entre 65 et 70 centim. avec un revolver de 8 millim. chargé de 35 centig. de poudre ; entre 55 et 60 avec un revolver de 5 millim. chargé de 25 centig. de poudre. — Entre 2 et 15 centim. la disposition des divers tatouages permet de déterminerfacilement la distance du tir. Au delà de ces distances, les dimensions du tatouage d'incrustation et Tespacementdes grains peuvent permettre cette détermination. — Les cheveux ne sont pas brûlés au delà de 3 à 4 centim. Les poils le sont jusqu'à 5 ou 6. Les cheveux au delà de 5 centim. arrêtent les grains, les empêchant ainsi de produire un tatouage.

Les modifications données à la balle s'inspirent de celles qu'ont subies les projectiles des fusils de guerre. La balle du fusil Lebel, par exemple, est cylindro-ogivale, de 8 millim. de diamètre, et de 30 millim. de longueur ; elle est en plomb recouvert d'une chemise métallique plus résistante (en maillechort) destinée à empêcher la déformation. Sous cette nouvelle forme et avec les poudres pyroxylées, la balle de guerre a pris une force de pénétration énorme, telle qu'à 300 mètres la balle Lebel perfore 4 cadavres et traverse le bras d'un cinquième, qu'à 1700 mètres elle traverse de part en part un cadavre et entre dans le second. Mais comme la balle ne se déforme qu'exceptionnellement, elle creuse dans les tissus un canal étroit et produit en général des dégâts moins importants que l'ancienne balle, sauf quand elle rencontre un os compact 2.

i . La coloration verle est due à la formation de sels de chrome. La poudre J est composée en effet de fulmi-coton et de bichromate d'ammoniaque et de potasse.

2. Excepté aussi quand elle est tirée à distance relativement courte, Nimier et Laval (Les projectiles des armes de guerre, leur action

RECHERCHE DE LA BALLE, EXAMEN DE LA BOURRE, DE l'aRME 269

Ce qui vient d'être dit du fusil Lebel s'applique dans une certaine mesure au revolver d'ordonnance, et aussi aux revolvers que l'on construit pour le commerce suivant les mêmes principes. Le D' Perrineau * qui les a étudiés à ce point de vue a constaté que les balles traversent très souvent le corps de part en part ; que dans les tissus mous et dans les os spongieux elles ne font que des dégâts relativement peu importants, tandis qu'elles broient les os à tissu compact.

§ VII. — Recherche de la balle, examen de la bourre, de l'arme.

Quand on fait l'autopsie d'un sujet tué par un coup de feu, il est toujours indispensable de rechercher le projectile et de le remettre au magistrat. Cette recherche est souvent très difficile et demande beaucoup de temps et d'attention. On doit même dire, quelque singulier que cela puisse paraître aux personnes qui n'ont pas l'habitude des autopsies judiciaires, que quelquefois, malgré des recherches minutieuses, la balle ne peut être trouvée. Cela arrive notamment dans les plaies de tête, ou dans les plaies de la poitrine et de l'abdomen, alorsque le trajet est très large, mal limité, que certains organes sont dilacérés, et qu'il existe un abondant épanchementdesang. Le projectile peut être entraîné avec des caillots, au moment de l'extraction des organes.

vulnêrante) décrivent trois zones dans le trajet des projectiles : 1» zone d'effets explosifs caractérisée par des désordres tels qu'il faut songer à une véritable explosion dans l'épaisseur des tissus. Typiques dans les coups de feu à bout portant, on les observe jusqu'à 200, 300, et môme 500 mètres dans les organes riches en liquide: cerveau, cœur; 2<* zone de perforation qui s'étend jusqu'à 2000 et 2200 mètres ; 3' zone de contusion, au delà de 2200 mètres au point de chute.

Quant aux effets explosifs, ils résultent de l'impulsion violente imprimée aux liquides parl'énorme force vive de la balle. Une expérience met le fait en évidence. En tirant à courte distance une balle sur un récipient fermé et vide, et une autre sur un récipient semblable mais rempli d'eau on voit sur le premier deux orifices à peine suffisants pour Je passage du projectile, tandis que le second récipient éclate (Nimior et Laval).

1. Perrineau, Etude des lésions produites par les revolvers à poudre pyroxylée. Thèse de Paris, 1901.

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