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NATURE, SIÈGE, NOMBRE DE BLESSURES

cou; tandis que le meurtrier ne peut pas toujours atteindre ces régions, et Farme qu'il dirige manque quelquefois son but pour venir frapper presque au hasard.

La multiplicité des blessures n*exclut nullement la possibilité d'un suicide ; il y a de très nombreux exemples d'individus qui se sont tués non seulement en se faisant plusieurs plaies, mais encore en employant successivement diverses armes, ou en se pendant, se noyant, après s'être d'abord blessés plus ou moins grièvement.

Quand on trouve deux ou plusieurs blessures, dont chacune est extrêmement grave, on peut être tenté d'éliminer le suicide parce qu'on suppose que l'individu a dû succomber immédiatement à Tune de ces blessures, et a été incapable de se faire les autres. Une telle conclusion ne doit être formulée qu'avec beaucoup de réserve, parce que les blessures les plus graves ne tuent pas toujours sur le coup et permettent encore l'accomplissement de certaines actions (voir page 294).

Le suicide par instrument tranchant (rasoir, couteau) a lieu ordinairement par section de la partie antérieure du cou. L'arme est quelquefois arrêtée par le larynx surtout quand celui-ci est ossifié ; souvent elle passe entre le larynx et l'os hyoïde, et alors si elle est bien affilée et vigoureusement maniée, elle peut diviser toutes les parties molles, y compris les jugulaires et les carotides, et venir entamer plus ou moins profondément la face antérieure des vertèbres. Nous avons vu un aliéné qui s'était suicidé en se coupant le cou avec un grand couteau de cuisine : les jugulaires, les carotides, la membrane thyro-hyoïdienne étaient sectionnées ainsi que toutes les parties molles jusqu'à l'aponévrose pré vertébrale qui était entamée : la grande corne droite de l'os hyoïde était fracturée. L'homme avait pu encore déposer son couteau près de la cuisse, et disposer la tête de façon que le sang coule dans un trou qu'il avait creusé dans le sol *. 11 est rare toutefois que les blessures

4. Dans ce cas, il n'y avait pas d'épanchement sanguin sur les lèvres de la plaie ni dans les intersticen musculaires ; mais on trouvait des caillots moulés dans les ramiflcations bronchiques, et i 30 grammes de sang, en partie coagulé, dans l'estomac.

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par suicide soient aussi profondes, surlout'dés deux côté^ à la fois ; du côté où elle a commencé, la section pénètre en général beaucoup plus loin, et elle se termine superficiellement sur le côté opposé. A moins que le suicidé ne soit gaucher, il tient Tarme dans la main droite et la conduit de gauche à droite, et généralement un peu de haut en bas. Une telle direction, bien que concordant parfaitement avec l'idée d'un suicide, peut cependant s'observer en cas d'homicide, soit que le meurtrier ait surpris sa victime par derrière, soit même qu'il Tait frappée par devant. — Souvent le suicidé a réitéré le maniement de l'arme. Il en résulte plusieurs plaies non seulement sur la peau mais quelquefois sur les muscles, le larynx ou même les vaisseaux. Ces plaies sont en général à peu près parallèles, mais non pas toujours.

Quelques individus se tuent en se sectionnant les vaisseaux au niveau des articulations du pli du coude et du poignet. De pareilles blessures, qui sont d'ailleurs fort rares, excluent presque complètement l'hypothèse d'un homicide. Cependant Hofmann cite le cas d'un homme qui tua ses enfants en leur sectionnant le pli du coude et le creux poplité.

Quand il s'agit de blessures par instrument à la fois piquant et tranchant (couteaux, poignards), on ne peut admettre le suicide que si la direction de la plaie n'est pas incompatible avecl'une des positions que'peut prendre une arme maniée par la victime elle-même. Certaines blessures excluent ainsi par leur siège ou par leur direction la possibilité d'un suicide.

Les mêmes réflexions s'appliquent au suicide par armes à feu. Mais il ne faut pas oublier ici que le trajet delà blessure est souvent profondément modifié par les déviations qu'éprouve le projectile. Dans le suicide, l'arme à feu est dirigée soit vers la région précordiale, soit à la tête, au front, à la tempe, dans la bouche ou sous le menton, et dans tous ces cas la balle rencontre fréquemment des os*.

1. Sur 358 cas de suicide par armes à feu, es blessures slégaient aux points suivants :

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