Consulter notamment
Wetsphal, Die contràre Sexualempfindung (Archic fur Psychiatrie, Band 11, 4S). — KratTt-Ebing, Psychopalhia sexualis avec recherches spéciales sur l'inversion sexuelle. Traduit sur la 3' édition allemande par Emile Laurent et Sigismond Gsapo, 1896. — Charcot et Magnan (Archives de neurologie, 1882). — Tarnowsky, Die krankhaflen Erscheinungen des Geschlechtssinns, Berlin, 1886. — Les traités demédecine légale de Gasper-Liman et d'HoTmann.
PERVERSIONS DU l'iNSTINCT GÉNITJLL 349
d'un ^tre'masculin ; que les rapports conjugaux ne leur procurent aucune volupté, leur laissent une sensation defa-* ligue qu'ils n'éprouvent jamais après une éjaculation pro^ voquée par des rapports avec un homme.
Les uranistes ne sont pas rares. Dans chaque grande ville ils troiivent à se réunir et à se fréquenter mutuellement. Mais beaucoup aussi prennent pour objet de leur passion des jeunes gens ou des adultes non invertis ; les petits garçons n'ont pas d'attraits pour eux.
L'inversion sexuelle se manifeste presque toujours dès la puberté, et parfois môme avant. Elle dure tant que persiste l'instinct génital ; elle est incurable.
Tous ces sujets sont parfaitement conscients de leur anomalie, et de la répugnance qu'elle inspire à tous les gens .normaux. Mais quelques-uns n'ont aucune honte de leurs penchants, se plaignent amèrement des lois qui les punissent en certains pays, et du dégoût que la société éprouve partout pour eux, d'autant plus qu'un bon nombre appartiennent à des classes élevées, et sont d'instruction et d'éducation parfaites. Un magistrat allemand, nommé Ulrich, a fait paraître une série de brochures où il revendique les droits des invertis, et où il demande qu'une cérémonie publique consacre l'union de deux homo-sexuels. — Chez certains de ces individus, le sens moral paraît du reste aussi perverti que le sens génital. Tel cet uraniste qui, énumérant complaisamment, dans le livre de Krafft Ebnig, la liste de ses conquêtes, cite le fils d'un de ses amis et ajoute que par ses ignobles caresses il a tellement augmenté la valeur intellectuelle et morale de ce jeune homme, que le père n'aurait pas voulu interrompre une si belle éducation, môme s'il en avait connu la source. — Nous avons entendu un langage analogue d'un homme qui nous avait fait confidence de son état alors qu'il était tout jeune et profondément honteux de sa perversion ; mais beaucoup plus tard il parlait avec orgueil de la transformation intellectuelle et morale qu'il avait effectuée chez les jeunes gens qui s'étaient donnés à lui, et ils étaient nombreux, car som appétit n'existait que pour les garçons touchant à l'adolescence, et cessait dès que ceux-ci avaient de la barbe.
350 PERVERSIONS DE l'iNSTINGT GÉNITAL
L'inversion sexuelle s'observe habituellement chez des individus à hérédité névropalhique, et qui sont eux-mêmes déséquilibrés ou neurasthéniques à un degré plus ou moins accentué. Mais la neurasthénie est sans doute exagérée, sinon créée de toutes pièces par les excès sexuels, car Tinversion s'accompagne souvent d'exagération de Tinstinct génital. — Dans quelques cas l'inversion sexuelle apparatt comme une anomalie psychique isolée, et s'observe chez des individus dont l'état mental ne diffère guère de celui des hommes réputés normaux.
La véritable inversion sexuelle est congénitale. Lorsqu'elle n'apparaît que tardivement, c'est presque toujours chez des individus qui présentaient antérieurement une autre anomalie du sens génital.
Chez les femmes, l'inversion sexuelle s'observe également, et à peu près avec les mêmes caractères que chez les hommes.
La perversion du sens génital est l'état des individus chez lesquels l'acte sexuel ou l'une de ses phases (érection, éjaculation, spasme voluptueux) n'est pas provoqué par ses causes habituelles, mais seulement par une excitation tout à fait anormale. Cette excitation peut être une impression matérielle, ou bien la perception ou la représentation mentale de tel objet ou de tel acte qui n'ont avec les sensations génitales que le rapport le plus imprévu et souvent le plus baroque.
On peut diviser ces individus en plusieurs catégories suivant la nature de l'excitant anormal qui agit sur eux.
Chez les uns, c'est la flagellation des fesses et des reins à l'aide d'une cravache ou d'un martinet, instruments que l'on trouve souvent dans le domicile des prostituées. D'autres exigent que la femme leur prodigue, en même temps que des coups violents, les paroles les plus injurieuses et les plus méprisantes ; on a donné à cette perversion spéciale le nom de masochisme.
D'autres ont besoin, au contraire, d'infliger des injures ou des mauvais traitements, parfois de voir couler le sang de la femme. Nous avons eu à nous occuper d'une affaire où un homme avait l'habitude de couvrir les seins nus
PEnVERSIONS DIS l'iNSTINCT GENITAL 351
delà femme avec un mouchoir qu'il fixait à Taide d'épingles ; 11 arrachait ensuite brusquement celui-ci et à ce moment éprouvait la jouissance vénérienne. P. Gamier a observé un individu qui ne concevait d'autre jouissance génitale que celle qu'il aurait ressentie en enlevant un morceau de peau à une jeune fille pour le manger ensuite *. N'osant se livrer à une agression de ce genre, il trompait son désir en découpant sur les parties les plus blanches de son propre corps de larges morceaux de peau qu'il dévorait immédiatement en s'efforçant de croire que c'était de la peau de jeune fille ; il éprouvait alors l'érection et le spasme vénérien. — Parfois les blessures, le meurtre, la mutilation suivent le coït ou la pédérastie pour compléter l'orgasme voluptueux. Les cas célèbres de Gilles de Retz, du marquis de Sade sont des exemples bien connus de cette monstruosité qui ne se manifeste d'ailleurs que fort rarement. Une perversion fort analogue au sadisme pousse certains individus à blesser les organes génitaux des animaux. Un vétérinaire suisse* a publié un mémoire sur ce sujet ; il a réuni plusieurs cas où toutes les vaches d'une même étable présentaient de graves lésions traumatiques de la vulve, du vagin et de la matrice, produites par l'introduction d'un bâton.
La nécrophilie^ c'est-à-dire l'amour pour les cadavres, môme en état de décomposition, est extrêmement rare. Nous en avons observé un cas concernant un employé des pompes funèbres qui avait déterré une jeune fille, d'ailleurs inconnue de lui, et avait exercé le coït sur le cadavre dont la putréfaction était déjà commencée.
Une catégorie relativen^ent nombreuse est celle des fétichistes. Ceux-là ne sont excités que par tel ou tel objet appartenant à la toilette ou à l'ajustement de la femme. Les uns ne sont impressionnés que par les mouchoirs féminins ; incapables de coïter, ils entrent en érection, éjaculent et éprouvent une profonde volupté en se masturbant dans un de ces mouchoirs. Un autre vole partout des
4. Paul Garnier, Les fétichistes pervertis et invertis sexuels, Paris, 4895, p. 76.