HOMMES FEMMES
10 à 20 ans .
On remarquera notamment que le sucide n'est pas extrêmement rare dans Tenfance, et qu'à cet âge il est à peu près aussi fréquent dans les deux sexes. Mais à partir de 20 ans, la différence à cet égard s'accentue de plus en plus.
Si on envisageait la proportion relativement non plus au nombre des habitants, mais à celui des personnes du môme âge, on verrait que pour les deux sexes la fré-
n;lture, siège, nombre de blessures 309
quence croît régulièrement avec Tâge jusqu'à 70 ans où elle reste stationnaire (300 à 320 sur un million de survivants).
1 1. — Diag^nostic entre le suicide et l'homicide.
En traitant des divers modes d'asphyxie, nous avons déjà parlé du diagnostic entre le suicide et Thomicide. Il reste à examiner celte môme question à propos des blessures.
Souvent les individus qui se suicident ont soin de faire connaître, par une lettre ou autrement, qu'ils se sont tués eux-mêmes. L'examen médical du cadavre, qui a lieu,' même dans ces cas, ne doit pas être considéré comme une simple formalité ; l'inspection des blessures et leur description exacte sont le contrôle des déclarations du défunt, déclarations qui peuvent n'avoir pas la signification qu'on leur avait attribuée tout d'almrd. Dans d'autres cas, les circonstances relevées par l'enquête judiciaire sont insuffisantes pour établir s'il s'agit d'un suicide ou d'un homicide, et la question ne peut être résolue qu'en se basant sur le siège, la direction, la nature des blessures et sur d'autres considérations d'ordre médical. A l'aide de ces données, l'expert réussit souvent à fournir une réponse précise à la justice, ou tout au moins à montrer de quel côté se trouvent les plus grandes probabilités.
Quelques considérations générales sur cette question peuvent être indiquées ici ; mais le médecin trouve dans chaque cas des éléments particuliers d'appréciation qu'on ne saurait énumérer ni prévoir tous.
g II. — Nature, sièg^e, nombre de blessures.
La nature des blessures fournit déjà quelques présomptions en faveur du suicide ou de l'homicide. Presque tous les suicides par blessures sont accomplis avec des armes à feu ou des instruments tranchants et piquants. Les blessures par instruments hachants ou contondants supposent en général un meurtre ; cependant, on peut citer quelques cas où le suicide, grâce à une force de volonté exception-
nelle, a élé commis de cette façon. Taylor, Hofmami et Casper-Liman rapportent des exemples de suicide par coups de hache ou de marteau sur la tête ; dans un cas, il s'agit d'une femme qui, après s'être donné un coup de couteau dans le foie, se fractura le crâne en se portant des coups de hachette sur le front et sur le sommet de la tôte. Il y a» du reste, des individus qui ont recours aux procédés les plus étranges, Hofmann en a vu quelques-uns qui aspergeaient leurs vêtements de pétrole et y mettaient le feu.
C'est surtout quand le suicidé est un aliéné qu on peut rencontrer les blessures les plus bizarres et les genres de mort les plus inattendus. Baillarger cite le cas d'un aliéné qui s'est tué ens'introduisantla tête dans un poêle allumé ; un autre avale une éponge servant à nettoyer les latrines ; d'autres se noient volontairement dans une baignoire ou en se maintenant la tête dans un seau d'eau. Casper cite le cas d'un individu qui s'était rempli la bouche avec de la poudre et y avait misle feu. — Un aliéné, très surveillé, se tue en s'introduisant dans le cœur de petites branches d'arbre ; comme ces tiges étaient trop fragiles pour traverser la peau, il sectionne d'abord celle-ci avec une croûte de pain taillée en biseau et bien durcie*. — Une autre aliénée se tue en se perforant à plusieurs reprises le cœur avec une épingle ordinaire 2. D'autres s'enfoncent à coups de marteau des clous dans le crâne, ou perforent celui-ci à l'aide d'un poinçon et introduisent des aiguilles dans l'oriflce, etc.
Il est évident que le suicide n'est admissible qu'à la condition que le siège et la direction des blessures indiquent qu'elles ont pu être faites par l'individu lui-même. Les blessures du suicidé siègent non seulement en un point accessible à sa propre main, mais le plus souvent en des régions spéciales qui, à la connaissance de tout le monde, correspondent aux organes dont les lésions sont le plus rapidement mortelles : cœur, cerveau, gros vaisseaux du
4. Sizaret, Ann, (Vhyg, pubL et de méd, lég., 3» série, t. XXVII, 189â.